CHAPITRE IX
Tentative infructueuse & Kigoiassa.— Succès d'Ypsilantj et d'Odyssée.*- Ils sont entravés par la jalousie de rAréopage.— Défaite et destruction des Grecs à Cassandra. *- Maurocordato s'avance dans la Grèce occidentale.— Déroute des philhellènes à Péta.— Divisions entre le sénat et les capitaines.— Approche de Dranaaly.^— Si^ge d'Argos.<^ Destruction des Turcs aux Dervenakias. —» Mort de Dramaly* — Teptative infructueuse du capitan-pacha. — Incendie d'un vaisseau de ligne turc. — Mort de Kiriaeoulis. -• Défection de Varnakioti.
Les deux chefs du gouvernement provisoire, Démétrîus Ypsilanty , président du sénat, et Alexandre Maurocordato , président du conseil exécutif, se partagèrent le commandement des forces de terre. Maurocordato alla visiter Hydra, où il fut témoin du patriotisme des insulaires, qui étaient épuisés par les frais énormes de leurs expéditions maritimes. Il retourna dans le Péloponèse avec la satisfaction d'avoir vu ces généreux marins prêts à de nouveaux sacrifices, et . tout occupés de leurs bâtimens de guerre et de leurs brûlots. Démétrius Ypsilanty , après avoir accéléré par sa présence la capitulation de TAcrocorinthe , comme nous l'avons dit plus haut,
rentra dans le Péloponèse , où il fut atteint de répidëmie du typhus.
Cependant les affaires de la Grèce continentale prenaient une toui'nure peu favorable. Après la mort d'Aly-Pacha, le premier soin de Hourschid avait été de réconcilier entre elles les diverses peuplades albanaises. Quand il eut terminé cette importante négociation , il somma les capitaines armatoles de TAmphilochie et de FAcarnanie de se soumettre , et sur leur refus , il envoya par mer un chef albanais avec un corps de mille hommes , qui devait être successivement renforcé, afin d'envahir TAcarnanie, Mais ce corps , surpris aux environs du golfe ambracique , par les capitaines Tzongas et Stergos , fut dispersé. Une autre troupe plus nombreuse fut assaillie au passage de Makrynoros , et pareillement contrainte à se retirer. Hourschid préparait une troisième tentative , lorsqu'il apprit l'apparition d'une escadre hydriote sur les côtes dé l'Épire. Miaulis, qui commandait cette division, à bord de laquelle était Kyriakoulis, frère de Mavromîchalis , avec six cents Maïnotes, se proposait d'attaquer une frégate , deux corvettes et quelques bricks ottomans qui mouillaient dans le port de Syvota, à l'entrée du canal de Corfou. Aussitôt Hourschid détacha six mille Alba-
nais pour empêcher le débarquement. La division hydriote ayant à bord les troupes de Kyriakoulis, partit de Riguiassa pour .se rendre à Syvota; mais le gouvernement septinsulaire lui interdit Ventrée du caaal. Alors Hourschid dirigea un corps nombreux contre Riguiassa, où le chef des Maïnotes était retourné mettre garnison. Cette petite place qui était en communication avec Souli, fut investie par les musulmans; mais un corps de Souliotes commandés par Marco Botzaris fondit sur eux , et de concert avec Kyriakoulis parvînt à les disperser. Enfin , laissant à Omer Vrione , que la Porte venait de nommer pacha de Jannina , le soin de réduire les Souliotes et de gagner rAcarnanie, Hourschid résolut de quitter TÉpire, et de passer à Larisse en Thessalie, où se rassemblait par ses ordres une armée considérable. Il répandit lé bruit que cette armée était destinée contre là Russie; mais il ne put tromper Odyssée qui épiait tous ses tnouvemens et qui devinait tous ses projets. Ce capitaine fit aussitôt connaître au gouvernement le rassemblement des forces ottomanes à Larisse et les intentions de Hourschid contre le Péloponèse. Plusieurs chefs militaires se réunirent alors chez Ypsilanty, pour lui communiquer leur craintes et lui demander
conseil. Il ranima leur courage et proposa de prendre l'oft'ensive. Les militaires goûtèrent ses avis, et le gouvernement décréta aussitôt la formation d'une armëe de quatre mille Péloponésiens ,sous le commandement d'Ypsilanty • En même temps on adressa des proclamations à la Grèce orientale pour y lever des troupes; on expédia quelques bâti mens de guerre vers le golfe thermaïque , pour empêcher le débarquement des troupes sur la presqu'île de Cassandra; on accéléra le mouvement du mont Olympe et des villes cis-axiennes ; on leur promit de prompts secours. Enfin Ton chargea le capitaine Gouras de se tenir prêt, avec sept cents hommes, pour débarquer à Molo et attaquer la ville de Zéitoun , tandis que cette ville serait assaillie par terre. Tous ces plans furent combinés d avance ; mais la jalousie qu'inspirait Ypsilanty les paralysa. On détourna par mille intrigues ceux qui voulaient suivre ce général; on lui prêta les vues les plus tyranniques. Toutefois, Démétrius ayant rassemblé environ quinze cents hommes , sortit du Péloponèse , se rendit en Livadie à Distomo , où il trouva Odyssée malade. Ypsilanfy sy arrêta pour écrire des lettres circulaires à tous les capitaines de la Grèce orientale ,. les invitant à lever des troupes, et désignant pour rendez-
VOUS général le village de Pralo, en Dryopie. Tous les chefs se rendirent à l'appel; mais à la vue du petit nombre des troupes péloponésiennes, ils commencèrent à murmurer. Ypsîlanty, comptant sur les promesses du gouvernement , les rassura et leur dît que le capitaine Yatralo allait arriver avec quinze cents Péloponésiens. Alors on fit la revue de toute rarniée qui montait à huit mille hommes. Dans un conseil de guerre où assistèrent tous les chefs , on résolut d'attaquer simultanément la bourgade de Patradzik et la ville fortifiée de Zéitoun ; Ton se mit en marche , et les premiers efforts furent couronnés de succès. Odyssée et Nikitas se distinguèrent dans tous les combats. Pendant Tespace de quinze jours, les Grecs s'emparèrent de plusieurs villages. Patradzik fut incendié. Zéitoun était à la veille de se rendre , lorsque quelques membres de l'aréopage , ennemis secrets d'Odîssée et d'Ypsilanty , entravèrent les opérations de l'armée , trompèrent le gouvernement provisoire , semèrent la discorde parmi les chefs, retardèrent l'envoi des provisions , et suspendirent le débarquement , de manière que l'ennemi profitant de la désorganisation des troupes gi^ecques, reprit l'offensive et fit une incursion désastreuse. Les traîtres voulaient même déposer Odyssée
de son commandement : ils raccusâient de la dissolution de Vavmée , quoiqu ils en fussent euxmêmes les seuls auteurs. Ypsilanty , indigné des procédiés de Târéopage , écrivît au gouvernement les vraies causes du peu de succès qu'avait l'expédition , et proposa d'élever Odyssée à un grade supérieur. Cependant l'on enrôla de nouvelles troupes dans la Grèce orientale , et l'on parvint à refouler les Turcs jusqu'à Patradzik. Maïs Ypsilanty, qui voyait les haines s'envenimer de plus en plus, demanda au sénat la permission de retourner au Péloponèse , et chemin faisant, il apprit que le gouvernement, au lieu d'apaiser les factions , envoyait à son insçu deux commissaires, Alexis Noutzo et Palaska, chargés d'examiner la conduite d'Odyssée, et de soulever sous mains contre lui ses propres soldats et les autres capitaines de la Grèce orientale. Il apprit aussi qu'Odyssée , informé de ce complot, venait d'assassiner Palaska , son ancien compagnon d'armes, et Noutzo , son patron du temps d'Aly- Pacha. L'aréopage , craignant la vengeance d'Odyssée , s'était dispersé , et ce chef n'en était que plus puissant et plus audacieux. Ainsi la discorde qui régnait au sein du gouvernement, la désorganisation de l'armée d'Ypsilanty , le manque de moyens suflisans pour soutenir une ex-
43 O TROISli;ME FAIITIE.
pédition lointaine, une criminelle insouciance pour les intérêts les plus importons, firent (échouer les opérations militaires dans la Grèce orientale, ainsi que le plan d'insurger le mont Pélion et le mont Olympe, et produisirent la catastrophe de Naouste et de Cassandra. Les Grecs retranchés dans cette presquîle, attendaient de jour en jour les secours promis par le gouvernement, et résistaient aux ravages de la famine çt aux attaques furieuses du pacha de Thessalonique Abdoul-Abid. Mais à la fin, les Cassandriens, auxquels Abdoul-Abid promettait une amnistie générale, perdant tout espoir de secours , se divisèrent en deux partis , dont lun proposait de se soumettre , et lautre persistait à prolonger la résistance. Emmanuel Pappas et le capitaine Diamandy étaient de ce dernier. Mais la famine redoubla ses ravages; la discorde facilita l'entrée à Tennemi , qui , oubliant ses promesses , fit main basse sur les deux factions. Emmanuel Pappas , après une résistance infructueuse, monta avec le capitaine Dyamandy et une partie de leurs .troupes , sur deux bâtimens grecs et se rendit à Hydra , où succombant à sa douleur, il mourut d'apoplexie quelques jours après. Ce fut alors que la catastrophe de Scio plongea dans le deuil toute la Grèce. Cependant
INSURRECTION GRECQUé. 4^^
ia douleur fut mitigëe par Tincendie du vaisseau amiral et par la dispersion de la flotte turque , par la capitulation de la citadelle d'iithènes, et par les propositions qu'avait -faites la garnison de Napoli de Romanie.
D'un autre côté , Alexandrie Maurocordato venait d'être nomme directeur dans la Grèce occidentale. Un acte du gouvernement lui confiait pour deux mois l'administration suprême dès affaires politiques et militaires de ces contrées. Maurocordato partit du Pëloponèse avec une arm^e et se rendit par mer à Missolonghî , où il. arriva bientôt. Son armée était composée* d*un corps régulier de philhellènes et de Grecs disciplinés à l'européenne , d'un bataillon formé par les insulaires de Zante et de Céphalonie, de Péloponésiens commandés par Gennéos, fils de Colocotroni , et enfin des Souliotes de Marco Botzaris. Après un court séjour à Missolonghi pour mettre en ordre les affaires intérieures de la Grèce occidentale , pour s'entendre avec les différens chefs et pour régler le service des vivres pour Farmée, Maurocordato, renforcé par quelques compagnies d'Étoliens et d'Acarnaniens , quitta Missolonghi. Toute son armée n'excédait pas le nombre de deux miHe , mais il espérait recevoir des secours de la Grèce continentale et
du Péloponèse. Son but était de s^empafer de TArta , d'y établir un point militaire en communication avçc Souli et rAcarnanie, afin de tenir en respect les Albanais de ces districts; mais Texécution d'un plan si vaste exigeait des moyens proportionnés, et la faiblesse de son armée ne lui laissait aucune chance de succès. Les dissensions entre les Chypétars étaient apaisées. Orner Vrione, pacha de Jannina, homme de grandstalens et d'un grand ascendant sur les Albanais ses compatriotes , était un adversaire difficile à réduire avec deux pièces de canon et une poignée dephilhellènes. Et même, en supposant possible la prise de l'Arta , la conserver eût été encore plus difficile. Aussi l'opinion de Marco Botzaris était-elle de tourner ses efforts sur Parga, dont la garnison et la citadelle n'étaient pas formidables , de l'attaquer par terre et par mer dé concert avec les Soulîotes , et une fois maîtres de ce point important par sa proximité de Souli , et facile à garder par sa situation maritime , de faire une diversion puissante aux forces mahométanes de l'Épire et de l'Albanie. Mais le plan de Botzaris ne fut pas goûté; aussi modeste que brave, il se soumit à l'autre opinion pour ne pas irriter les amours-propres.
Maurocordato était sorti de Missolonghi seu-
INSDRRfeCTION GRECQUE. J^H
lemént à la tête de deu^ mille hommes , maiâ avec l'espoir d*être rejoint par plusieurs capitaines de la Grèce occidentale , auxquels il avait in* diqiié la vallée de Laspie pour rendez-vous général. L'armée y attendit inutilement ces renforts; elle se remit en marche , traversa les forêts et les gorges des provinces de Valtos et de Makrynoros 5 et parvint au village ruiné de Combotti ^ occupé, ainsi que le village de Péta, par le vieux capitaine d'armatoles Gogo. IVIaurocordato y établit son quartier général; ses troupes montaient alors à près de trois mille hommes, et il n avait plus Tespoir d*en augmenter le nombre^ 11 y eut un engagement entre six cents cavaliers albanais et le bataillon des philhellènes , appuyé par celui des Grecs réguliers , sous le Piémontais Tarella; les philhellènes se signalèrent par leur intrépidité* Cependant Farmée , loin de s'accroître, diminuait de jour en jour, par la désertion des armatoles* H régnait un grand désordre dans le service des vivres qu'on attendait de Missolonghi; plusieurs philhellènes tombèrent malades, quelques-uns même périrent par la mauvaise qualité des alimens , et Farmée s'affaiblit encore par l'absence de Marco Botzaris qui venait de partir avec six cents hommes, pour pénétrer jusqu'à Soùli, débloquer ses frères et les ren-
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forcer. Gennéos, qui commandait les Pélopo* nésiens , reçut de Colocotroni son père , Tordre de retourner dans la péninsule , parce que celui-ci , charge du siège de Patras, s*ëtait vu abandonné d'une grande partie de ses troupes, débauchées par ses rivaux. On crut nécessaire de quitter la position de Combotti et de s'avancer jusqu'au village de Péta, situé près de r Arta. Le but de ce mouvement était d'inquiéter Tenneimi , d'attirer son attention et de faciliter ainsi l'entreprise de Botzaris. Maurocordato , laissant les philhellènes à Péta, se retira dans les défilés de Langada. Les Albanais , la plupart cavaliers ^ vinrent bientôt attaquer les Grecs dans leur position. Les philhellènes, les Grecs réguliers et les Ioniens , tinrent ferme pendant deux heures, repoussèrent les assauts réitérés de l'ennemi et jonchèrent de cadavres le pied des retrancbemens ; mais une nouvelle attaque fit reculer les Ioniens ; l'ennemi alors prit à dos le batiullon des philhellènes et des Grecs réguliers , et les mit dans un affreux désordre. Ce ne fut plus qu'un carnage : les philhellènes entourés de flots d'Albanais, se précipitèrent sur eux par pelotons pour se faire jour; ils tombaient sur des monceaux de cadavres ennemis. Le général Normann , monté sur un cheval vigoureux , por-
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lait des coups terribles et enfonçait les phalanges albanaises. Enfin les débris de ce corps pour* suivis pendant trois quarts d'heure, arrivèrent au pied d'une montagne escarpée , où ils purent se rallier et faire leur retraite en bon ordre. D'après leur propre rapport, les ennemis perdirent dans cette journée plus de quatorze cents hommes, outre les blessés. Les Grecs, dit-on, ne perdirent que deux cents hommes , officiers pour la plupart. Ainsi échoua cette entreprise qui eut des résultats si fâcheux.Maurocordato, en se retirant sur les défilés de Langada , aurait dû emmener avec lui toute son armée et ne pas céder k l'ardeur des philhellènes , qui, trop confians dans leur tactique et dans leur bravoure, se flattèrent de tenir tête à dix mille Albanais d'élite , la plupart cavaliers et conduits par un chef belliqueux. Au moins fallait-il que Maurocordafo fût présent à l'action. Marco Botzaris , qui avait soutenu plusieurs combats, en traversant un pays couvert de troupes ennemies, fut enfin ohiigé de rétrograder et rejoignit le quartier général des Grecs le lendemain de leur défaite.
Cependant Tennemi ne profita pas de la victoire : des dissensions entre les officiers de la Porte ottomane contribuèrent au salut des Grecs. Omér Vrione était l'adversaire de Dra-
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maly-Youssouf- Pacha: celui-ci venait d'étrë nommé inopinément gouverneur du Pélopo* nèse et général en chef de l'expédition contre la péninsule , par le crédit de Halet , qui nourrissait contre Hourschid et contre Omer Vrione une haine implacable. Hourschid fut tellement irrité de cette nomination, qu'il jura secrètement de faire avorter Tentreprise de Dramaty, et qu'il engagea Omer Vrione à retarder son invasion en Acarnanie. De son coté , Halet, pour mortifier Omer Vrione, lui fit} donner pour collègue Reschid - Pacha , son rival , et chargea le gouverneur de Patras de nuire autant quil le pourrait à la réputation d'Omer Vrione. Ce fut sous de tels auspices que commença^Feiq^édition des Turcs contre le Péloponèse. Il est temps d'en retracer les événemens.
Après l'incendie du vaisseau amiral devant Scio et la retraite de la flotte , le sultan pourvut sur-le* champ à la réparation des vaisseaux endomma' gés, en fit sortir d'autres de ses chantiers, promut au grade d'amiral Cara-Mehmed^Pacha , chef des artilleurs de Constantinople , et envoya pour le chercher à Patras le vice -amiral et toute la flotte. En même temps l'armée de Dramaly, forte de trente-rdeux mille hommes d'élite, Thraces^ Bulgares et Macédoniens , reçut ordre de mar-
IMSURAECTION GAECQVS. ^i?
cher. Hourschid , à la tête d'un nombreux corps de réserve, devait fournir les choses nécessaires à l'armée dinvasion. Bientôt Dramaly eut à lutter contre Odyssée qui lui disputa pendant deux jours entiers le passage des Thermopyles et lui tua plus de quinze cents soldats. Cependant , forcé de céder au nombre. Odyssée écrivit au gouvernement Tirruption des ennemis et Kmpossibilité où il se trouvait d'arrêter leur marche sur le Péloponèse. A la nouvelle d'un danger si imminent , plusieurs membres du corps législatif et du corps exécutif prirent eux - mêmes les armes et voulurent enrôler des troupes chacun de leur côté. Les chefs militaires prirent ombrage de cette démarche; ils y virent l'intention de s'emparer de la force arixiée et de les renverser, Théodore Colocotroni , qui était alors devant Patras , leva le siège et vint en force pour empêcher les autorités civiles de s^arroger des fonctions militaires. On conçoit le désordre que. causèrent ces procédés. L'armée ennemie descendit enLivadie comme un torrent dévastateur, et cependant le Péloponèse était plongé dans l'inaction. Les nouvelles eflrayantes se succédaient rapidement; l'orage s'approchait de jour en jour plus terrible ; on le regardait , non avec la résig;nation courageuse du patriotisme , mais avec
le dëpit d'aiiimositës personnelles et dlntéréts froisses. Déjà les échos de Thèbes retentissaient des hennissemens d*iixnombrabIes coursiers et des cris tumultueux des barbares, Ypsilanty demanda la permission d'aller, à la tête de ses troupes , garder Tisthme de Corinthe , promettant , au cas que les passages fussent déjà occupés par l'ennemi , de se jeter dans la citadelle , dont la garnison était très-faiUe. Sur ces entrefaites, une foule de familles fuyant de la Mégaride et de llsthme , entrèrent pèle mêle dans le Péloponèse , en criant que les Turcs étaient maîtres des défilés. On vit alors quels effets produit l'approche d'un danger imminent : la confusion était générale et les intervalles d'un profond silence étaient tout à coup interrompus par les dameUrs du désespoir. Quelques membres du gou* vernement s'embarquèrent en sauvant les archives : le sénat resta imperturbable à son poste et montra un rare dévouement. Démétrius Ypsilanty fut le premier à se mettre en marche; il se porta avec deux ceiits hommes vers les moulins de NapoU, pour s'y procurer des munitions et renforcer sa petite armée. Il y trouva le brave et vertueux Panagiotti Crévatta, primat de Mistra, à la tête de huit cents Lacédémoniens. Crévatta, s approchant d' Ypsilanty : a Je n'ai aucune espé*-
rance )) , lui dît-il à loreille. « Moi, je ne crains pas , répondit Dëmétrius ; nous n*avoris pas encore ^combattu. » Théodore Colocotroni , de son côté , arriva , après avoir laissé dans Trîpolitza son fils Panos avec neuf cents soldats. II expédia des coureurs à toutes les provinces , leur annonçant que les Turcs n'excédaient pas le nombre de huit mille, et qull ne fallait que se lever en masse pour les repousser* Ensuite il se rendit à Acbladocampos et à Argos, où arrivèrent bientôt Ypsilanty, Crévatta et Mavromichalis. Colocotroni et Mavromichalis haranguèrent les Maïnotes et les empêchèrent de se débander. La même nuit ils formèrent le plan d'enfermer l'ennemi dans PArgolide , écrivirent à tous les chefs militaires de lever le plus de troupes possible , et de se rendre en toute hâte autour d'Argos et de Napoli de Romanie. On envoya quelques centaines de Péloponésiens pour incendier toutes les récoltés depuis Corinthe jusqu'à Argos. On demanda au sénat des vivres et des munitions , et aux îles d'EEydra et de Spezzia de détacher quelques bâtimens sur le golfe de Lépante , pour empêcher la communication par mer entre Corinthe et Patras. Cependant les barbares, devenus maîtres de l'Acrocorinthe ] par la désertion de la garnison ,
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commencèrent à descendre en Argolide ; il j eut quelques escarmouches à l'avantage des Grecs* L'ennemi s'approcha d' Argos ; mais malgré ses forces immenses, il ne put s'emparer de cette ville, défendue par deux mille cinq cents Argiens. Cependant leurs chefs voyant l'impos* sibilité d'une longue résistance, mandèrent à Ypsilanty qu'ils étaient contraints de se retirer dans les gorges du Parthénion et de Torniki« Aussitdt Colocotrohi dirigea des secours sur Ar-* gos; Ypsilanty accourut en personne avec les siens et George fils de Mavromicbalis. En même temps arrivait, avec deux cents hommes, Panos |i]s de Colocotroni. Il n'avait pu souffrir de rester oisif à Tripolitza , et il avait laissé un autre capitaine à sa ptlace. Ypsilanty mit dans Argos une forte garnison , et entra lui-même avec les fils de Colocotroni et de Mavromîch^lis dans la citadelle. Pendant la nuit , la garnison de la ville abandonna ses postes , et l'ennemi entra dans Argos à la pointe du jour et cerna la forteresse^ Cependant les hviit cents Grecs qui s'étaient renfermés dans ce château , devinrent la cause du 3alut de la Grèce. Car les Turcs, sachant qu'Ypsilanty et les fils de Colocotroni et de Mavromicbalis étaient dans la citadelle, rassemblèrent toutes leur forçesi sur ce point, espérant finie
IN$UllH£CTIOK GAECQUE. 44 <
par un seul coup rexpëdition. Pendant cet in* tervalle , le Pëloponèse eut le temps de lever des troupes ; la lojigueur du siège entraîna chez les Turcs lé manque de provisions et la révolte de plusieurs chefs contre Dramaly. De son côté , Colocotroni campé sur le haut des montagnes , promenait ses regards sur toute la plaine cou* verte de tentes , de cavalerie et d'infanterie , depuis Argos j usqu à Napoli ; il songeait aux moyens d'attaque ; mais le manque de troupes le mettait au désespoir. Ayant reçu un renfort de Carîté* niotes et d'Arcadiens, il divisai sa petite armée en plusieurs corps , les plaça sur différens points et leur enjoignit d allumer des feux de distance en distance, et de tirer des coups de fusils sans interruption. Ce stratagème épouvanta l'ennemi qui crut avoir à faire avec des troupes beaucoup plus nombreuses. Le troisième jour du siège , un corps de IMaïnotes attaqua les Turcs vers la partie méridionale de la ville , tandis que du côté de l'occident , le général Démé* trius Plapouta battait cinq mille cavaliers de l'armée ennemie. Profitant de ces deux diver-^ sions , les assiégés firent une sortie vigoureuse , dans laquelle ils tuèrent plus de trois cents musulmans. Ce triple échec ralentit îardeur des barbares ; alors Ypsilanty avec les fils de Colo-«
cotroni et de Mavromichalis , laissant deux cents hommes pour garnison dans la forteresse , se fraya de nuit un passage Tëpée à la main , et parvint au village de Céphalari. Peu de jours après 5 Colocotroni engagea une nouvelle action, où il remporta quelque avantage. Cçs affaires partielles encourageaient les Péloponésîens et effrayaient les barbares. Bientôt arrivèrent de toutes les provinces divers renforts, qui firent monter à neuf mille hommes les' troupes de Colocotroni.
Informé que les Turcs rassemblaient à Névropoii , en Phtiotide , une nouvelle armée , destinée à maintenir une ligne de communication depuis les Thermopyles jusqu'aux passages de risthme corinthien, Ypsilanty, de concert avec Colocotroni , fit savoir à Odyssée qu ils étaient décidés à livrer une bataille décisive , et que lui de son côté devait attaquer les Turcs de la Mégaride à uti jour fixé, tandis qu'on marcherait sur risthme , pour empêcher l'arrivée des vivres et des secours qu'attendaient les musulmans. Quand tout fut d'accord , Ypsilanty se mit en marche, et en passant par les Dervenakias, ou petits défilés , entre Corinthe et Argos , y trouva Nikitas et Grégoire Dikéos* A peine arrivés dans ces défilés , ils trouvèrent loccasion de signaler
INSUBRfiCTIOK GRECQUE. 44^
leur vaiew et leur patriotisme. Le gros de larmée turque devant Argos, souffrait tellement de la disette, qu une grande discorde fomentée d'avance par les machinations de HourschiJ, commençait à régner entre Dramaly et les autres chefs; aussi lorsque ce général détacha quatre mille hommes d'élite, pour aller attaquer les moulins de Napoli de Romanie, ses officiers se révoltèrent ouvertement , empêchèrent Texpéditiûn contre les moulins, enti^înèrent dans leur défection quinze cents hommes, et se mirent en marche pour retourner à Corînthe, Mais il fallait passer par les petits défilés, où six cents Grecs étaient en embuscade. Ceux-ci fondirent sur les Turcs embarrassés dans le passage et chargés de butin. Ce fut dans cette action que le brave Nilcitas s'acquit le nom de turcophage ou mangeur de Turcs. Le général Dramaly, forcé de se retirer lui-même , passa deux jours après par les mêmes défilés et y perdit six cents hommes ; il eût été pris vivant lui et tout son étatmajor , si les milices grecques n'eussent été dispersées pour emporter leur riche butin. Ypsilanty , qui avait assisté à ces deux actions , partit avec Nikitas et Grégoire Dîkéos pour Tisthme de Corînthe, et n'y ayant trouvé que quatre cents Grecç pour toute garde, il se rendit à Sa-
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lamine, y enrôla des troupes et revint à Vistbme avec deux mille soldats.
Hourschid, général de Tarmée de réserve, avait perdu beaucoup de monde dans les divers combats qu'il avait soutenus contre les chefs militaires de la Grèce orientale. H ignorait encoi^ les événemens du Péloponèse , et détacha cinq mille hommes et son lieutenant avec des vivres et des munitions chargés Éur des mulets et des chameaux. Odyssée, à la tête de ses troupes en costume albanais , joignit ce corps de cinq mille hommes; on le prit pour un chef mahométan; il leur dit que la Mégaride et l'isthme étaient entre les mainà des Turcs, et par ce stratagème il les engagea dans les défilés, où ils furent assaillis de toute part. Les Grecs les taillèrent en pièces jusqu'au dernier, s'emparèrent de leur convoi, de leur bagage et de leur caisse militaire.
A cette époque, la ville et la citadelle d'Athènes étaient entre les mains des Grecs; mais la discorde régnait entre les primats et les chefs militaires. Les Athéniens appelèrent Ypsilanty pour apaiser ces divisions; il se rendit à Athènes avec Nikitas, et secondé par Odyssée, il mit une nouvelle garnison dans la citadelle , réconcilia les factions , et revint à l'isthme pour ob-
IKSUBAECTION GAECQUC. 44^
server les mouvetnens de Tarmée de Dramaly , qui j cernée dans la province de Corihthe , et ra*vagée par la famine , cherchait à passer dans la Grèce orientale et à se réunir avec les troupes de Hourschid. En effet Dramaly essaya de franchir risthme avec toutes ses forces , mais il perdit beaucoup de monde et fut repoussé. Cette bataille fut décisive et sanglante. Réduite à se réfugier sous le canon de Corintbe , Farmée turque diminuait journellement , par la famine et par une violente épidémie , qui emporta Dra-* maly lui-même pendant le mois d octobre.
Après la mort de leur général , les Turcs lais« sèrent trois mille hommes en garnison à Corin-^ the , et prirent, au nombre de neuf mille , le che-^ min de Patras. Arrivés dans un lieu appelé Mavra^ Litbaria, ils furent tout d'un coup assaillis par les Grecs qui étaient en embuscade ; trois mille Turcs furent tués et les autres cernés dans une position d'ùù ils ne pouvaient pas sortir, et où ils périrent presque tous par la famine ou par le fer. A peine en échappa-t-il trois cents qui gagnèrent la ville de Patras. Ainsi dans Vespace de cinq mois ^ une armée de trente mille soldats des plus aguerris de la Turquie européenne,. commandée par trois pachas , dont lun fut tué , lautre mourut d'épidémie , et le troisième se sauva à Pa-*
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iras; une armée qui comptait dans ses rangs jusqu'à trente - deux gouverneurs de province , trouva tout entière son tombeau dans le Péloponèse; il n*en resta que trois mille dans la citadelle de Corinthe ; ils capitulèrent Tannée suivante.
Tandis que le Péloponèse triomphait par terre, l*on repoussait également les attaques de la flotte turque. Cette flotte , la plus nombreuse qui fût jamais sortie des arsenaux de Constantinople , ayant des troupes de débarquement et renforcée par des escadres d'Egypte et d*Alger , se dirigea d*abord vers le golfe de Lépante et y entra le dix aoât , pour prendre à bord le nouveau grand^amiral qui se trouvait à Patras. Celui-ci fit descendre sur le rivage cinq mille Asiatiques; mais Colocotroni, qui avait été informé de ce projet , mar* cha avec sept mille hommes à la rencontre de Tennemi , fondit sur lui et le tailla en pièces.
Cara-Mehmed, le nouveau capitan* pacha, parut avec toute .sa formidable flotte sur les ci" tes d'Argos, le ao septembre. L'amiral Miaulis vint mouiller devant Tile de Spezzia avec cinquante-sept bricks et quelques brâlots.Les deux flottes étaient en présence. Les Turcs voulaient ravitailler Napoli de Romanie , les Grecs empêcher ce dessein. Une frégate française et plusieurs vaisseaux marchands anglais allaient être
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spectateurs du cconbat le plus inégal. Le premier jour un calme plat retînt les adversaires. Le lendemain on se prépara de part et d'autre au point du jour. Miaulis, après avoir placé sa flotte en bataille, attaqua Tennemi. On se battit pendant six heures et les Turcs furent forcés de se retirer. Cinq jours après, toute la flotte. ennemie, composée de quatre-vingt-quatre voiles, s'approcha jusqu'à dix milles de Napoli de tichmanie , et après avoir détaché un brick autrichien chargé de vivres pour la forteresse , vira de bord et s'éloigna. Le brick fut capturé par les Grecs, à la vue de lamiral ottoman qui sortit du golfe le lendeniain , abandonnant à son sort Napoli de Romàniè. Réduite à toute extrémité , cette place fut eiifin prisé par Colocotronî.* Lamiral turc , après avoir inutilement croisé dans la Mer Egée, se retira devant l'île de Ténédos. Alors Canaris et Kyriakos s'oftVirent pour tenter contre lui une entreprise pareille à celle qui avait si bien réussi dans le canal de Scio. Déuic brûlots furent montés par des Grecs travestis en Turcs; ils arborèrent le drapeau mahométan , et se ' faisant poursuivre par deux bricks ipsa*
* La garnison fut transportée dans TAsic mineure, sans avoir éprouvé aucun mauvais traitement de la part dei Grecs.
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riotes, ils allèrent se réfugier parmi la flotté ennemie. Â la nuit tombante , les deux brûldts s*accrochent , l'un au vaisseau amiral, Vautre au vice-amiraL Le premier se dégage; mais le second qui était un vaisseau de ligne , saute avec tout son équipage et la caisse militaire. Cara- Mehmed s*enfuit avec le reste de ses navired dans le détroit ; mais à peine avait-il mouillé à Callipoli , qu un officier du sultan coupa la tête à cet amiral inhabile et la porta à Constanti*nople.
Enfin, pour compléter la seconde campagne, la Grèce occidentale répara ses pertes , et obtint de nouveaux succès. Après la bataille de Péta et la retraite de Maurocordato , le Laconien Kyriacoulis retranché dans la position maritime de Fhanari, soutint plusieurs combats dans lesquels il fut victorieux. A la fin d'une action meurtrière, ce brave guerrier se promenant sur le champ de bataille, fut mortellement blessé par un coup de pistolet que lui tira un Albanais mourant. Les Maïnotes ayant perdu leur chef, s*embarquèrent aussitôt , emportèrent les restes inanimés de Kjriacoulis et les déposèrent à Missolonghi où on leur éleva un monuilient funèbre. Les Souliotes renfermés dans la place de Kiafa, perdant tout espoir d'être secourus , signèrent au mois d*août
INSVnaECTION GRECQUE. 449
une capitulation avec Omer Vrione , sous la garantie du gouvernement septinâulaire ; ils éva-' cuèrent leurs montagnes, avec leurs familles, leurs armes et leur bagage , et arrivèrent à Assos dans Ijle de Cëphalonie , sous Vescorte de deux bricks de guerre anglais. Cependant , Omer Vrione ne se joignit point à lexpëdition de Dra« itialy; il ieignait d'être occupé par les Souliotes et évitait de faire une irruption en Acarnanie» Aussi Maurocordato n*eut-il à lutter dans sa retraite qu*avec les troupes asiatiques de Reschid- Pacha, collègue d'Orner Vrione, George Varnakioti, ancien capitaine de TAcarnanie, obtint de Maurocordato le commandement de la petite armée rëunie après la bataille de Pëta. Enfin Omer Vrione reçut Tordre pressant de marcher sur Missolonghi, et il s'avança contre cette ville, où Maurocordato s'était jeté avec Marco Botzaris. Le capitaine Varnakioti devait inquiéter les Turcs en les harcelant ; on croit qu'il trahit. sa patrie; quelques personnes le justifient en disant qu'on lui avait proposé de tromper Omer Vrione par une apparente défection; que s'il eût été véritablement traître , il eût éclairé Omer Vrione et ne l'eût pas laissé tromper par les propositions fallacieuses deBotzaris et de Maurocordato; mais qu'après avoir contribué au salut de Misse-
45o TROISIÈME FAKTIE.
longhi , il fut calomnié des siens et contraint d'abandonner la cause nationale pour s'unir aux mahométans. Quoi qu'il en soit, Orner Vrione et Reschid-Pacha ouvrirent le siège de Missolonghi le 7 novembre avec onze mille hommes. Youssouf-Pacha, gouverneur de Patras, bloquait Missolonghi avec deux bricks et une goélette. Au lieu d emporter d'un seul assaut cette ville, qui n'avait au commencement qu'une garnison de cinq cents hommes , un rempart de terre et un misérable fossé, les trois chefs assiégeans, surs de leur proie , voulurent s'approprier chacun l'honneur de la conquête. Tous trois firent séparément aux assiégés des propositions secrètes. Marco Botzaris et Maurocordato profitèrent habilement de cette division et amusèrent les trois chefs jusqu'à l'arrivée des secours qu'ils attendaient. Le 20 novembre , six bâtimens grecs ayant à bord douze cents homtnes, sous le commandement de Mavi^omichalis, incendièrent à la hauteur de la ville assiégée un brick de guerre ottoman , dispersèrent les autres navires et débarquèrent des troupes avec de l'artiUerie et des munitions. Un autre corps de huit cents Péloponésiens, commandé par Londos, descendit à Dragomeste pour prendre les ennemis à dos. Orner, furieux de s'être laissé tromper, livra
UR assaut dans la nuit du 5 janvier. Repoussé avec une perte considërable, et apprenant larrivée de différens corps grecs , il quitta précipitamment son camp pendant la nuit , se retira en désordre et abandonna six pièces de canon , quantité de tentes et une partie de ses bagages. Poursuivi par Marco Botzaris, il perdit beaucoup de monde au passage de TAchélous enflé par les pluies. Depuis la bataille de Péta , Maurocordato se conduisit avec une grande sagesse et montra pendant le siège de Missolonghi une fermeté et un dévouement qui ne sauraient être contestés, même par la jalousie.
Ainsi finit le premier siège de Missolonghi. Cette campagne , qui avait commencé par des désastres, se termina par des triomphes éclatans sur terre et sur mer.
4 Sa ThOISlÈME PARTIE.