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Saxons à la bataille sanglante de Kesselsdorf (15 décembre) et que Frédéric fut entré dans la capitale de Dresde abandonnée par Auguste III, Marie-Thérèse accepta les conditions de la paix de Dresde négociée par l’Angleterre (25 décembre) : Frédéric resta en possession de la Silésie, reconnut comme empereur le duc François -Étienne et reçut un millions d’écus pour l’évacuation de la Saxe. — La guerre ainsi terminée en Allemagne continua quelque temps encore dans les Pays-Bas et en Italie. Les Français, ayant à leur tête le fils naturel de Frédéric-Auguste II, le maréchal deSaxe, aussi brave que dissolu, y combattirent avec succès l’armée alliée de l’Angleterre, de la Hollande et de l’Autriche. La bataille de Fontenoy (12 mai 1745), à laquelle assistait Louis XV, que sa nouvelle maîtresse, madame de Châteauroux, voulait voir environné de gloire, fut gagnée par les Français ; le Hainaut et les deux Flandres furent le prix de la victoire. Bientôt après, l’armée anglaise se retira, pour marcher en Écosse contre le prétendant Charles Stuart que soutenait la France (§ 80). La conséquence en fut que le maréchal de Saxe, après la victoire de Raucoux (11 octobre 1746), conquit les Pays-Bas autrichiens à l’exception du Luxembourg et duLimbourg, et s’avança en menaçant jusqu’aux frontières hollandaises.
Comme en 1072 (§ 54), la Hollande était divisée en parti aristocratique républicain et en parti orangiste. Depuis la mort de Guillaume III, le premier l’emportait; c’est pourquoi le stadhoudérat était resté longtemps vacant. Mais le peuple se souleva dans plusieurs provinces contre la domination aris-
tocratique (mai 1747) sous laquelle l'organisation militaire avait décliné et fit nommer le gendre de Georges II, Guillaume IV (1747-1751) d’Orange-Nassau, parent de Guillaume 111, stadhouder et capitaine général des États unis avec transmission de ses titres à ses descendants masculins ou féminins. Depuis lors, la Hollande fut surtout dominée par l’influence anglaise.
Après qu’en Hollande le stadlioudérat héréditaire eut été conféré à la maison d’Orange, la guerre reprit une nouvelle énergie. Les Anglais eurent l’avantage sur mer. La bataille du cap Finisterre (17 mai 1747) anéantit la marine militaire et la flotte marchande de la France. En revanche, la victoire continua à accompagner sur terre les armes françaises. La bataille de Laffeld (2 juillet), et la conquête de Maestricht, située près du champ de bataille, couvrit le maréchal de Saxe d’une gloire nouvelle. La gloire était, du reste, la seule récompense que la France obtenait pour prix de ces luttes inutiles. Les États épuisés aspiraient tous après la cessation des hostilités. Aussi l’attitude belliqueuse de la Russie qui, en conséquence d’un traité fait avec l’Autriche et les puissances maritimes, envoya une armée sur le Rhin (18-28 octobre 1748), et menaça de prolonger la guerre, ne fit-elle que hâter la conclusion de la paix d'Aix-la-Chapelle.
Par cette paix, la France restitua toutes ses conquêtes etren-
voya les Stuarts de ses Etats ; mais en retour elle récupéra en Amérique et dans les Indes orientales ce que lui avaient enlevé les Anglais. De son côté, l’Angleterre ne gagna rien non plus à cette guerre de huit années qui , ayant été conduite en grande
partie avec les subsides britanniques, augmenta considérablement la dette publique; mais tandis que la France avait à regretter, outre la ruine totale de ses finances, la perte de sa flotte et le dépérissement de son commerce et de ses colonies, la puissance navale de l’Angleterre s’était brillamment maintenue, et elle avait obligé l’Espagne à renouveler le traité d ’assiento (§76) dont elle avait songé à se débarrasser. — L’Autriche céda au prince hispano-bourbon Philippe le duché de Parme avec Plaisance et Guastalla, confirma le roi de Prusse dans la possession de la Silésie et abandonna à la Sardaigne les provinces milanaises déjà cédées. La Bavière et la Saxe n’obtinrent aucune compensation pour leurs énormes sacrifices d’argent ni pour la dévastation de leur territoire.
La guerre de Sept Ans (1756-1763).
§ 104. Alliances. Les huit années de paix qui suivirent la guerre de la succession d’Autriche furent employées par Frédéric à développer l’industrie, à améliorer le sort de la classe des paysans, à ranimer l’agriculture et le commerce, à perfectionner et à étendre l’organisation militaire; par Marie-Thérèse, à supprimer plusieurs abus de l'administration, à réformer le système d’éducation et de guerre et à conclure des alliances fécondes. L’impératrice ne pouvait oublier que son adversaire le plus détesté lui avait fait perdre la Silésie. C’est pourquoi elle tira parti de l’envie des autres puissances contre le rapide agrandissement de la Prusse ; les railleries et les remarques piquantes de Frédéric au sujet de quelques souverains et ministres contemporains la servirent à souhait. Élisabeth de Russie, blessée des épigrammes de Frédéric contre sa conduite dépravée, et désireuse de s’emparer des provinces avantageusement situées sur les côtes de la mer Baltique, s’était laissé engager dès 1746 par son ministre Bestucheff, vendu à l’Autriche et hostile au roi de Prusse, à conclure une alliance avec Marie-Thérèse et à lui promettre de l’aider à re-
LE NORD ET L EST DE L ÈüROPE.
conquérir la Silésie. Cette alliance fut renouvelée, et la cour de Saxe, dont le tout-puissant ministre Brühl voyait d'un œil d’envie la prospérité de l’État voisin, et se trouvait froissé dans sa vanité par le mépris avec lequel le grand roi parlait toujours de lui, fut attirée du côté de l’Autriche et devint le centre des négociations. En même temps Kaunitz , l’habile ministre de Marie-Thérèse, amena la cour de France, ennemie née de l’Autriche, à abandonner sa politique traditionnelle, après que la fière impératrice, si rigide sur le chapitre de la moralité et de la vertu privée, se fut abaissée au point d’écrire une lettre flatteuse à la marquise de Pompadour, la toute-puissante maîtresse de Louis XV, pour la gagner à ses intérêts. Par l’intermédiaire de la Pompadour et de ses créatures, une alliance fut conclue entre la France et l’Autriche (septembre 1755), à l’effet d’enlever ses conquêtes au roi de Prusse et de le réduire de nouveau au rang d’électeur et de margrave de Brandebourg. Ainsi la position respective des grandes puissances fut bouleversée par des motifs tout personnels. Mais l’alliance étroite de la France et de l’Autriche remplit d’inquiétude l’Angleterre qui était en querelle avec le gouvernement français au sujet d’une délimitation dans l’Amérique du Nord et amena un traité (janvier 1756) entre Frédéric II et Georges II pour écarter du sol de l’Allemagne les belligérants étrangers. La cour de France attachait aussi de l’importance aux intérêts religieux : la Prusse guerrière était considérée comme la forteresse principale du protestantisme; l’abattre ou tout au moins la réduire, c’était bien mériter du ciel.
§ 105. Pirna . 1756. Frédéric, exactement instruit par un secrétaire vendu du ministre Brühl, de tous les projets formés contre lui, résolut de prévenir ses ennemis par une attaque imprévue. Avec une armée de 70,000 hommes, il envahit tout à coup la Saxe (août), s’empara de Leipzig, de Torgau, de Wittenberg et de Dresde abandonnée par le roi, et,
comme Auguste III repoussait l’alliance proposée, il institua en Saxe une administration prussienne. Ainsi les ressources du pays fertile tombèrent au pouvoir de Frédéric; les arsenaux furent ouverts à l’armée prussienne, les armes et l’artillerie transportées à Magdebourg ; les impôts et tous les revenus publics furent saisis par Frédéric. Le roi répondit aux exhortations et aux plaintes impériales en publiant les documents trouvés à Dresde sur les plans de ses adversaires. Les troupes saxonnes occupaient à Pirna sur l’Elbe une forte position; la famine seule aurait pu les forcer à se rendre. Frédéric les cerna avec une partie de son armée, et s’avança avec l’autre à la rencontre du feld-maréchal autrichien Brown qui accourait de Bohême à leur secours (1 er octobre. 1756). Avec des troupes de beaucoup inférieures en nombre, il lui fit subir une défaite à Lowositz ; les troupes saxonnes affamées durent alors capituler (15 octobre). Quatorze mille braves combattants furent faits prisonniers de guerre. Frédéric les contraignit d’entrer au service de la Prusse ; mais à la première occasion, ils s’enfuirent par bandes en Pologne où la cour de Saxe se tint pendant toute la guerre. Frédéric séjourna à Dresde et exigea du pays conquis beaucoup d’argent et de recrues.
§ 106. Prague . Rosbach. Leuthen (1757). Les malheurs de la Saxe furent mis à profit pour représenter le roi sous les couleurs les plus noires et lui susciter de nouveaux ennemis. Des troupes arrivèrent de toutes parts pour écraser la Prusse et en diviser les
provinces. La Suède, dont le gouvernement aristocratique agissait sous Tinspiration de la France et l’empire allemand qui voyait dans la prise de possession de la Saxe une violation du repos public, se joignirent aux adversaires de la Prusse. Frédéric laissa à ses confédérés (Angleterre, Hanovre, Brunswick, Hesse-Cassel et Gotha) la lutte contre les Français, qui perdirent dans cette guerre toute leur ancienne réputation militaire; il envoya une partie de ses propres soldats contre les Russes qui avaient envahi la Prusse et qui battirent bientôt la petite armée, et lui-même s’avança en Bohême contre les Autrichiens. Les vaillants efforts de ses troupes et la mort héroïque de Schwérin assurèrent à Frédéric la victoire brillante mais chèrement achetée, de Prague (6 mai 1757). La capitale résista pourtant à tous les assauts et dès le mois suivant la défaite de Kollin (18 juin) enleva au roi de Prusse tous ses avantages. Frédéric avait perdu 20,000 combattants dans cette victoire et dans cette défaite. Son humeur assombrie avant et après la dernière bataille témoignait des soucis qui le dévoraient. Poursuivi par les Autrichiens, il partit avec le reste de ses troupes pour la haute Lusace; mais bientôt il se tourna contre les Français qui s’avançaient de concert avec l’armée impériale et qui se disposaient précisément à prendre leurs quartiers d’hiver en Saxe, après avoir battu à Hastenbeck les troupes alliées de Frédéric et obligé l’inhabile général anglais Cumberland à accepter une convention humiliante. Le prince de Soubise, favori de la Pompadour
et compagnon de débauches de Louis XV, se trouvait sur la Saale avec des forces imposantes, lorsque Frédéric fit une attaque imprévue et remporta une brillante victoire à la bataille de Rosbach (5 novembre 1557). L’armée française abandonna ses bagages richement pourvus d’articles de mode et de luxe, et suivit, dans une fuite désordonnée, l’armée impériale commandée par le prince de Hildburghausen, qui s’était retirée en hâte dès le commencement du combat. Depuis lors, Frédéric fut le héros du jour aux yeux des patriotes et l’orgueil de l’Allemagne protestante. Cependant, les Autrichiens avaient fait des progrès en Silésie. Winterfeldt, confident de Frédéric, était tombé ; Schweidnitz et Breslau, avec leurs magasins et leurs arsenaux remplis, étaient entre les mains des ennemis; beaucoup de vaillants Prussiens avaient été faits prisonniers de guerre. Frédéric parut et il amena bientôt un complet revirement de situation. Par ses savantes dispositions, il gagna la bataille de Leuthen (5 décembre) sur un ennemi trois fois plus nombreux que commandait Daun, et reprit Breslau et toute la Silésie. Cependant la guerre écrasait le nord de l’Allemagne : la Prusse était infestée par des bandes russes et la Poméranie était épuisée par l’armée suédoise qui y restait inactive; en Hanovre, en Brunswick et en Hesse-Cassel, l’immoral duc de Richelieu, qui cherchait par des extorsions et des contributions de guerre à se créer de nouvelles ressources pour subvenir à ses prodigalités et à ses orgies, opprima le pays d’une façon tellement révol-
tante, que la cour de France en eut honte et le rappela.
§ 107. Zorndorf , Hochkirch (1758). En Angleterre, Frédéric était l’idole du peuple depuis la bataille de Rosbach. C’est pourquoi le ministère, dans lequel Pitt (lord Chatham) exerçait la plus grande influence, résolut* de renoncer à la convention récente, de fournir plus largement au roi de Prusse des hommes et de l’argent, et de lui laisser le choix du général. Frédéric désigna comme chef de l’armée alliée Ferdinand de Brunswick qui, au commencement du printemps, repoussa les Français au delà du Rhin, les battit à la bataille de Crefeld (23 juin 1758) et préserva pendant tout l’été l’Allemagne du nord de leurs incursions. Les Russes s’étaient retirés subitement, parce que Bestucheff, persuadé que l’impératrice Élisabeth succomberait à la maladie dangereuse dont elle était atteinte, voulait tirer parti du prochain changement de règne pour exclure le grand-duc Pierre (de Holstein-Gottorp) qu’il haïssait. Mais lorsque Élisabeth fut guérie et qu’elle eut connaissance de ce dessein, elle exila Bestucheff' et envoya Fermor sur l’Oder avec des forces considérables. La Prusse fut occupée et, comme si l’on était déjà sûr de cette proie, on obligea la bourgeoisie de Kœnigsberg à prêter le serment de fidélité. Puis les troupes sauvages entrèrent dans le Brandebourg, réduisirent Custrinen cendres, incendièrent, pillèrent et dévastèrent le pays. De la Moravie, où il s’était retiré au printemps après la conquête de Schweidnitz, dernière possession des Autrichiens en Silésie, Fré-
déric fit une retraite remarquable sur l’Oder et empêcha les Russes de pénétrer plus avant en gagnant sur eux la bataille de Zorndorf (25 août 1758), grâce surtout à l’habileté du brave commandant de la cavalerie Seydlitz, le héros de Rosbach. Frédéric voulut ensuite porter secours en Saxe à son frère Henri, serré de près par les Autrichiens ; mais surpris dans une position défavorable par l’armée de Daun, supérieure en nombre, il perdit dans l'affaire de Hochkirch (14 octobre) toute son artillerie et bon nombre de braves soldats. Pourtant, il opéra, par une marche habile, sa jonction avec Henri et chassa de nouveau les ennemis de la Silésie et de la Saxe.
§ 108. Kunersdorf (1759). Mais bientôt un nouvel orage s’amassa sur la tête de Frédéric. Tandis que la Prusse était épuisée d’hommes et d’argent, et que le roi ne parvenait que par des levées oppressives de jeunes recrues inexpérimentées à combler les vides que les batailles avaient faits dans son armée, Marie-Thérèse obtint de l’intelligent ministre Choiseul, influent auprès du roi et de madame de Pompadour, une nouvelle promesse de riches subsides et de troupes considérables, et Élisabeth chercha à effacer par des victoires le souvenir de Zorndorf et envoya contre la Prusse de nouvelles forces commandées par Soltikoff. La force de Frédéric reposait sur l’enthousiasme du peuple pour le héros et sur l’admiration des gens instruits pour le monarque libéral et éclairé, admiration qui ne fut nulle part aussi grande qu’en France, d’où l’on pouvait conclure que la politique du gouvernement n’était pas en
harmonie avec les sympathies et les souhaits de la nation. Un corps d'armée que Frédéric envoya contre les Russes pour empêcher leur jonction avec les Autrichiens, fut battu à Zullichau (juillet 1759), et lorsque lui-même attaqua ses adversaires réunis sur l’Oder, il fut vaincu à la sanglante bataille de Kunersdorf (12 août), après avoir déjà repoussé les Russes. La défaite que lui firent subir les Autrichiens sous la conduite du général Laudon fut si complète, qu'il commença à désespérer du succès de la guerre et qu’il appela la mort de ses vœux. « Tout est perdu, » écrivit-il à son ministre Finkenstein; « sauvez la famille royale; adieu pour toujours! » Parmi les nombreuses victimes qui couvrirent le champ de bataille de Kunersdorf, se trouvait le poète pastoral Ewald de Kleist, chantre et héros en même temps. Ainsi se réalisa ce qu’il avait pressenti en disant : « Peul-être aussi mourrai-je un jour pour la patrie. » La route de Berlin était ouverte devant l’ennemi ; mais la désunion des Russes et des Autrichiens les empêcha de profiter de la victoire comme le désirait Marie-Thérèse. En revanche, Dresde, et, après la malheureuse capitulation de Maxen (21 novembre), où 12,000 Prussiens furent faits prisonniers, d’autres parties encore de la Saxe furent perdues pour Frédéric, qui ne sauva le reste que grâce aux hésitations du feld-maréchal Daun, dont la stratégie méthodique laissait souvent au roi impétueux le temps de reprendre haleine. — Cependant, les alliés de Frédéric, sous le commandement de Ferdinand de Brunswick, avaient combattu les Français avec plus
de succès. A la vérité, le duc de Broglie l’avait emporté à la bataille de Bergen près de Francfort-sur- Mein (13 avril 1759); mais la victoire éclatante de Ferdinand à Minden (1 er août) refoula l’armée française au delà du Rhin et sauva la Westphalie et le Hanovre.
§ 109. Liegnitz , Torgau (1760). Ces malheurs avaient tellement affaibli l’armée prussienne, que le roi, à la reprise des hostilités, dut, contre son habitude, se tenir sur la défensive. A la vérité, la réputation de Frédéric et l’habileté de ses racoleurs amenaient de toutes parts des troupes de recrues sous les drapeaux de la Prusse; mais le talent même de Frédéric ne pouvait suppléer entièrement au départ d’officiers instruits et de soldats rompus au métier des armes. Pour couvrir les frais de la guerre, il dut recourir aux impôts les plus oppressifs et frapper des monnaies de bas aloi. Tandis que, observé par l’armée de Daun, il s’arrêtait en Saxe et cherchait vainement û reprendre Dresde, il perdit la Silésie après la défaite, d’ailleurs honorable, du brave Fouquet à Landshut (5 juin 1760). Frédéric alors livra la Saxe pour regagner la Silésie; et quoique deux armées autrichiennes s’efforçassent de faire échouer son dessein, il atteignit son but par la brillante victoire de Liegnitz (15 août) qu’il remporta sur les troupes de Laudon, et empêcha la réunion des forces autrichiennes et des forces russes. Par contre, il ne put détourner les troupes austro-russes d’envahir la Marche, d’occuper Berlin et de dévaster le pays héréditaire du roi, jusqu’au moment où la
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nouvelle de rapproche de Frédéric les mit précipitamment en fuite. Daun prit alors une forte position sur une hauteur voisine de l’Elbe pour passer l’hiver en Saxe, tandis que Soltikoff semblait disposé à conduire ses Russes en Brandebourg. Pour déjouer leurs plans, Frédéric eut la témérité d’attaquer le camp de Daun. Par la victoire de Torgau (3 novembre), péniblement gagnée avec le concours de Ziethen, le roi de Prusse rentra en possession de la Saxe et put prendre ses quartiers d’hiver à Leipzig; mais 14,000 guerriers n’avaient plus besoin de logement; le camp de Daun leur avait servi de lieu de sépulture.
§ 110. Embarras de Frédéric (1761). Frédéric semblait alors près de succomber aux malheurs qui vinrent l’accabler de toutes parts. Dresde et une partie de la Saxe étaient au pouvoir de Daun; par la possession de la forteresse de Glatz, Laudon avait un point d’appui dans la haute Silésie; la Prusse était entre les mains des Russes; les Suédois campaient en Poméranie et deux armées françaises de plus de 150,000 hommes marchaient sur le Rhin. A ces forces ennemies, Frédéric n’avait à opposer que de faibles armées, composées de soldats inexpérimentés; et comme lord Bute, le favori du nouveau roi d’Angleterre, Georges III, avait retiré les subsides au roi de Prusse, celui-ci ne pouvait subvenir aux dépenses d’une nouvelle campagne qu’en pressurant les provinces qui lui étaient encore soumises, et particulièrement Leipzig. De plus, le nombre de ses ennemis s’augmenta par l’accession de l’Espagne