‹ Histoire moderne; rédigé conformént aux programmes officiels du 31 Mai 1902. Classe de seconde A B C DChapitre 100 sur 118 · I. Voir le globe de .Martin Behaim, ci-dessous page · texte numérisé non relu

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A. M.^LÇT — Histoire moderne. 17

HISTOIRE MODERM;.

MaF^PE.MOMiL . ^ .4:7.

Miniature de la Bibliothèque de Reims. — Phoioirraphie. Celte mappemonde dressée en 1417 par l'archevêque de Reims, Guillaume Fillastre. sert d'O majuscule au mot Orbis — cercle — dans un manuscrit du î:;éographe latin Pomponius .Vêla. Les trois continents,Europe, Asie, Afrique, sont peints en vert; leurs noms sont en rouge; ceux des pays — Galia. la France — et des villes — Paris, Roma — sont en blanc; les montagnes en rose, les fleuves en Irleu. L'est est placé là où nous mettons le nord, c'est-a-dire tourne vers le haut de la page; en sorte que la France parait placée au sud, et que pour reconnaître les pays il faut retourner la carte. On retrouve Hen la .Méditerranée et la mer Rouge. Jérusalem, représentée par une sorte de tour, est au centre du gtote selon les croyances du Moyen Age. L'Inde est prolongée au delà du Gange et touche le Cathay « Seres Jndia • — la Chine — de Marco Polo. Au nord de l'Europe et au sud de l'Afrique on lit terra incosrnita, terre inconnue. Mais il n'est pas question de mer en étullition et le passage apparaît possitle au sud de l'Afrique. Au nord de l'Europe on place des montagnes de glace, montes hyperborei : ces mots sont atrégés. — Une fleur de lys sur la France. Des poissons dessinés dans les mers.

la notion de la sphéricité de la terre furent développées à la tin du quatorzième siècle, par un Français, le cardinal Pierre dWiily. aumônier de Charles VI et chancelier de l'Université de

[.ES DKCOIVIÎKTES MARITIMES.

Une Caravelle.

Musée naval de -Madrid. — Photographie Panajan.

Reconstitution de la Sainte-Marie, la caravelle de Christophe Colomb dans son premier voyage d'Amérique. Elle mesurait 23 métrés, moins qu'un remorqueur du port de Paris. A .Amsterdam et à destination de New-York, en 1900 oti a pu embarquer, comme un colis, sur l'arrière d'un vapeur de commerce, la reconstitution dans ses dimensions exactes d'une caravelle pareille à la Sainte- Marie, la Demi-Lune, le navire avec lequel l'Anglais Hudson en 1609 explora une partie des côtes de l'Amérique du Nord. — La caravelle n'était qu'une longue barque, mais à tordage très élevé, ce qui lui permettait d'affronter les hautes lames de l'Atlantique. Les voiles triangulaires que portaient ses trois mâts et son beaupré lui faisaient filer 10 kilomètres à l'heure, vitesse remarquable alors. La p.irtie arrière très relevée s'appelait le c\\o^.ea.\i. Au-dessus du château, se découpant sur la voile, la lanterne, servant de feu de position.

Paris, dans un livre intitulé : « Tableau du Monde », livre qui fut plus tard familier à Christophe Colomb. Pierre d'Ailly y exposait encore cette autre idée empruntée des Grecs, qu'un même océan enveloppait l'Europe, l'Afrique et l'Asie. Dès lors, en contournant l'Afrique il devait être possible d'aborder aux Indes. Ce fut cette dernière idée qui, au début du quinzième siècle, inspira les premiers voyages d'exploration des Portugais, et amena les premières découvertes.

26o HISTOIRE MODERNE.

Au moment où les progrès des connaissances géogra.-

phiques permettaient de concevoir des plans d'explo-

vK^'inKTjr,v ration maritime. 1 exécution de ces plans devenait rsA\IGAT10> '^

L\ CARAVELLE possible grâce aux progrès réalisés dans l'art de la navigation et des constructions navales. Ici encore, le progrès résulta des Croisades. Grâce à Tastrolabe, un instrument connu depuis le treizième siècle, qui permettait de mesurer la hauteur de l'étoile polaire au-dessus de l'honzon, et par suite de calculer la distance où l'on se trouvait d'un point déjà connu ; grâce à la boussole, les marins pouvaient désormais se diriger sûrement même en haute mer. En même temps la construction et l'équipement des navires s'étaient perfectionnés. Au .Moyen Age on naviguait presque uniquement sur la .Méditerranée, et l'on y connaissait deux types de navires, la galère et la nef.

La galère, longue d'une cinquantaine de mètres, manœuvree par deux cent cinquante ou trois cents rameurs, était efhlée et rapide. .Mais très basse sur l'eau dont elle dépassait à peine le niveau d'un mètre et demi, elle était impropre à la navigation sur l'Océan où la hauteur et l'amplitude des lames l'aurait mise constamment en péril.

La «<?/. au contraire, était de //j«/ ^ori. Pendant les Croisades elle servit au transport des armées. Mais elle était lourde: elle n'avait qu'un mât et qu'une voile, par suite elle était déplorablement lente : la nef qui ramena saint Louis de Chypre à Hvères, mit soixante-dix jours pour un trajet qu'un médiocre bateau accomplit aujourd'hui en une semaine.

.\u quatorzième siècle, la guerre de Cent Ans ferma aux A'énitiens la route de la France par où ils étaient accoutumés de transporter leurs marchandises en Flandre. Il leur fallut passer par mer et chercher un type de navire à la fois rapide et capable de naviguer sans péril sur l'Atlantique. Ils le trouvèrent en modifiant la nef. Ses formes furent allégées; elle porta désormais trois mâts et cinq voiles carrées ou triangulaires. On eut ainsi la caravelle, longue de trente mètres au plus — à peine la longueur des plus petits de nos torpilleurs — mais très maniable, rapide pour le temps, puisqu'elle filait dix kilomètres à l'heure, capable enfin, grâce à son bordage très élevé, d'affronter les hautes vagues de l'Océan. Ce fut au quinzième siècle le navire des explorateurs portugais et de la découverte de l'Afrique du Sud: le navire de Cristophe Colomb et de la découverte de 1'. Amérique.

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