‹ Histoire moderne; rédigé conformént aux programmes officiels du 31 Mai 1902. Classe de seconde A B C DChapitre 102 sur 118 · CARACTÈRE · texte numérisé non relu

CARACTÈRE

à nos empires coloniaux contemporains. 11 nv avait

DE L'EMPIRE ,. i j . •. • f ...

point la de territoires tormant un tout, comme notre Algérie ou l'Australie anglaise, peuplés de colons venus pour mettre le pays en valeur, s'y fixer et se créer une nouvelle patrie. Les Portugais, comme jadis les Phéniciens et les Carthaginois, occupèrent seulement un certain nombre de points sur les côtes, sans essayer de pénétrer à Tintérieur. Ils eurent les colonies d'un peuple de marchands, c'est-à-dire des stations maritimes et des comptoirs. Dans ces comptoirs, ils se bornaient à accumuler les marchandises à destination de Lisbonne; ils y passaient juste le temps nécessaire pour s'enrichir, trois ou quatre ans en moyenne: puis, leur fortune faite, ils rentraient dans leur pays. En Europe, le plus clair des profits du commerce, leur échappait, par leur faute. Ils ne surent pas en eft'et imiter les ^^énitiens, et se faire les détaillants des produits des Indes. Lisbonne fut un comptoir de gros où l'Europe dut venir se fournir. Elle le fit par l'intermédiaire des Hollandais qui, dans leur rôle de commissionnaires dédaigné des Portugais, trouvèrent la richesse, et, par là. le premier élément de leur puissance politique ultérieure.

D'autre part, le Portugal était un trop petit pays, il disposait de trop peu d'hommes pour pouvoir défendre un empire aussi démesurément étendu. Aussi sa puissance coloniale dura-t-elle fort peu, à peine soixante-quinze ans, une vie d'homme. Dès la

LES DIXOrVERTES MARITIMES.

iin du seizième siècle, les Hollandais avaient enlevé au Portugal, tombé lui-même aux mains de l'Espagne, les plus précieux de ses établissements. Sumatra. Java et les iles aux Épices.

LES ESPAOyOLS

Tandis que les Portugais cherchaient la route de l'Inde par le sud et faisaient le tour de l'Afrique, Christophe Colomb. la cherchant par l'ouest, pour le compte des Espagnols, découvrait, sans le soupçonner, un nouveau continent. VAmérique.

Christophe Colomb était né au pays de Savone, dans :hristophe rÉtat de Gènes, entre 1436 et 1446 : la date est incer- COLOMB taine. Il était fils d'un tisserand de petite fortune. Il

fut marin, embarqué dès l'âge de quatorze ans. D'après une de ses lettres, il passa vingt-trois ans sur mer : « Tout ce que l'on a naviguéjusqu'ici. écrivait-il à Isabelle et à Ferdinand d'Espagne, je l'ai navigué aussi. » 11 avait vu le Levant; il avait été en Angleterre et en Islande, et, à plusieurs reprises, sur les côtes de Guinée. En 1470, il était venu s'établir à Lisbonne. Il y passa quatorze ans, poursuivit des études de géographie et d'astronomie et se maria avec la fille d'un gentilhomme portugais, réputé hardi marin.

C'est pendant son séjour en Portugal qu'il paraît avoir mûri son projet, ainsi formulé par lui-même : « Chercher l'orient par l'occident et passer par la voie de l'ouest à la terre oîi naissent les épiceries. » Ce projet lui fut inspiré par le livre de Pierre d'Ailly et ses réflexions personnelles sur la sphéricité de la terre. L'idée était, du reste, familière à tous les gens instruits d'alors. Dès 1474, un savant florentin, Toscanelli, l'avait développée dans une lettre au roi du Portugal. Cette lettre Christophe Colomb la connut, et lui-même entretint une correspondance avec Toscanelli. Le voyage d'Europe en Inde par l'Atlantique semblait d'autant plus réalisable que les géographes, on l'a vu '. avaient beaucoup allongé l'Asie vers l'est et réduit la distance qui pouvait la séparer de l'Europe. Cette distance enfin était encore abrégée par les îles déjà connues dans l'Atlantique, .Madère, les Açores, les Canaries.

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