‹ Histoire moderne; rédigé conformént aux programmes officiels du 31 Mai 1902. Classe de seconde A B C DChapitre 103 sur 118 · uii" ci-dcssiis, pa<iC · texte numérisé non relu

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LES DECOUVERTES MAKI Il.MES.

Christophe Colomb soumit d'abord ses projets CHRISTOPHE d'expédition au roi de Portugal. Il fut éconduit.

COLOMB ,, ,, ., c, ...

,^»T t^ot..^xtt:. Alors en 1484 il passa en Espag-ne espérant trouver

EN ESPAGNE . , , . , , , r^ ,■ , ,,,,,.

meilleur accueil auprès de Ferdmand et d Isabelle. II obtint une audience au début de i486 à Cordoue. Ses propositions, écoutées avec intérêt, surtout par Isabelle, furent soumises à l'examen de l'Université de Salamanque : elle approuva. Mais la guerre contre les Maures occupait alors entièrement les rois, en sorte qu'ils offrirent à Christophe Colomb une pension, en lui demandant d'attendre (1488). Quand les négociations reprirent, les prétentions excessives de Christophe Colomb entraînèrent de nouveaux retards. Impatient il se résolut à partir pour la France. En route il s'arrêta près de Palos dans un couvent, dont le supérieur, ancien confesseur d'Isabelle, s'enthousiasmant pour le projet, retint Colomb, et ht renouer les négociations. A ce moment même Grenade capitulait. Dès lors l'entente fut facile. Les rois signèrent avec Christophe Colomb, à Santa-Fé, un véritable traité (1492). Ils lui assuraient le litre héréditaire de Grand Amiral, la vice-royauté des îles à découvrir, le monopole du commerce, etc. Ils lui fournissaient des vaisseaux et une subvention, 35oooo francs environ : la reine fut d'ailleurs obligée d'engager ses derniers bijoux pour les trouver. Le reste des fonds, à peu près 700000 francs, fut fourni par un armateur de Palos, Martin Pinzon, qui se joignit à l'expédition, et pour une faible partie par Christophe Colomb lui-même. L'expédition qui aboutit à la découverte de l'Amérique fut une entreprise en commandite.

Christophe Colomb partit de Palos le 3 août 14(^2 LE PREMIER avec trois caravelles dont la plus grande, la Sainte- VOYAGE Marie, le vaisseau-amiral, mesurait vingt-trois mètres.

Les équipages montaient à cent vingt hommes. La flottille fit escale aux Canaries, d'où elle repartit le 9 septembre. Pendant les trente-trois jours que dura la traversée, les matelots s'effrayèrent à plusieurs reprises de la longueur du chemin et manifestèrent la crainte qu'il fût impossible de revenir en Espagne. Mais, contrairement à la légende, il n'y eut jamais de mutinerie.

Le mercredi 10 octobre, les matelots avaient dit qu'ils ne voulaient pas aller plus loin. Christophe Colomb avait répondu que, parti pour se rendre aux Indes, il continuerait sa route jusqu'à

.r:S DliCOU VERTES MARITI.MES.

ce qu'il y arrivât. Le lendemain, jeudi ii. raconte le journal de folomb, vers dix heures du soir. Colomb, à l'avant de son navire , aperçut au loin une lumière. Il la fit remarquer a Tun de ses compai^-nons : « Elle faisait l'effet d'un flambeau que Ton élève et que l'on abaisse tour à tour ». Les équipalics furent prévenus et invités à veiller, (^uelquesheures plus tard, le vendredi 12 octobre, vers deux heures du matin, la terre apparaissait distinctement à moins de deux lieues. Christophe Colomb tomba à arenouxet. pleurant à chaudes larmes, il entonna le Te Deuin.

L'île où il aborda, (iuanahani, — Colomb rappela San Salvador, Saint-Sauveur, — était une des Lucayes, proche de l'Amérique du Nord, à l'entrée du détroit de Floride. On y passa la journée du vendredi. Dès le samedi matin Colomb remettait à la voile, parce

quïl était fermement convaincu qu'il allait atterrir à l'Inde et qu'il avait hâte de remettre au souverain du Zipangu et à l'empereur du Cathay, les lettres de créance que le roi d'Espagne lui avait données pour eux. 11 chercha pays et souverains pen-

CllKlSluFUE CUI-IJ-MB U4.>t)-10? — l500).

D'après un portrait conservé au Musée Kaval, à .Madrid. — Photographie.

On ne connM qu'à dix ans prés la date de la naissance de Christophe Colomt. On peut seulement dire qu'il avait de quarante-sept à cinquantesept ans lorsqnepour le compte des rois d'Espagne^ il découvrit ,les premières iles de l'Amérique centrale. — Dans ce portrait. évidein?nent postérieur au premier voyage de Colomt, les cheveu.x encadrent de boucles Hanchies un visage aux traits réguliers que l'âge et les soucis ont tiré. II y a dans ta touche presque une expression de dégoût. La mâchoire est puissante et otstinée. Le regard des grands yeux truns est calme et ferme. L'est une impression de volonté tranquille, de résolution, de ténacité et d'amertume qui se dégage de ce purtrait.

dant trois mois, toucha d"abord à Cubi quatre jours après son départ des Lucayes, puis atteig-nit Saint-Domingue. Ayant perdu dans une tempête la meilleure de ses caravelles, la Sainte- -Marie, et ses équipages étant épuisés, il remit à plus tard l'achèvement de sa mission et revint en Espagne pour annoncer ses découvertes. Il rentra à Palos le i5 mars I4q3, sept mois après son départ et fut reçu triomphalement.

Christophe Colomb entreprit trois autres voyages LES DERNIERS yij^(^Z-i:\c^-iSo2\. Il acheva de découvrir les Antilles,

^^x ^,,,. c'est-à-dire les archipels qui précèdent le continent. DE COLOIIB . ... ., , , . , . .

Au troisième voyage il toucha le continent lui-même,

la rive nord de l'Amérique du Sud à l'embouchure del'Orénoque.

Dans le quatrième voyage il long^ea en partie la côte de r.\mé-

rique Centrale et parvint à l'isthme de Panama. 11 mourut peu

après son retour en Espagne (i5o6).

Depuis son second voyage Christophe Colomb avait beaucoup perdu de sa popularité. Ses découvertes, en effet, n'avaient pas donné ce qu'on attendait d'après les récits de .Marco Polo et ce qu'avait promis Colomb lui-même : des épices et surtout de l'or. Les essais de colonisation à Saint-Domingue avaient été malheureux. Colomb fut rendu responsable de ces déconvenues. Ferdinand et Isabelle décidèrent de le remplacer dans la viceroyauté des pays découverts. Son successeur désigné le fit arrêter, sans en avoir reçu l'ordre, et l'envoya enchaîné en Espagne (23 août i5oo). Isabelle et Ferdinand réparèrent cet affront dès qu'ils le connurent. Mais on ne rendit pas à Colomb ses pouvoirs, et s'il n'est pas vrai qu'il mourut dans le dénuement, du moins il est certain que, peu avant sa mort, Ferdinand lui contestait une partie des avantages garantis par le traité de Santa-Fé.

Colomb mourut avec la conviction qu'il avait atteint TAsie. A son second voyage il regrettait de ne pas disposer d'assez de vivres pour tenter de pousser jusqu'à la mer Rouge. 11 ne doutait pas que les îles découvertes par lui ne fussent très proches de l'Inde. De là le nom d'InJes occidentales donné aux îles, le nom d'Indiens donné aux indigènes et qui leur a été conservé.

On commençait cependant à soupçonner que l'on se

MAGELLAN trouvait en présence d'une terre autre que l'Asie.

^^„^,r^^ En effet, en dehors de Colomb et malgré le mono-

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