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iiavait pu les atteindre : à toutes la terre avait harré le passaire. Dans des lettres publiées en lôo?, un l'iorentin qui avait participé à quatre expéditions, dont deux au Brésil pour le compte des Portug-ais, Améric X'espuce parlait des territoires explorés comme d'un Xouveau Monde*. On fut conhrmé dans cette idée quand, en septembre i5i.3, Balboa, à la recherche du pays de l'or, ayant g-ravi les montagnes qui forment Tisthme do Panama, aperçut du haut des crêtes, à louest, une mer sans limites. Aucun doute ne fut plus possible après le vovage do Magellan {i5ig-i522).
.Mag-ellan était un g-entilhomme portugais, ancien compagnon d'Albuquerque dans l'Inde, et que des injustices avaient déterminé à passer au service de Charles-Quint. Cherchant, après ving-t autres, un passag-e qui permît d'arriver aux pays des Kpices, .Mag-ellan descendit lentement le long- de l'Amérique du Sud. et. plus d'un an après son départ d'Espagne, découvrit à l'extrémité du continent le détroit, long- de 600 kilomètres, auquel a été donné son nom. Il le franchit en un mois: puis il s'eng-agea dans l'océan de l'ouest et. comme il y fut constamment favorisé par le temps, il l'appela le Pacifique. Après une traversée de quatre mois, il atterrit aux Philippines : là il périt dans un combat contre les indigènes (avril i52i). Le voyage de circumnavig-ation fut cependant achevé grâce à l'énergie d'un pilote de Magellan, Del Cano. qui regagna l'Espagne par le cap de Bonne-Espérance.
L'expédition avait duré trois ans. Au départ elle comptait cinq navires et deux cent trente neuf hommes. Il ne revint que vingt et un hommes et un navire, la Victoire. .Mais le navire ayant touché aux .Moluques, y avait pris une cargaison d'épices : la vente sufHt à couvrir tous les frais de cette longue campagne, la première faite autour du monde.
Les Espai;nols n'occupèrent d'abord que les Antilles.
FORM.\TION ,. ■ ,. ^ , , c- • . T^ ■ iT • .
en particulier Cuba et Samt-Dommgue. Mais leurs ESP\Gi\OL colons ne trouvèrent là qu'en faible quantité ce qu'ils cherchaient avant tout : l'or. Les récits des indigènes leur apprirent que les métaux précieux abondaient sur le continent : ils entreprirent la conquête du continent quinze ans dprès
1. Ce fut un professeur de l'L'niversité de Lorraine qui, en iru^.àl'insud'.Xméric N'espuce, proposa de donner le nom d'Amerii:a à l'ensemble des terres nouvellement découvertes. On pense généralement que ce nom était inspire du
\. MAI. HT. — Histoire moderne. i-^
lllSruiKl-: MODERNE.
la mort de Christophe Colomb. Dans l'histoire de cette prise de possession, deux épisodes. sont célèbres : la conquête du Mexique par Fernand Cortex, la conquête du Pérou par François
Pizarre.
Quand les Es- LE MEXIQUE papnols avaient LES AZTÈQUES pj-js possession des Antilles, les indig-ènes qu'ils y avaient trouvés, les Caraïbes, formaient non pas des peuples, mais des tribus. Ces tribus vivaient dans des groupes de huttes et leur organisation rudimentaire était analogue à celle des tribus germaniques dans l'Antiquité, ou des tribus noires au Congo de nos jours. Au Mexique, dans l'Amérique Centrale, au Pérou, ils trouvèrent de véritables Etats, des peuples savamment organisés et parvenus, en particulier au Mexique, à un degré de civilisation assez avancé.
Le Mexique comprenait la plus grande partie de l'Amérique Centrale, tout le plateau qui s'étend entre le Pacifique à l'ouest et le golfe du Mexique à l'est.
Les indigènes appelaient le pla-
ArT mexicain. — M.VSQUE EN PIERRE
Photographie Char.nay.
Ce masque en pierre a été trouve avec beaucoup d'autres, en 1881, dans les ruines de Teotihuacan — « la ville des Dieux » — à trente kilomètres au nord de Me.xico. La ville, oit l'on comptait quinze pyramides, était déjà abandonnée quand arrivèrent les Espagnols. Ce masque témoigne d'un art déjà avancé. Les veux allongés en amande, la coiffure, avec les bandelettes et les volutes qui encadrent le visage, font penser à certains masques de momies égyptiennes. Il existe du reste une réelle similitude entre les anciens monuments de l'Amérique centrale et quelques monuments de l'Egypte, ceux-ci toutefois d'un ^art beaucoup plus achevé. Rapprocher ce tnasque.
ou l'on est en droit de voir un portrait, de la photographie ci-jointe d'un Mexicain d'aujourd'hui.
teau proprement dit VAtiahuac.
c'est-à-dire « le pays proche de l'eau ». Au moment où apparurent les Espagnols, l'Anahuac était occupé par les Azlèques qui, vers 1.32,5, avaient construit sur une série d'îlots au milieu d'un lac la ville de Mexico. C'était un peuple belliqueux qui avait fini par dominer d'une mer à l'autre. .Mais sa puissance était
prénom de X'espuce, dont les lettres paraissaient alors. Une autre opinion veut que le mot America soit un mot mexicain, signifiant Haute Terre, que les Espagnols auraient mis en usage après l'avoir entendu employer par les indi. gènes chaque l'ois qu'ils leur demandaient dans quelle région un trouvait l'or-
LES DÉCOLIVERTES MARITIMES. 27.J
de date récente et ne remontait pas à cent cinquante ans. Parmi les peuples sujets des Aztèques il en était un, le peuple Toi lègue qui pendant cinq siècles environ avait lui-même dominé rAnahuac. Ce peuple avait eu une brillante civilisation dont témoiernent encore aujourd'hui des ruines imposantes, temples et palais, et. cette civilisation avait peu à peu conquis les Aztèques destructeurs de la puissance toltèque.
Les Aztèques étaient divisés en castes : prêtres, seis^neurs, marchands, cultivateurs.
Le souverain — les Espag-nols l'appelèrent l'empereur, — était absolu. Des g-ouverneurs. les « caciques ».
administraient en son nom les provinces, qu'un service de courriers reliait à la capitale. Ce qui frappa sur
Indikn ]>v .Mexique. — March.\nd de p.wiers Photographie E. Vigneaux.
Les descendants des peuples qui occupaient le Mexique à l'arrivée de Fernand Cor te:. Aztèques, Toltêques, etc., forment aujourd'hui le gros de la population de l'Amérique centrale. La ressemtr^,^f Iac Vcnaô-nnlQ rp tlance est frappanteentrece marchand de paniers, LOUL leb cbpd^iiuis Lc ^,,o/o?rj/'/i/e tiier dans une rue de Me.xico et le fut la belle ordonnance masque de pierre de Teotihuacan, vieu.x de cinq des villes Elles leur siècles au moins. Sous le chapeau de paille et sous l'antique coiffure a bandelettes, les yeux, les pommettes saillantes, le nez, la bouche longue et large, les lèvres épaisses, la physionomie sont les mêmes.
parurent supérieures à beaucoup de villes d'Espagne . Fernand
Cortez. dansune lettre à l'empereur Charles-Quint, décrivait avec admiration, la capitale des Aztèques, .Mexico, dressée au milieu de son lac avec sa ceinture de jardins flottants; ses grandes et belles maisons ornées de parterres de fleurs, ses palais, ses temples surmontés de pyramides « aussi élevées que la tour de la cathédrale de Séville, toutes solidement bâties en pierre de taille, avec des charpentes bien assemblées et peintes ». « Nous
voyons tous les jours des choses si surprenantes, écrivait-il, qu'à peine pouvons-nous en croire nos propres yeux. La ville est aussi grande que Séville et Cordoue : les rues principales sont très larges et très droites.
11 y a plusieurs g-randes places qui servent de marché. Il y en a une entre autres plus g-rande que la ville de Salamanque. entourée de portiques. Il y a des herboristes chez qui l'on vend toutes sortes de plantes et d'herbes médicinales; des pharmaciens chez qui l'on se procure des médecines toutes prêtes à prendre: des barbiers chez lesquels on rase la barbe et les cheveux: des restaurateurs qui donnent à boire et à mang-er. » .\ vrai dire la civilisation mexicaine était plus surprenante qu"admirable: les monuments, faits de matériaux mal assemblés, s'ils rappelaient, par leurs formes de pyramides et leurs terrasses superposées, l'Ég-ypte et TAssyrie, n'en étaient pas moins d'un art assez g-rossier. D'autre part la religion était féroce. Les Bas-kelief MEXICAIN ^^'^^"-^ vouiaient des victimes
Photographie.
La photographie de ce tas-relief pteSijiie caricatural fait tien saisir tout ce qu'il y avait d'imparfait dans l'art mexicain. Les pierres ne sont pas dressées avec soin et, quoique destinées à être couvertes d'un seul tas-relief, elles ont été, surtout les deux pierres inférieures, très grossièrement assemtlées. ('e personnage, un guerrier à longue tarticlie — presque le « touc » tradilionnel de l'Américain du Nord dans les caricatures contemporaines — est coiffé d'un casque qui couvre les oreilles et que surmonte une couronne de plumes, avec panache retombant en arrière jusqu'à hauteur des épaules. Il est chaussé de bottes. Les plis d'une sorte de manteau descendent jusqu'à ses talons, ('e tas-relief forme le montant d'une porte dans un temple de Chichen Itza, une ville en ruines, dans le Yucatan. Il est d'art toltéque^
humaines, par centaines, par milliers, viniit mille à la dédicace d'un temple en 1480. Étendue sur une pierre, maintenue par quatre prêtres, la victime était ouverte d'un coup de couteau » comme une g-renade » et le cœur arraché de la poitrine était jeté à la face des idoles. Pendant les premiers jours de chaque mois, en vertu d'un traité solennel datant de 14.53, les g'ens de .Mexico et certains de leurs voisins se faisaient réo-ulièrement la guerre, à seule fin de se procurer des « victimes grasses et en bon état ».
La conquête du Mexique, un empire quatre foisg-rand CONQUETE comme notre France, fut faite en quatre années. Com-
DU MEXIQUE . - 11 ■. •* u - - irn <■ f
„ mencee en i.tiq, elle était achevée en 1.322. Lue tut
CORTEZ j r V /^' ,
1 œuvre de Fernand ( ortez.
P^ernand Cortez, de famille noble, était né à Salamanque. Il avait commencé des études de droit quand, à dix-neuf ans, le goût des aventures le Ht s'embarquer pour Saint-Doming-ue (lôoq). Il prit part à diverses expéditions, entre autres à la conquête de Cuba (i.5ii). Il avait trente-quatre ans, lorsque le gouverneur de Cuba, ^'elasquez. le chargea de préparer une expédition pour le continent.
En avril i.5ic). Fernand Cortez débarquait avec six cent soixante hommes sur la côte du Mexique et créait un poste fortifié qu'il appela Villa Rica de la Vcra Cru:. « Mlle Riche de la \'raie-Croix ». Cinq mois plus tard, en août, avec trois cents fantassins, dont treize arquebusiers, quinze cavaliers et dix pièces d'artillerie, il se mit en marche sur Mexico; il y arriva en octobre. L'empereur Montezuma, un souverain « qui avait chaque matin plus de six cents seigneurs à sa cour », n'ayant pu arrêter la marche de Cortez, le reçut en ami. Six jours après, sous prétexte que quelques Espag-nols avaient été assaillis par des Mexicains, Cortez, accompagné d'une poignée d'hommes, se rendit au palais de Montezuma, le fit prisonnier et l'emmena dans son cantonnement. Ce coup d'audace lui permit d'organiser une sorte de protectorat, et pendant près d'un an. l'empereur dans sa main lui servit à gouverner facilement le .Mexique.
En juin i.52o, pendant une absence de Cortez, la cupidité d'un de ses lieutenants, qui fit assassiner au milieu d'une fête, pour leur voler leurs bijoux, plusieurs centaines de seigneurs aztèques venus sans armes, provoqua un soulèvement formidable. Cortez, revenu en hâte, ne put empêcher un désastre.
■2-;i> HISTOIRE .MODERNE.
.Montezuma. qu'il v(juiul employer à calmer les .Vztèques. fut tué par eux. Après une bataille de rues qui dura plusieurs jours, san<rlante et acharnée au point que, d'après C'ortez. « il n"v avait plus un cavalier en état d'alloniier le bras, plus un fantassin qui pût se remuer », il fallut de nuit évacuer Mexico. Des centaines d'Espagnols périrent sur l'une des chaussées qui traversaient le lac. Cortez ne put venger ce désastre qu'un an plus tard. Il prit ^lexico d'assaut à la suite d'un long siège (\3 août 1021). Dès lors l'empire .Mexicain, auquel on donna le nom de Xouvelle Espagne, fut facilement soumis. Cortez, nommé par Charles-Quint g-ouverneur et capitaine général, poursuivit la conquête. Elle était achevée depuis la presqu'île de Californie jusqu'à l'isthme de Darien. quand Cortez rentra en Espay-ne, en i52!î.