‹ Histoire moderne; rédigé conformént aux programmes officiels du 31 Mai 1902. Classe de seconde A B C DChapitre 105 sur 118 · DE CORTEZ · texte numérisé non relu

DE CORTEZ

tames d hommes — dont disposait Cortez. .Mais il faut remarquer que Cortez fut favorisé par le;-: circonstances. L'empire de .Montezuma, très étendu, était en réalité très faible parce qu'il n'était pas homogène. Il avait été constitué par la guerre: il était formé dépopulations de races différentes, récemment soumises par les Aztèques, après de longrues luttes. Toutes proportions gardées, c'était une sorte d'empire Perse, au moment oîi Darius attaqua les Grecs. Les populations vaincues supportaient avec peine le joug très lourd du vainqueur. D'autre part des prophéties, que Montezuma connaissait aussi, promettaient aux vaincus un libérateur envoyé des dieux et qui viendrait de l'est. Cortez, avec ses chevaux, animaux inconnus par conséquent fantastiques pour les .Mexicains, avec ses canons et ses arquebuses, des tonnerres portatifs, apparut à tous comme l'envoyé céleste. < Il trouva, a-t-on dit. les vaincus prêts au soulèvement et le vainqueur dans une attente pleine d'épouvante. » Cependant, chevaux, canons et arquebuses n'épouvantèrent pas longtemps les .\ztèques. Ils eurent vite fait de reconnaître dans les Européens des hommes. Très braves, ayant le nombre, bien armés de lances et de flèches à pointes de cuivre qu'une trempe spéciale rendait aussi dur que l'acier, ils eussent Hnalement accablé les Espag^nols, si les Espag^nols eussent été seuls. .^Lais Cortez trouva des alliés dans les sujets révoltés des

LES Dl-:COrVF.RTP:S MARITIMES.

Fernand Cortez (1435-15471.

D'après un portrait conservé à Madrid.

Photographie Lacoste.

Feriun.j (.inicc avait trente-quatre ans lorsqu'il entreprit la coiLiiiete Jii Mexique. Dans ce portrait, d'auteur inconnu, la longue figure qu'encadre étrangement la dentelle de la fraise, est d'une Lideur si caractéristique que la ressemblance parait certaine. Le ne:, long et gros du tout, tombe sur une touche aux lèvres épaisses; les oreilles sont largement détachées de la tête, les yeux ronds sous des sourcils très arqués. Il y a dans la physionomie un bel air de résolution. Par son énergie et son audace Corte: est le type le plus parfait des Conquistadores, les conquérants de l'Amérique. Intéressant costume de gentilhomme au début du seiciime siècle : pourpoint soutaché, dessinant la taille, col très montant, dentelles aux poignets; haut-de-chausse bouffant sur les cuisses; gants dans la main droite; chapeau haut de forme, avec cocarde retenant le ruban très large. Sur la table une pendule.

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Aztèques et dut son succès surtout à leur constant appui. Dès la première marche sur .Mexico ils lui avaient fourni 7000 hommes ; ils ne cessèrent jusqu'à la fin de le ravitailler et de lui fournir par milliers des auxiliaires.

Dix années environ après la prise de Mexico les LE PÉROU Espag-nols commençaient la conquête du Pérou.

Le Pérou, beaucoup plus étendu quïl n'est aujourd'hui, se développait le long- du Pacifique et sur les montagnes des Andes, en sorte qu'il comprenait les territoires actuels de l'Equateur, du Pérou, de la Bolivie et une partie du Chili. Il formait un empire dont le souverain, llnca, exerçait sur le peuple, les Quichuas, un despotisme patriarcal. Descendant du dieu Soleil, il était à ce tirre maître de tout ce qui se trouvait dans l'empire, terre, mines, récoltes, maisons, habitants. Par suite c'était lui qui par ses fonctionnaires répartissait entre ses sujets tous les produits nécessaires à l'existence depuis les grains pour les semailles, et les fruits du sol, jusqu'aux étoffes tissées dans les manufactures. Le Pérou était un empire collectiviste. Pour gouverner plus facilement cet empire immense et couvert de montag-nes qui sont parmi les plus hautes du g-lobe, les Incas avaient construit un réseau complet de bonnes routes, entretenues avec soin, dont les quatre principales partaient de la capitale Ciizco. une ville de soixante mille habitants, dont le nom sig-nifiait le « Centre ».

Le despotisme collectiviste ne paraissant pas oppressif aux Péruviens, g^enssans initiative, d'humeur paisible et douce, agriculteurs remarquables qui, dans leurs champs savamment irrigués, cultivaient surtout le maïs et la pomme de terre. Leurs monuments étaient bâtis d'énormes blocs de pierre soigneusement polis et joints sans ciment. La décoration intérieure était faite de métaux précieux, l'or et l'argent se trouvant en quantités énormes dans le pays. De cette décoration, plaques d'or couvrant les murs, corniches massives soutenant les plafonds, statues, fleurs, animaux, d'un art très réaliste, la cupidité des Espag^nols n'a presque rien laissé subsister.

Uabondance des métaux précieux au Pérou était CONQUÊTE connue jusque dans l'Amérique centrale : on y fai- DU PÉROU sait, sur ce pays de l'or, des récits merveilleux qu'entendirent les Espagnols établis à l'isthme de Panama. Deux d'entre eux, vieux coureurs d'aventures, l'un ayant cin-

LES DKCUrVEinES MARITIMES.

qiianteans, l'autre soixante, François Piz^irre. un ancien porcher, Almjgro un entant trouvé, tous deux à peu près illettrés, s'associèrent pour tenter la conquête du F^érou.

C'était en 1024, il y avait trois ans que Cortez était détinitivement maître de Mexico. .Mais Pizarre et Almagro ne purent mettre a exécution leur dessein que huit ans plus tard.

En 1.5.32, François Pizarre débarquait au Pérou avec environ cent soixantedix hommes et soixantedix chevaux. Pas d'autres armes à feu que trois arquebuses. Précisément alors une querelle dynastique mettait aux prises rinca Atahualpa et son frère aîné qu'il avait dépossédé. Les troubles et

Maigre l'horritle consommalion d'indigènes qu'a entraince le travail force dans les mines, imposé far les Espagnols aux Indiens, la race des liatitan s primitifs a survécu au Pérou et dans toute la région des Andes. Cet indigène accroupi, ser rant dans ses mains arc et flèches, vêtu d'un pantalon et d'une ample tunique à bordure de couleur, donne le type exact des Indiens que rencontra Pizarre. Il y a dans, les traits, le nez épaté, les pommelles saillantes, les yeux Ivides, les cheveux plats, une ressemtlancc frappante avec le type Mongol. La peau est cuivrée. ■— Les Péruviens au temps de la conquête par Pizarre étaient d'humeur pacifique et douce.

Un Périvien. — Photographie.

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les divisions résultant de cette querelle dynastique facilitèreni le succès de Pizarre. Quand il s'enfonça dans Tintérieur ;' trouva partout un accueil amical. Les Andes franchies, i arriva, le i5 novembre 1.532, devant le camp d'Atahualpa. Ll lendemain Atahualpa. invité à visiter les cantonnements esp;i <;-nols. s"yrendit sans armes et sans escorte : il ytomba dans ui liuet-apens.

Au cours de la visite, un prêtre, qui accompagnait Pizarre tendit à Tlnca une Bible en lui disant qu'il devait croire tout cl que disait ce livre. Atahualpa approcha le livre de son oreille n'entendant rien il le jeta à terre. Les Espagnols, criant au sacn lège, se jetèrent aussitôt sur lui et le firent prisonnier. Pour obtenir sa liberté, il offrit de payer une énorme rançon. Les Espagnols acceptèrent l'offre : ils se tirent livrer deux cents charg-es de plaques d'or et le double de plaques d'arg:ent enlevées aux murs des temples de Cuzco. Quand la rançon eut été payée, non seulement les Espagnols ne remirent pas l'Inca en liberté, mais ils l'accusèrent de conspirer contre eux et de préparer en secret un soulèvement. Ils lui firent son procès pour trahison et le condamnèrent à être brûlé vif. Comme il consentit à recevoir le baptême, on lui fit la grâce de l'étrangler avant de le brûler. Après quoi les Espag^nols prirent son deuil et récitèrent des prières pour le repos de son âme (avril 1.5.33'.

Peu après des renforts lui étant arrivés conduits par Almagrro, Pizarre marcha sur Cuzco et put l'occuper après quelques petits combats (20 novembre i533;. En i535 le Pérou était à peu près soumis ; Pizarre lui donna une nouvelle capitale en fondant Lima.

ALiis alors Pizarre etAlmagro se brouillèrent. A leur demande Charles-Quint leur avait partag:é le g"ouvernement de l'ancien empire péruvien. Il avait attribué à Pizarre les pays du nord, le Pérou d'aujourd'hui: à Almagfro, les pays du sud, le Chili actuel. Chacun d'eux cherchant à étendre les limites de son g^ouvernement au détriment de l'autre, ils en vinrent aux mains. AlmagTO. fait prisonnier par Pizarre, fut étrang-Ié (i538). Ses anciens soldats vengèrent sa mort en assassinant Pizarre (1541). Ces querelles sang-lantes continuèrent entre un fils d'Almagroet les frères de Pizarre : elles ne prirent fin que le jour où Charles-Quini plaça le Pérou sous son autorité directe et y envoya un gouverneur (1.547).

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