L'ITALIE
Depuis la chute de l'empire romain jusqu'à la dernière L'ITALIE moitié du di.x-neuvième siècle, l'Italie ne fut jamais
AU x- SIÈCLE qu'une expression géographique : au Moyen Age et pendant les Temps .Modernes il n'y eut pas plus d'État italien qu'il n'y avait eu d'État grec dans l'Antiquité.
A. MALET. — Histoire moderne. 3
Au moment du traité de Verdun. l'Italie était divisée en quatre tronçons : au sud, la Sicile et les possessions de V Empire d'Orient: au centre, les États de l'Église; au nord, le royaume d'Italie, attribué à Lothaire.
La Sicile était en passe de tomber au pouvoir des Musulmans d'Afrique qui y avaient débarqué en 827 : elle devait, sous leur domination qui dura plus de deux siècles (827-1090), devenir un brillant foyer de civilisation sarrasine. Les possessions de l'Empire d'Orient, derniers débris de l'ancien empire en Italie, étaient réduites aux deux pointes extrêmes de la péninsule, la Calabre et la Fouille. Les États de l'Église, constitués depuis moins d'un siècle au profit des papes par les donations des rois Francs. Pépin le Bref et Charlemag-ne (755-774) formaient une étroite bande de terrain, allong-ée de la mer Tyrrhénienne à l'Adriatique, et de l'embouchure du Tibre au delta du Pô.
Le royaume d'Italie était le plus étendu des quatre États. On l'appelait le plus souvent le royaume des Lombards parce qu'il comprenait à peu près tous les territoires qui. du sixième au huitième siècle, avaient été soumis à la domination lombarde. Ces territoires, depuis qu'avaient été constitués les États de l'Éirlise, n'étaient pas d'un seul tenant : c'étaient, au nord, la Lombardie proprement dite, c'est-à-dire la plaine du Pô et la vallée de l'Arno, la future Toscane; au sud, entre les États de l'Eg-lise et les possessions byzantines, les duchés de Spolète et de Bénévent. .
trviFiCATiON ^^ dixième au quinzième siècle la carte politique de
DE L'ITALIE lltalie fut profondément modifiée. Il y eut deux
MÉRIDIONALE transformations essentielles. D'abord l'Italie du sud
fut unifiée. D'autre part le royaume des Lombards
passé nominalement sous l'autorité des rois de Germanie, se
démembra et donna naissance à de nombreuses républiques
urbaines.
L'unité de l'Italie du sud fut réalisée au onzième siècle par des Normands français. Les fils d'un pauvre seigneur du Cotentin, Tancrède de Hauteville, venus pour chercher fortune au service des Grecs alors en guerre avec les Musulmans de Sicile, commencèrent en 1040 à travailler pour leur propre compte, en s'emparant de la Pouille. Ce fut le premier épisode d'une conquête poursuivie méthodiquement pendant quarante ans, et qui fit passer aux mains des Normands, outre les anciennes possessions byzantines.
FOK.MAHO.N lERKlTaUlALE 1)K^ LIAIS. Wj
la partie méridionale du royaume lombard, c'est-à-dire les duchés de Spolète et de Bénévent (1040-1080). L'IOtat ainsi formé s'appela par la suite le royaume de IWaples.
L Italie av dixième siècle.
D'autre part, les Normands avaient dans le même temps enlevé la Sicile aux Musulmans (io58-ioqo). La Sicile et Naples, réunis sous un même chef au treizième siècle, formèrent sous le nom de royaume des Deux Siciles l'un des États les mieux organisés, les plus sag-ement administrés et les plus prospères du Moyen Age. Par suite de mariages, le royaume normand des Deux Siciles passa aux descendants de Tempereur Frédéric Barberousse, et sa possession devint, au treizième siècle, au temps de Frédéric II, la cause principale de la lutte entre les papes et l'empereur. Les papes vainqueurs attribuèrent la couronne, vacante par l'extinc-
tion delà famille de Frédéric II, à Tun des frères de Saint Louis, Charles tf Anjou (1266). Peu après, la Sicile s'insurg^ea contre la dynastie française, et au lendemain du massacre dit des « Vêpres Siciliennes ». elle se sépara du royaume de Xaples pour se donner à un prince espag"nol, Pierre, roi d'Arag-on (1282). Celui-ci fut le fondateur d'une dynastie dont un représentant, Alphonse ^', cent soixante ans plus tard, vers le milieu du quinzième siècle, enleva Naples à l'héritier français René d'Anjou, et réunit ainsi sur sa tête les trois couronnes de Xaples, de Sicile et d'Arag-on (1442). A la fin du siècle, l'héritagre d'Alphonse V fut partagé entre ses deux fils. La Sicile, de nouveau séparée de Xaples. entra dans le lot du roi d'Aragon Ferdinand.
r.TA,,T:.,,Dt>r-MfvT Tandis que la dvnastie Xormande unifiait l'Italie du