‹ Histoire moderne; rédigé conformént aux programmes officiels du 31 Mai 1902. Classe de seconde A B C DChapitre 18 sur 118 · I-OKMATION li:i<Rri'()KlALI-; DES i:i A TS · texte numérisé non relu

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hommes valides, les nobles à cheval, les bour^coi^ a (ned, mettaient les villes à même de défendre leur indépendance.

Au milieu du douzième siècle, l'empereur Frédéric HarberoLisse essaya bien de restaurer l'autorité royale en Italie. .\près avoir fait proclamer à la diète de Roncaglia (ii.%), près de Plaisance, que « sa volonté était la loi i-, il réussit un moment à établir dans chacune des villes un iiouverneur ou podcsLil. chargé d'administrer en son nom. Mais bientôt les villes soulevées formèrent avec l'appui du pape la Ligue Lombarde (1167), et victorieuses, à Legmano, après une lutte de dix années (1 174), elles hrent reconnaître à la paix de Constance leur autonomie. Le titre de roi d'Italie ne fut plus désormais qu'un vain titre. Le nom même de royaume d'Italie finit par tomber en désuétude, après qu'au treizième siècle les villes du nord, une seconde fois réunies en Lig-ue Lombarde (1226). eurent aidé les papes à accabler l'empereur Frédéric II (u-jy.).

A partir de la seconde moitié du treizième siècle et

FORMATION

dans le cours du quatorzième siècle, une transforma- PRiN'ciPAUTÉs ^*°" nouvelle s'opéra dans l'ancien royaume d'Italie. ITALIENNES ^^^ républiques urbaines furent chang'ées en seigneuries: quelques-unes se soumirent leurs voisines plus faibles et devinrent les capitales de véritables États. La transformation s'opéra dans les conditions suivantes.

Au temps des luttes des papes et des empereurs, toutes les villes, et dans chacune des villes tous les habitants n'avaient pas pris parti pour les papes. Les empereurs avaient eu leurs fidèles, les Gibelins, qui avaient combattu ardemment les Guelfes, partisans des papes. Les luttes à l'intérieur des villes se terminaient rég-ulièrement par le massacre ou le bannissement en masse du parti vaincu. Ces luttes se poursuivirent, passées les circonstances qui les avaient fait naître, et long-temps après que les papes eurent triomphé des empereurs, Guelfes et Gibelins, — ces noms ne désig-nant plus réellement que les démocrates et les aristocrates, — continuaient combats et proscriptions. A la long'ue ces désordres permanents lassèrent la majorité des habitants : ils en vinrent à désirer un gouvernement fort qui leur assurât la paix, fût-ce au prix de la liberté. Un pareil état d'esprit permit presque partout à des hommes hardis de s'emparer du pouvoir, de se faire reconnaître comme seig-neurs et de transformer les républiques en petites monarchies héréditaires.

Ainsi procédèrent à .Milan en 127--, les Visconli. LE DUCHÉ Maîtres de Milan, ils soumirent les républiques voi- DE MILAN sines. A la fin du quatorzième siècle (iSgS). Tun d'eux, Jean Galcjs se fit donner par l'Empereur le titre de duc. et le duché de Milan compta parmi les États les plus importants sortis du démembrement du royaume d'Italie. Au quinzième siècle le duché passa des Msconti. dont la descendance venait de s'éteindre, à un condottiere Lz/ior/r Sforza.

Deux autres grands États furent constitués par deux FLORENCE républiques. Florence et Venise. ET LA toscant: Florence était une ville de la marche de Toscane.

Elle avait été des premières au douzième siècle, à s'organiser en république. Elle était administrée par les chefs des corporations formant un Conseil appelé la Se/.ir«ez//-/e. et pa^" un magistrat suprême, le gonfalonier de justice. Dans aucune autre cité les luttes entre Guelfes et Gibelins ne furent aussi violentes au treizième siècle. Cependant les querelles inte'stines n'empêchèrent point le développement de la fortune générale. La fabrication des draps de luxe et le commerce de l'argent — les Florentins, sous le nom de Lombards, pratiquaientla banque jusqu'à Paris — enrichirent prodigieusement Florence et lui permirent d'acquérir une grande puissance politique. Au quatorzième siècle, en Italie, comme en France à la même époque, on trouvait des aventuriers, propriétaires de bandes armées, lescondollières. entrepreneurs de guerre, prêts à servir qui les payait. Les Florentins prirent à leur solde quelques-uns de ces aventuriers et purent ainsi se soumettre, à partir de 1384. les villes de la Toscane. La conquête la plus importante fut celle de P/se (140Ô) qui longtemps l'avait emporté de beaucoup sur Florence. Pise s'était mêmetrouvée, au cinquième siècle, souveraine d'un petit empire sur la mer Tyrrhénienne. y possédant la Corse et la Sardaigne. \'aincue elle ne fut plus que le port de Florence. Peu après s'être soumis la Toscane, Florence tombait à son tour sous la domination de l'un des siens, le banquier Cosme de Médicis (1434-1464), domination fort douce et toute morale d'ailleurs, et qui valut à celui qui l'exerça le glorieux surnom de Père de h Patrie.

Venise n'avait pas fait partie du royaume d'Italie.

VENISE Construite au milieu des lagunes de l'Adriatique elle

avait trouvé dans cette position presqu'inexpugnable

la garantie de son indépendance. A la différence des autres cités

italiennes, Venise ne fut point troublée par les rivalités de partis et sut échapper aux guerres civiles. République de marchands, elle eut cependant un gouvernement aristocratique. Seuls participaient à la gestion des affaires de l'État ceux qui étaient inscrits au Livred'Or, le registre des plus anciennes familles commerçantes.

L'Italie av quinzième siècle.

Le chef du gouvernement fut dabord le doge ou duc, élu à vie, Mais, très méfiante, l'aristocratie vénitienne limita peu à peu les pouvoirs du doge. Au quinzième siècle, il n'était plus qu'un personnage d'apparat et le gouvernement appartenait en réalité à des Conseils, dont le plus célèbre, le Conseil des Dix, avait une autorité à peu près absolue.

Le commerce des produits de l'Orient, spécialement le commerce des épices, puis au temps des Croisades, l'industrie des transports par mer, firent de Venise la cité la plus riche du monde méditerranéen, et l'on appelait les Vénitiens « les sei-

4o HISTOIRE MODERNE.

Lrneurs de l'or de toute la Chrétienté ». A leur puissance d'arg"ent s'ajoutait une force navale sans rivale en Europe. Ils eurent jusqu'à trois mille trois cents navires avec plus de 36ooo marins, l'effectif des équipages de guerre allemands aujourd'hui. L'arsenal de Venise ne comptait pas moins de 16000 ouvriers, et l'on y pouvait monter et mettre à flot une galère en un jour.

De bonne heure Venise avait cherché à se constituer un empire sur l'Adriatique. Du dixième au quinzième siècle elle avait conquis presque toute la côte orientale jusqu'au golfe de Corinthe. c'est-à-dire le littoral de VIstrie et la Dalmjtie, possessions actuelles de l'Autriche, et partie de la côte d'Albanie, possession turque aujourd'hui. D'autre part, en 1204. pour avoir aidé les aventuriers de la quatrième Croisade à s'emparer de Constantinople. les \'énitiens s'étaient attribué de nombreuses terres dans V Archipel et la grande île de Crète. Enfin, dans les dernières années du quatorzième siècle, ils avaient tourné leurs ambitions vers l'Italie, et en soixante ans (1388-1448) ils avaient conquis tout le territoire d'une des anciennes marches du royaume lombard, la marche de Vérone. Ce fut ce qu'on appela les États de terre ferme ou la Vénétîe : elle s'étendait du Pô aux Alpes et touchait à l'ouest au .Milanais. Le quinzième siècle finissant ajouta encore aux possessions de Venise, l'île de Chypre, que sa dernière reine, une ^'énitienne, donna par testament à sa patrie (1489).

L'Italie du nord comprenait encore d'autres États : telle, au sud de l'Apennin, le long de la mer, la DU ' république de Gênes qui, au treizième et au quator-

XV' SIÈCLE ■ zième siècles, avait été la rivale souvent heureuse de Pise et de Venise; tel, à ta lisière des Alpes, le Piémont, possession du duc de Savoie. -Mais c'étaient là des États secondaires: le royaume de Sicile, le royaume de Naples. les États de l'Église, Florence. Venise, le duché de Milan faisaient seuls figure de grands États.

L'Italie ainsi morcelée était donc comme une autre Allemagne, mais sans même le semblant de lien qu'était l'Empereur entre les États allemands. Les États italiens, jaloux les uns des autres, se surveillant étroitement, étaient toujours prêts à se nuire et à se coaliser contre l'un d'eux. Cependant l'esprit guerrier était mort chez tous : il n'existait nulle part d'armées nationales: les milices même avaient à peu près partout disparu. Amollis par la richesse, redoutant la guerre et ses risques, les

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Italiens, pleins de mépris pour le métier des armes, sen remettaient du soin de combattre aux condottières. Ils se trouvaient ainsi hors d'état de se défendre, à l'heure même où des voisins ambitieux et entreprenants, rois de France et rois espap:nols. allaient trouver dans des questions de succession le prétexte pour pousser leurs armées en Italie.

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