E L'AUTORITÉ
DESTRLCTiON pouvoir souverain en Allemai^ne fut précisément
IMPÉRIALE l'^^t-^qiiisition de la couronne impériale par Olton. Pendant les onzième, douzième et treizième siècles, les rois de Germanie prirent au sérieux leur titre d'empereur : ils eurent l'ambition, sinon de g-ouverner le monde, du moins de régner réellement sur l'Italie. Cela commença avec le Franconien Henri IV (10.56-1104). Prétendant traiter le pape comme un lieutenant spirituel, révocable à sa volonté, il s'engagea à propos de la nomination des évêques dans un terrible conflit avec le pape Grégoire VII (1076). Ce fut la Querelle des Investitures *, premier épisode de ce qu'on a appelé la lutte du Sacerdoce et de l" Empire. Dans cette lutte contre les plus remarquables des papes* s'épuisèrent, au douzième et au treizième siècle, les plus remarquables des empereurs, deux princes Souabes, Frédéric I" Barberousse ( i i52-i 190) et son petit-frls Frédéric II (i2i8-i25o). Les défaites que les empereurs subirent en Italie eurent naturellement leur contre-coup en Allemagne. Des soulèvements d'une partie de la noblesse, des défections de puissants seigneurs qui aspiraient pour eux-mêmes à la couronne — tel Henri Welf le Lion au temps de Frédéric \" — répondirent aux événements d'au delà des Alpes. Frédéric Barberousse fut encore assez fort pour châtier les rebelles, et contraindre ses vassaux à remplir fidèlement leurs obligations. Mais Frédéric II dut concéder à tous les seigneurs laïcs et ecclésiastiques le « dominium terrœ », la souveraineté sur leurs terres, et les reconnaître en droit, ce qu'ils étaient en fait depuis longtemps, rois dans leurs domaines ( i23i).
Ainsi les seigneurs se trouvèrent à la mort de Fré-
LE GRAND déric II les maîtres de l'Allemagne. Ils en profi-
INTERRÈGNE tèrent pour vendre la couronne aux enchères. Les
acquéreurs, un Anglais, un Espagnol, ne vinrent
même pas en prendre possession, et pendant vingt-trois ans
(1250-1273) l'Allemagne n'eut pas de souverain; c'est ce qu'on
appelle le Grand Interrègne. Alors toute trace d'État allemand
disparut. Chacun, grand ou petit, duc ou chevalier, archevêque
ou abbé, tâcha de se rendre indépendant. Il n'y eut plus ni
ordre, ni droit, ni justice; on ne connut plus que le Faustrecht,
!. Voir ci-dessous, page 122.