LA PAPAUTÉ ET L'EMPIRE
LA THÉORIE DES POUVOIRS PONTIFICAL ET IMPÉRIAL GRÉGOIRE VII. lyyOCEST III, BO.MFACE VIII
Pendant tout le Moyen Age, et particulièrement du dixième au quinzième siècle, l'Église a tenu une place éminente et joué un rôle considérable dans la société et dans la politique.
Dans la société, en tous pays, le clergé, intermédiaire entre Dieu et les hommes, a occupé le premier rang. Au milieu des violences et souvent de l'anarchie, malgré les faiblesses de certains de ses membres et l'indignité de quelques-uns, il a représenté les principes d'ordre et d'autorité : il s'est efforcé d'adoucir la b. utalité des mœurs et de venir en aide aux faibles et aux humbles. Longtemps seul à être instruit, dirigeant les écoles, inspirant les artistes, il a été par excellence le ferment civilisateur.
En politique, les papes chefs de l'Église se sont efforces, du onzième au quatorzième siècle, d'ajouter à leur suprématie religieuse, la suprématie temporelle. Trois d'entre eux, Grégoire VII (lo-S-ioBô), Innocent III (1198-1216), Boniface Mil (i294-i3o3) ont prétendu régner sur les souverains comme les 'souverains régnaient sur les peuples. Ces prétentions à la suprématie politique se sont heurtées à de semblables prétentions chez les empereurs, à la volonté d'être indépendants chez les rois, surtout chez les rois de France. De là des conflits, dont le plus célèbre, connu sous le nom de Querelles du Sacerdoce et de r Empire, se prolongea pendant deux siècles, bouleversant l'Allemagne et l'Italie sous les empereurs Henri IV (io5o-iio6), Frédéric Barberousse (1 121-1 Kp) et Frédéric II (11Q4-1250). Le dernier de ces conflits eut pour acteurs le pape Boniface Mil et le
io6 HISTOIRE MODERNE.
roi de France Philippe le Bel et se termina par la ruine des prétentions pontificales.