DE L'ÉGLISE LES RÉGULIERS
Au Moyen Age. comme dès la fin de l'empire romain et comme aujourd'hui même, on distinguait dans l'Église deux clergés : le clergé régulier et le clergé séculier.
Le clergé régulier ou clergé monastique comprenait les clercs vivant en commun, sous une même règle— d'où leur nom — qui déterminait les conditions de leur existence et le détail de leur vie journalière : tels les soldats à la caserne.
Les maisons qu'habitaient les réguliers étaient appelées monastère on courent — ce dernier nom signifie « réunion ». On les appelait encore abbaye, du mot abbé tiré de « abba » qui veut dire « père ». mot employé pour désigner le chef du monastère. Les couvents où la même règle était en vigueur, ou, comme on disait, les maisons « de même observance » formaient un ordre. Toutefois ces couvents furent longtemps indépendants les uns des autres. .\ partir du onzième siècle ils se groupèrent, et se soumirent à la direction effective de certains d'entre eux. que l'on appela les couvents « chefs d'ordre » : ils formèrent ainsi des congn'gatio7is. Jusqu'au treizième siècle l'ordre principal fut l'ordre des Bénédictins: les congrégations les plus importantes furent celles de Cluny. de Cîteaux, de Clairvaux et des Chartreux.
L'ordre des Bénédictins fui l'ordre type. 11 avait éle LA RÈGLE fondé au sixième siècle, au temps des fils de Clovis MONASTIQUE en 529, au .Mont-Cassin en Italie, par un noble de rOmbrie, Benoît, en latin Benedictus : d'où le nom de l'ordre. La règle rédigée par saint Benoît donnait aux moines dans chaque monastère le droit d'élire leur chef, l'abbé. Par contre elle imposait à quiconque entrait dans une des maisons de l'ordre un triple devoir : Vobéissance entière à l'abbé. ]a pauvreté, le travail. Le moine ne devait personnellement rien posséder. Les fruits de son travail allaient au couxcnt, et chaque jour le moine