Voir ci-dessiis, paire iiS
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Alors, (.lans l'espoir de siircxcilcr en sa faveur le scnlimenl national et Tamour-propi-e de ses sujets, Henri IV répandit en Allemagne le bruit mcnsonf^cr que le pape, le traitant comme il eut pu faire d'un vassal, l'avait cité à comparaître devant lui à Komc sous menace d'excommunication, l'uis. au mois de jan- \iei' K170, il réunit à ^^'orms un concile, composé surtout d'évéques simoniaques et dont plusieurs étaient excommuniés. Le concile, à la demande de l'empereur, déclara Grét;oire MI indig-ne du pontificat et le déposa. Henri IV se hâta de communiquer la sentence au pape en ces termes ; « Henri, roi, non par usurpation, mais par la volonté de Dieu, à Hildebrand. désormais faux moine et non pape. Condamné par le jug'ementde nos évêques. descends, quitte la place que tu as usurpée. Que le sièi^e de saint Pierre soit occupé par un autre. Moi, Henri, roi par la trrâcc de Dieu, je te dis avec tous nos évêques : « Descends ! Descends ! »
Le pape présidait un synode dans l'éii'lisc de Sainl-jcan-dcl.atran, lorsque le messag'er d'Henri 1\' lui remit la lettre impériale. Dès qu'il en eut achevé la lecture, (Irégoire se leva, invoquant saint Pierre : « Pjienheureux Pierre, dit -il, comme ton représentant, j'ai reçu de Dieu le pouvoir de lier et de délier dans le ciel et sur la terre. Pour l'honneur et la défense de ton Ép;lise, au nom du Dieu Tout -puissant. Père, Fils et Saint-r^sprit, par ton pouvoir et ton autorité, je défends au roi Henri, qui s'est insurgé avec un oro-ueil inouï contre ton Éprlise, de g-ouverner l'Allemag-ne et l'Italie. Je délie tous les chrétiens du serment de fidélité qu'ils lui ont prêté ou lui prêteront: je défends que personne ne le serve comme on sert un roi. Je le charg-e d'anathèmes, afin que les peuples apprennent, ô Prince des apôtres, que tu es Pierre, et que sur cette pierre le fils du Dieu vivant a édifié son h'g'lise et que les portes de l'enfer ne prévaudront jamais contre elle. »
Ainsi, dans la double scène de Worms et de Saint-Jean-de- Latran, se trouvaient brusquement et violemment opposées les prétentions rivales du pape et de l'empereur à la suprématie. La question des investitures passait au second plan. Il s'aarissait non plus de savoir qui. du pape ou de l'empereur, nommerait les évêques, mais qui l'emporterait, de l'empereur s'attribuant le droit de déposer le chef de l'Ég-Iisc. ou du pape s'attribuant le droit de déposer le chef de l'empire.
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Ce fui le papcqui l'emporta. DèsqucronconnutcnAUc- CANOSSA maiiiie la sentence pontiticalc. la plupart desducs et des
seigneurs, prompts à saisir toute occasion d'affaiblir la puissance du souverain, se déclarèrent contre Henri IV. Ils lui sionifièrent que, s'il n'était pas réconcilié avec le pape dans un délai d'un an, ils lui nommeraient un successeur. Henri I\' partit pour l'Italie. A la Hn de janvier 1077, devant l'enceinte du château de Canossa, où Grégoire ^'ll s'était établi, l'empereur vint implorer le pardon du pape. Il dut l'attendre trois jours en costume de pénitent, pieds nus dans la nciL;c. L'humiliation ne pouvait être plus complète.
Huit ans plus tard. Henri l\' prit un moment sa CONCORDAT revanche. \'ainqucur en Allemai;ne cl en Italie, il DE WORMS s'empara de Rome et y établit un antipape, tandis
que Ciréi^oire ^"l 1 t'ui;iti fallait mourirà Salerne (ioH.t). Mais les successeurs de Gréi^oirc \'II continuèrent la lutte. Au plus fort du combat, l'iui des faits les plus extraordinaires de l'histoire, la première Croisade, fit éclater aux yeux de tous la puissance d'influence de la papauté sur le monde chrétien. A l'appel d'irbain II on vit de tous les I-^tats de l'Occident, les chrétiens par centaines de mille, abandonnant empereur et rois, courir à la délivrance du Saint-Sépulcre et de Jérusalem tombés au pouvoir des Turcs (logS-ioçq). Le succès de la première Croisade prépara la défaite finale d'Henri IV. Une révolte des seig-neurs allemands, encourag-ée par la papauté et dirii^-éc parle fils même d'Henri I\'. le contrait^-nit à abdiquer : il finit misérablement, sollicitant en vain une 'place de chantre à la cathédrale de Spire (iiohi.Cc ne fut cependant que sei/e ans après, par le Concordat de W'orms ( 1 122;. que la paix fut rétablie entre le pape et l'empereur. Le Concordat stipula qu'à l'avenir les évêques, en Allemagne et en Italie, seraient élus par le cleryé sans intervention de l'empereur. Par contre, les évèques n'entreraient en possession des terres de leurs évêchés qu'avec le consentement de l'empereur, qui leur en donnerait l'investiture. La solution était équitable puisqu'elle sauvegardait l'indépendance légitime de l'Lgiise et, d'autre part, la souveraineté territoriale des empereurs. .Mais le Concordat ne tranchait pas la question de principe : qui du pape ou de l'empereur était supérieur à l'autre, ~ et les deux adversaires restaient fermes chacun dans leurs prélentions.
i.'i-:(.i.isE.
('ANt'ihSA
Photoyiapliic SakUtior, L'omniuiiiqucc par rjlliisIr.Uioii.
f.c cli-îteaii de Canoss.i nu. en i.invier 1077, l'empereur Henri I]', dut s'Inniiilier IV an lie pape Grégoire \'II, .]ii'il avait prétendu déposer, est aujourd'hui en ruines. De sa triple enceinte, il sul\^isle seulement une tour démantelée, à la pointe d'un rocher, dressé comme une pyramide, au sommet d'un des contreforts :/ue l'Apennin projette vers la plaine du Pô. Prise aux jours anniversaires de la scène fameuse, cette photn'xraphic, avec les nappes de neige accrochées au.y arêtes de la montagne, permet d'imaginer l'étonnant spectacle de l'empereur, la rote de bure du pénitent au dos, pieds nus dans la neige, s'en allant par la rude montée, pres.jue al-andonné de tous, implorer le pardon du pape.
j.jC, HISTOIRE .MODERNE.
Ce fut au milieu du douzième siècle et par Frédéric
THEORIE Barberousse (ii52-iiço), le plus remarquable .des
DU POUVOIR souverains allemands du Moyen Age, que furent
at'Hrmées le plus nettement et dans les formules les
plus saisissantes les ambitions impériales et la théorie de la
toute-puissance de l'empereur.
L'empereur est l'héritier des Césars romains. Ses pouvoirs doivent donc être ceux-là mêmes que la loi romaine attribuait aux Césars. Or la loi romaine, telle qu'elle se trouve au Code Justinien. dont l'étude est précisément remise en honneur au douzième siècle, proclame que « tout ce qui plaît au Prince a force de loi ». La diète solennelle de Roncaglia'. où Frédéric Barberousse réunit ses vassaux afin de « remettre en pleine lumière les lois de l'empire tombées en désuétude », conclut ses séances par la déclaration suivante, adressée à l'empereur : « Tout pouvoir législatif du peuple t'appartient : ta volonté est le droit. »
D'autre part, la suprématie impériale s'exerce en toutes matières. L'empereur peut convoquer, Frédéric Barberousse con voque. « comme ont fait Constantin, Théodose. Justinien. » des assemblées ecclésiastiques, synodes ou conciles. Enfin, la suprématie impériale doit s'étendre partout où s'étendit la puissance de Rome, tout au moins dans l'Occident et le centre de^ l'Europe. L'empereur « commande aux royaumes et toutes les nations doivent l'adorer ». Les rois sont ses lieutenants, et les royaumes les « provinces » de son empire. Ces prétentions, qualifiées en l'rance « d'impudentes bouffonneries ». mais cependant admises par des souverains puissants comme le roi d'Angleterre Henri Plantagenet. Frédéric |Barberoussc les a résumées tout entières dans la devise qui charge le sceau impérial : « Rome capitale du monde est le frein du globe. »
En face de Frédéric liaiberousse le vote des cardi- ALEXANDRE III ^^.^^^^ ^.,^ ^^- j.^^..^ Roland Bandinelli, pape sous le
ET FREDERIC ' ■ > i i
,. ,T,T.^r.^T,^oT. ""m d'Alexandre 111. Deux ans auparavant, dans luie