CONCILE DE
p était ardemment desiree par tous les chrétiens, et
depuis près de vingt ans, on multipliait les efforts
pour y parvenir. L'initiative était venue de l'Université de Pa-
LliGLlSE. i'li
ris. la première et la plus illustre des Universités, une puissance morale dans l'Europe chrétienne et savante*. En i3g5, sur la proposition de trois de ses maîtres les plus réputés. Jean «ierson. Clémengis qui fut recteur, Pierre d'Ailly qui fut chancelier, elle avait ouvert une enquête générale sur les moyens de terminer le schisme-. Finalement il apparut que la réunion d'un concile était le seul moyen certamd"en finir. Réuni en 1409 à Pise, le concile déposa les deux papes de Rome et d'Avignon et leur nomma un successeur. .Mais les papes déposés et les souverains d'Espagne, d'Italie et d'Ecosse refusèrent de reconnaître ces décisions, en sorte que le concile de Pise. mettant les fidèles en face de trois papes, eut pour résultat daccroître encore la confusion, et facilita par contre coup les progrès de Ihérésie hussite.
On sortit de la crise par un nouveau concile. Il se CONCILE réunit à Constance, alors ville impériale, et siégea
DE r c
'ONSTANCE ^"^^^^ ^"^^ ^^ àtvax (novembre 1414, avril 1418). Au témoignage des contemporains on y vit accourir près de 18000 clercs de tout rang, et looooo laïcs. Pareille affluence dit assez avec quel intérêt passionné l'Europe entière attendait la solution des difficultés religieuses. L'empereur Sigismond vint lui-même résider à Constance.
Le concile essaya d'abord dobtenir l'abdication volontaire des trois papes. .Mais bientôt, certain qu'il n'obtiendrait rien par la persuasion, et fermement résolu d'en finir, le concile proclama que « représentant l'Église tout entière et constituant un concile universel, tout chrétien et même le pape, lui devait obéissance pour tout ce qui concerne la foi, l'extinction du schisme et la réforme générale de l'Église. » Cette déclaration résumait le programme en trois parties que le concile se traçait à lui-même : il n'en devait remplir que les deux premières.
La question de foi. c'est-à-dire l'affaire de l'hérésie fut réglée la première dans les conditions suivantes. Les doctrines de \\'icliffe et de Jean Huss. antérieurement condamnées par la papauté, furent condamnées de nouveau par le concile. Jean Huss s'était rendu à Constance pour s'y défendre. Bien qu'un sauf-conduit de l'empereur Sigismond lui garantit la liberté de rentrer en Bohême, il fut emprisonné contre toute bonne foi.