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de ses « Ordonnances » comme leur suprême justitication : « Tel est notre bon plaisir ».
Le même esprit despotique, mais avec plus de rudesse HENRI II et comme une sombre dureté, se retrouvait chez
Henri II, personnag-e froid et grave, d'intelligence étroite, de peu d'idées, obstiné par suite en celles qu'il avait. Aussi poursuivit-il systématiquement et sans merci les Réformés, plus encore que par zèle religieux, par sentiment qu'ils étaient des rebelles dès lors qu'ils prétendaient penser et prier autrement qu'il faisait lui-même. Au dehors il sut discerner les véritables intérêts du royaume. Dans la lutte contre la maison d'Autriche, renonçant à toute acquisition inutile du côté de l'Italie, il fit porter tout son effort sur la frontière de l'Est, en sorte qu'il laissa de ce côté la PYance agrandie des trois évêchés de Metz. Toul et Verdun.
Sous François I" et sous Henri II le caractère de la * ' monarchie française se transforma. Monarchie patriar-
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MOWRCHiE '-'^'^ ^^' temps de Louis XII, elle devint avec bran- FRANÇAISE Ç^is I" et Henri II une monarchie absolue. Selon la formule du droit impérial romain cher aux Légistes, ce qui plut au prince fut la loi. Le roi fut seul maître, et dans cette monarchie du « bon plaisir » les sujets n'eurent aucun moyen de limiter la volonté du souverain, ni de contrôler son gouvernement.
A l'établissement de la monarchie absolue correspondit une triple série de phénomènes.
Pour remplacer les pouvoirs locaux détruits par la monarchie parce qu'ils lui étaient suspects ou la gênaient, et pour assurer l'exécution des volontés royales il fallut augmenter le nombre des fonctionnaires, — on disait alors les ï officiers » royaux: — l'administration royale devint plus compliquée.
Par suite les dépenses d'Etat devinrent plus fortes, les besoins d'argent plus pressants; les questions et les difficultés financières prirent une importance de plus en plus grande.
Enfin des transformations s'opérèrent dans la Société. Le caractère de la Noblesse se modifia. Les nobles perdirent leur esprit d'indépendance; ils quittèrent leurs terres pour venir vivre à la cour autour du roi et de l'argent du roi. Ils cessèrent d'être des seigneurs souverains et devinrent des courtisans. De son côté, la Bourgeoisie grandit en influence. Elle fournit aux rois la
plupart de leurs officiers : la royauté gouverna par des bourgeois. Ceux d"entre eux qui occupèrent les fonctions les plus importantes furent anoblis. Il se forma de la sorte une Noblesse nouvelle, tirée de la bourgeoisie par la royauté, et qui dans la suite se confondit avec la Noblesse ancienne.
La transformation de la Société fut à la fois l'une LE DERNIER des conditions et l'une des conséquences de l'établis- DES FEODAUX sèment de la monarchie absolue.
A l'avènement de François I", de toutes les grandes maisons féodales il n"en restait qu'une seule capable de gêner l'action de l'autorité royale : c'était la maison de Bourbon. Son chef, Charles de Bourbon, prince du sang royal, descendant des Capétiens, marié à une petite-fille de Louis XI, possédait à peu près toute la France centrale, le Bourbonnais, l'Auvergne, la Marche, le Beaujolais*. Les services rendus dans les guerres d'Italie lui avaient mérité l'épée de connétable, c'est-à-dire le commandement en chef des armées. L'étendue et la richesse de ses domaines faisaient de lui un souverain. Il avait sa capitale, Moulins, sa cour, ses gardes, son gouvernement, ses juges. En i52i, sa femme étant morte, une partie de ses possessions lui fut contestée par Louise de Savoie, mère de François \". Le Parlement, chargé de trancher le différend, se prononça contre le connétable. Exaspéré, Charles de Bourbon négocia avec l'empereur Charles-Quint, prépara avec lui un démembrement de la France et, sur le point d'être arrêté, s'enfuit en Italie. A la tête d'une armée espagnole, il vint assiéger Marseille, tandis qu'il s'efforçait de provoquer un soulèvement parmi ses vassaux. Nul ne bougea. Ses biens confisqués furent annexés au domaine royal.
Charles de Bourbon fut le dernier des féodaux. Lui DELATRws disparu, il ne resta plus personne parmi les sei- F0RM\Ti()\ g'neurs qui pût essayer de résister au roi. DE LA NOBLESSE Petit fait significatif: le nom même de « seigneur » commence à faire place au mot « gentilhomme ». Loin de songer à résister, à s'enfermer sur leurs terres, à y vivre indépendants comme faisaient leurs ancêtres, les seigneurs les plus puissants ne songeaient qu'à se rapprocher du roi. à vivre dans son entourage, à sa cour.
Cette transformation eut trois causes principales.