LES MAISONS DE FRANCE ET D'AUTRICHE
y A la tin du quinzième siècle, dans l'Europe
LELROPE occidentale, trois États avant à peu près achevé l'œu-
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ressources importantes en hommes et en arguent, se trouvaient capables de pratiquer une politique d'expansion. C'étaient : la France où régnait Charles \'III, VAn^^lelerre avec Henri Vil Tudor. V Espagne avec les « rois » Ferdinand et Isabelle.
Dans V Europe centrale, V Empire allemand, malgré sa richesse et parce qu'il était morcelé en plusieurs centaines d'États, était incapable de toute action extérieure. II s'y trouvait cependant une maison puissante, la maison d'Autriche, dont le chef, Maximilien, était en même temps empereur. S"il n'avait pas fait entièrement sienne la devise de Frédéric III, son père « A. E. I. O. U. Austriœ est imperare orbi universo. A l'Autriche l'empire du monde, » — du moins ses ambitions le portaient à intervenir partout où il espérait g-apner quelque chose.
Dans VEurope méridionale, Vltalie était une seconde Allemag-ne. Divisée par les haines et les ambitions de ses princes et de ses républiques, — ainsi la haine du roi de Xaples, Alphonse II contre le duc de Milan, Ludovic Sforza, — amollie, incapable de se défendre sinon par des intrigues, prête à faire appel à l'étrang-er, elle était une proie tentante pour des voisins ambitieux.
Dans VEurope orientale, les Turcs, maîtres de Constantinople depuis 1453, avaient achevé la conquête de la péninsule des Balkans. Leurs souverains, les Sultans, disposant d'une excellente armée, surtout de la redoutable infanterie des Janissaires, pensaient à étendre leur empire vers la Hongrie et FEurope centrale.
LA POLITIQUE EUROPKENNE DE 1494 A i5.n;.
L'ElROPE OCCIDENTALE ET CENTR.\LE A LA FIN DU QUINZIÈME SIÈCLE.
De 1494, à i.SÔQ, pendant soixante-cinq ans. les États
LA POLITIQUE ^^ l'Europe occidentale ont été constamment sous les
EUROPÉENNE ^^^^gs Qq ^'est pas que pendant ces soixante-cinq ans
DE 1494 A 1559 ^^^ ^^^^^ se soient constamment battus. La paix et la
yuerre ont alterné par périodes presque d'égale durée, en sorte
que le total des années de paix équivaut à peu près au total des
années de guerre. Mais la paix ne fut jamais qu'une trêve,
chacun l'employant à refaire ses forces, à chercher des alliés, à
préparer la reprise des guerres.
Ces guerres répétées — on en compte douze — eurent pour cause première les prétentions des rois de France sur deux États italiens. Naples.pms le Milanais: les vues ambitieuses du
2iG HISTOIRE MODERNE.
roi d'Espagne sur Naples, et de l'Empereur sur le Milanais. Elles eurent longtemps pour théâtre principal l'Italie. Aussi les appelle-t-on souvent les guerres dUtalie. Mais à partir de i5i9, si l'Italie continua d'être un champ de bataille, du moins elle cessa d'être la cause vraie des guerres. On se battit non point pour Xaples et le Milanais, mais parce qu'il s'était formé dans TEurope, par les hasards des mariages et des successions, un État si puissant qu'il mettait en péril l'indépendance des autres États : c'est l'État de Charles-Quint, le chef de la maison d'Autriche. Dans la lutte contre cet État, comme dans les guerres d"Italie, les rois de France tinrent la première place : la Maison de France s'efforça de réduire la puissance excessive de la Maison d'Autriche. Mais à côté de la France, d'autres États intervinrent, les Princes allemands, la Turquie, l'Angleterre, en sorte que la lutte des maisons de France et d'Autriche fut en même temps une lutte européenne.
On peut donc distinguer deu\ périodes dans les guerres de 1494 à 1559 :
D'abord de 1494 à i5i9, la période des guerres d'Italie proprement dites:
Puis de i5i9 à i559, la lutte entre les maisons de France et d'Autriche.
Ces soixante cinq années de guerre correspondent en France aux règnes de Charles VIII, de Louis XII, de François I" et d'Henri II: en Espagne aux règnes de Ferdinand le Catholique, de Charles-Quint et de Philippe II ; en Allemagne aux règnes de Maximilien, de Charles-Quint et de Ferdinand I". Le souverain anglais le plus remarquable dans le même temps fut Henri VIII; le souverain turc, Soliman le Magnifique.