PREMIÈRE
nais : la canipa^ne commencée en 1490 fut achevée
CONQUETE , ■ T j .or ,• .
DU MiLAN\is *^" ^^^ mois. Ludovic "Sforza, livre par ses mercenaires suisses à Novare, fut conduit en France. On l'interna au château de Loches où il mourut (i5io). Louis Xll devait rester maitre du .Milanais pendant quatorze ans.
Louis XII voulut ensuite reprendre le royaume de SEC NDE Xaples. Craiijnant que Ferdinand d'Arai^on n'essayât
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de 1 arrêter et ne portât secours au roi de rsaples, Frédéric III, son cousin. Louis XII lui proposa de partager. Ferdinand, le prince le plus perfide de son temps, accepta : il fit entrer ses troupes dans Xaples sous prétexte de venir en aide à Frédéric III. En i.Soo, la conquête était faite. Ferdinand occupait laCalabre en face de la Sicile, et la Fouille: Louis XII prenait le titre de roi de Naples avec le reste du royaume.
.Mais alors, Ferdinand d'Aragon voulut avoir le royaume entier pour lui seul, et se mit en devoir de chasser les Français. En 1.504, grâce à un habile général, Gonzalve de Cordoue, il était arrivé à ses fins, et Louis ,XIL par une trêve signée à Blois, lui abandonna Xaples.
Les guerres d'Italie pouvaient finir là. Elles furent JULES II rallumées par le pape Jules II. Jules II fut l'une des
plus puissantes figures du seizième siècle. Il eut en tout, dans la politique, dans les arts, — on le verra plus loin. — le sentiment du grand. Bien qu'âgé de soixante-deu.x ans au moment de son élection, il avait et il conserva pendant les dix années de son pontificat (i.5o3-i5i3) la vivacité d'esprit, l'ardeur de passion. la fougue d'un jeune homme. II fut moins un prêtre quun politique et qu"un soldat. Lui même s'est peint au vif dans un mot à .Michel-Ange. Le grand sculpteur, auquel il avait commandé sa statue, l'avait représenté un livre à la main : « Quoi! un livre! s'écria le pape, je ne suis pas un lettré, moi! Donne-moi une épée !»
En fait Jules II porta la cuirasse et le casque aussi bien que la chasuble et la tiare. Il dirigea des sièges, il entra par la brè-
HISTOIRE MODEHNE.
che dans des places vaincues. Un ambassadeur Vénitien écrivait
qu'il voulait être « seigneur et maître du jeu du monde. »
Jules II n'eut sans doute pas d'ambition, si démesurées. Mais toutes ses énerg-ies furent constamment tendues vers la réalisation d'une très noble idée : faire de ritalie démembrée et foulée par les étrang"ers, une Italie une et libre; g-rouper se> forces éparses sous la direction du pape pour les employer à jeter dehors les « Barbares », c'est-à-dire les Français, puis le> Espag:nols.
Jules II (i44i-i5i3)-
D'après le portrait de Raphaël (i485-i52u). Florence, Palais Pitti. — Photographie Anderson.
Jules II — Julien de la Rovère — vers soixantehuit ans, au moment où il organisa la Sainte- Ligue contre Louis XII. Point de douceur dans cette fhysionomie de vieillard à tarte tlanche : mais de la dureté dans le regard, de l'énergie et de la ténacité dans la touche aux lèvres minces et serrées. La tête fenchée en avant, l'œil droit gui cligne un feu, les flis du front entre les sourcils donnent l'impression de l'esprit tendu, at sorte tout entier dans des pensées oii la divine mansuétude du christianisme n'a guère de place. Cette tète, serrée dans l'étroite calotte de velours tordée de cygne, est celle d'un politique et d'un soldat gui rêve de l'unification de l'Italie, et non pas d'un prêtre.
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