N'oir ci-dessous, chapitre X
LUTTE ENTRE LES >L\[Sm\S IjE FRANCE ET irAUTRICIIE.' 235
( HARLES-QriXT (lXO-l558).
D'après le portrait de Titien. — Musée de .Munich. Photographie Hanfstaengi.
Charles-Ouint à quarante ans. Le rapprochement de ce portrait avec celui de François I" — pa^ye 199 — suffit à faire saisir la différence de caractère des ieux'hommes. Cliarles-Quinl apparaît froid, grave, réfléchi. Le regard est dur; la mâchoire proéminente, la lèvre inférieure gui avance • en temtier ., trait caractéristique des familles de Bourgogne et de Habsbourg, donnent a la physionomie une forte e.xpression de ténacité. Les traits sont tues, et les rides, les joue^ creiKe^ trahissent la fatigue. L'homme est accablé déjà par son immense labeur II abdiquera par lassitude huit ans plus tard. Vêtement sobre et sévère a iE-^pagnole. Au cou une chaîne .for oit pend Vagneau de la Toison d'Or ordre de chevalerie créé par le Duc de Bourgogne, Philippe le Bon, bisaïeul de Charles-Quint. Titien fut le peintre attitré et le favori de Charles-Quint.
tois. la Frandre. la Franche-Comté appartenaient à Charles- Quint. La- Picardie, la Champagne, la Bourg-og-ne étaient alors à la frontière. Paris, la capitale, n'était pas à cent cinquante kilomètres de l'ennemi et nul obstacle naturel, haute montagne ou fleuve puissant, ne la protège au nord contre une invasion soudaine. Au danger résultant du tracé des frontières s'ajoutait le danger provenant des ambitions précises de Charles -Quint, de ses vues sur la Picardie et la Bourgogne, sur le Dauphiné et la Provence.
La lutte contre Charles-Quint était donc une nécessité pour la France. A partir de i.520 les guerres que soutinrent François I" puis Henri II, ne furent plus comme celles de Charles \'I1I et de Louis XII des guerres « de magnificence », guerres d'ambition et de conquête ; ce furent des guerres de salut national : l'intégrité même de la France était en jeu.