‹ Histoire moderne; rédigé conformént aux programmes officiels du 31 Mai 1902. Classe de seconde A B C DChapitre 91 sur 118 · LA LUTTE · texte numérisé non relu

LA LUTTE

La lutte commencée en i.52o dura trente-neuf ans, jusqu'à i55q. Charles-Quint et François I" qui la com- ■ . , mencèrent n'en virent pas la fin. Elle se poursuivit

GÉNÉRAUX ^ , . 1 CI r,ur tt a-x:-

et se termma sous leurs hls, Philippe II d Espagne et Henri IL On y distingue six épisodes, six « guerres», quatre sous le règne de François I", deux sous le règne d'Henri II. Ces guerres eurent pour théâtres à la fois l'Italie et la France du nord et de l'est. Elles ne furent point un simple duel entre deux souverains comme avait été la guerre de Cent Ans. Charles- Quint et Philippe II. François P' et Henri II cherchèrent et trouvèrent des alliés. En sorte que l'on vit, mêlés à la lutte des maisons de France et d'Autriche, le roi d'Angleterre, les princes allemands, les États italiens, un roi de Suède, les papes et jusqu'aux Turcs : ces guerres françaises furent en même temps des guerres européennes.

Le premier épisode, de i.Sao à i526, fut le plus dra- LA PREJUÈRE matique et aussi le plus important. Ce fut lui, en effet, GUERRE qui détermina toutes les guerres ultérieures, parce

qu'il aboutit à un désastre et à un traité ruineux dont la l'rancc poursuivit obstinément la revision. Les premières opérations curent lieu à la frontière du nord, fait très significatif du caractère nouveau de la guerre. Il ne s'agissait plus de territoires à se disputer en Italie, mais d'une lutte pour la prépondérance, presque d'une lutte pour la vie. « En peu de

LUTTE ENTKH LES MAISONS DE FRANCE ET DAITHICIIE. o^v

temps il sera un bien pauvre' roi, disait Charlcs-Quint en ouvrant les hostilités, ou je serai un bien pauvre empereur. » La Champag-ne fut envahie et iMézières assiéiiée. Bavard sauva la place (i52i). C'e fut à ce moment que le connétable de liourbon trahit et passa dans le camp de Charles-Quint, l'eu après le .Milanais était perdu : le dernier combat à Romag-nano, coûta la vie à Bavard (avril 1524). Alors, après l'invasion au nord on eut l'invasion au midi. Bourbon pénétrant en Provence poussa jusqu'à .Marseille qu'il se flattait d'enlever vivement: mais comme .Mézières, .Marseille tint bon. L'approche d'une armée de secours conlraig-nit Bourbon à lever le sièg-e. Dans la retraite ses troupes fondirent, harcelées sans trêve par les paysans (septembre 1624). .\ son tour, prenant l'oiïensivc, François I" passa en Italie et reconquit le .Milanais.

Tous les avantag-es obtenus furent perdus en une PAVIE journée, et la bravoure imprudente du roi de France

amena à Parie un désastre total (24 février l525). Pavie, à quinze kilomètres au sud de .Milan, était restée aux mains des Espagnols. François I" la tenait bloquée depuis quatre mois et la place était à l'extrémité, quand apparut une armée de secours. Le roi voulut lui barrer le passage. L'artillerie française commençait à rompre les rang-s de l'infanterie espagnole et faisait « voler têtes et bras ». Quand il vit l'ennemi ébranlé, François I" fut comme son ancêtre Philippe de Valois à Crécy devant les Ang-lais : « le sang- lui bouillit dans les veines ». Il charg-ea, masquant ses canons qui durent cesser le feu. Les Espagnols se ressaisirent. François I" enveloppé eut son cheval tué sous lui ; comme Jean le Bon à Poitiers il se défendit long-temps l'épée au poing-. .Mais blessé deux fois il fut enfin contraint de se rendre.

Emmené à .Madrid, il lui fallut pour recouvrer sa TRAITÉ liberté souscrire aux plus rig-oureuses conditions de

DE MADRID paix. Par le traité de Madrid (14 janvier 1.526) François I" renonçait à toute prétention sur Naples et le .Milanais, à toute suzeraineté sur l'Artois et la Flandre, et rendait la Bourgogne au roi d'Espagne. L'.\rtois, ainsi détaché complètement du royaume de France, fut reconquis cent an-s après: mais la Flandre n'est pas redevenuc entièrement française. Un pareil traité ne pouvait être même une trêve parce qu'il

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était trop désastreux pour le vaincu. Avant même de sigrner; François I" avait secrètement protesté qu'il n'exécuterait pas une convention imposée par la violence. A peine libre il renouvela solennellement sa protestation et refusa de livrer la Bourgog'ne. Tout le reste de sa vie fut employé à tenter de réparer le désastre de Pavie.

Seulement, il se sentait trop faible pour lutter seul contre Charles-Quint. Déjà pendant qu"il était captif, sa mère Louise de Savoie rég-ente du royaume, avait entamé diverses négociations et cherché des alliés à François I". Il en trouva, parce que la puissance de l'Empereur inquiétait tous les États. Ces alliés furent, dès le lendemain de Pavie, le sultan Soliman le Magnifique; puis, après le traité de Madrid, le roi d'Angleterre Henri VIII et le pape Clément VII; plus tard les princes protestants d'Allemagne.

Grâce à ces divers concours, et surtout grâce au

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