Imtitutes, ibid
2, Id., ibid.
pères à devenir pères, la loi à devenir protectrice, et envahissant doucement, mais irrésistiblement, la place préférée d'où le législateur avait voulu l'exclure I L'établissement de la loi Voconia mit en lumière toute cette puissance cachée de la fille ^. Sous la préhire de Caïus Sacerdos, vivait à Rome, vers Tan 600, un riche citoyen nommé Annius Asellus. Asellus avait acquis, dans le commerce, une fortune considérable, et vingt ans de travail, mille fatigues endurées, n'avaient eu qu'un seul but, l'enrichissement d'une fille qu'il adorait. Cependant un obstacle, en apparence invincible, s'opposait à ce qu'il lui laissât son héritage, et enlevait le fruit de ses efforts à celle qui en était l'objet : c'était la loi Voconia' portée pour arrêter le luxe des femmes, et qui défendait à un père de laisser par testament à sa fille^ fût-elle fille unique, plus d'une certaine partie de sa fortune'. Voilà donc toutes les tendres prévoyances d' Annius, tous ses rêves paternels déconcertés; un seul moyen lui restait, moyen terrible, car il lui enlevait sa position, son rang; Annius n'hésita pas.
La loi divisait les citoyens romains en six classes^. Les cinq premières étaient composées de tous ceux qui payaient le cens; on les nommait censi, la sixième, de tous les prolétaires, gens sans considération comme sans fortune, et naturellement exclus de tous les droits ou privilèges civiques ; ils formaient le milieu entre l'homme libre et l'esclave, entre le citoyen et l'étranger; on les