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que mesure violente, comme rérection d'une statue à Marat, ou le droit de visite domiciliaire chez les accapareurs, on la faisait d'abord proposer par la Société fraternelle ^. Voulait-on dominer la discussion à l'Assemblée, étouffer la voix de Yergniaud, on lançait dans les tribunes lei républicaines révolutionnaires. Les jours d'exécution solennelle, les premières places autour de l'écbafaud étaient réservées aux furies de la guillotine, qui se cramponnaient aux planches des tréteaux pour assister de plus près à l'agonie, couvraient les cris des victimes sous leui*s éclats de rire mêlés au bruit de leurs danses; et un poète, les comparant aux statues-fontaines dont les mamelles versaient de l'eau sur la place de la Bastille, écrivit sur elles ces terribles vers :
De ces effrayantes femelles Les intarissables mamelles, Comme de publiques gamelles, Offrent à boire à tout passant.
Et la liqueur qui toujours coule, lit dont Tabominable foule Avec avidité se soûle, Ce n'est pas de Teau, c'est du sang.
En échange de ces hideux services, les terroristes accordaient plus d'un privilège honoriiSque aux femmes révolutionnaires : droit de paraître en publie,, précédées d'un drapeau avec devise; honneurs fraternels de la séance, soit à la Commune, soit aux Jacobins, soit à la
1 . Histoire des femmes de la révolution y par LairtuUlier — Procès» V€t'baux de la Commune de ParU« — Journal d««Jaco6titt.
Convention; permission d'assister aux séances en tricotant. Mais dès que le triomphe du parti fut assuré par l'arrestation des Girondins, une réaction énergique brisa avec mépris ces instruments désormais inutiles; les sarcasmes amers prirent la place des hommages hypocrites.
Le 9 brumaire, Amar, au nom du Comité de sûrclé générale, monte à la tribune de la Convention, et dit ^ : « Les femmes peuvent-elles exercer les droits politiques « et prendre une part active au gouvernement? Peuvent- « elles délibérer, réunies en sociétés populaires? Le € comité s'est décidé pour la négative. Exercer les droits € politiques, se réunir en sociétés politiques, c'est prendre « part aux résolutions de TÉtat, c'est éclairer, c'est gui- « der ; les femmes sont peu capables de conceptions « hautes, de méditations sérieuses, et leur exaltation « naturelle sacrifierait toujours les intérêts de TÉtat h « tout ce que la vivacité des passions peut produire de « désordres. »
La Convention rendit aussitôt le décret suivant : € Tous les clubs et toutes les sociétés populaires des « femmes, sous quelque dénomination que ce soit, sont « défendus. »
Certes, on ne peut pas oublier plus vite ses pnncipes et ses alliés.
Quelques jours après, parut à l'Assemblée une députationdes républicaines révolutionnaires, pour réclamer contre le décret; mais à peine le premier mot prononcé, toute la chambre se leva aux cris : L'ordre du jour! l'ordre du jour! et les pétitionnaires se retirèrent préci-