‹ Histoire morale des femmes (volume 2)Chapitre 20 sur 124 · I.E COMTE · texte numérisé non relu

I.E COMTE

Bon Dieu ! voulez-vous donc que nent aussi la médecine?

l'hôte.

Je voudrais plus; je voudrais c cours public de médecine hygiénic Toutes elles devraient savoir ausi connaître les symptômes des malad les premiers soins dans une conv qu'elles font mal. Combien de mt enfants pour n'avoir pas su distin{ lière du croup?

LE COMTE

Et savez- vous ce qui adviendra qu à entasser toutes ces sciences dans c'est que la femme aura disparu et qu'une pédante : mille exemples v sont là pour le prouver.

l'hôte.

Qu'importent ces exemples? La elle-même aujourd'hui? Songez-v comment on l'a élevée, cette pauvi Nos grand'mères ne savaient pas gloire. Les femmes de notre âge pc de la servitude intellectuelle des sont des parvenues en fait d'instr une fois la liberté et son souffle pu cette race et l'aura régénérée; quai jourd'hui étant devenue la règle de sera le partage de quelques-unes, tage de toutes, alors filles et femme:

sans le savoir, ces dehors de çéd^w^

des airs d'affranchis devenus maîtres, et marchant hbrement dans cette voie nouvelle comme dans leur naturel domaine , prêteront Tappui de la science à leur délicatesse, et peut-être Tappui de leur délicatesse à la science. Il est un objet d'étude que nous n'avons fait qu'indiquer, et qui se prêterait merveilleusement au génie féminin : c'est l'astronomie. Science de l'infini, elle appartient de droit à ces prêtresses de l'inconnu, comme les appelaient les Germains. Je n'oublierai jamais un spectacle dont j'ai été le témoin. J'assistais à une leçon d'astronomie donnée à une jeune fille et à son frère; pour la première fois s'ouvrait à leurs regards le grand livre céleste: ils étai^it assis tous deux devant leur maître; les soleils plus innombrables que les grains de sable de la mer, les mondes recommençant par delà les mondes, Dieu sans bornes dans sa puissance comme l'espace dans son étendue, l'infini, en un mot, tel était le tableau que l'on déroulait devant eux. Le jeune garçon, immobile, les yeux fixes, les sourcils contractés, écoutait et regardait ardemment.... il voulait comprendre. La jeune fille, elle, ne faisait que sentir : pâle, les Barines agitées, les yeux pleins de larmes, elle se levait t malgré elle de stm siège et s'avançait vers son maître p (xmme attirée par la terreur même ; les paroles semblaient évoquer devant elle une apparition pleine d'épouvante et de charme Il cherchait Dieu, elle le

voyait !

^1 Ainsi se matérialisa, pour ainsi dire, devant moi, ce »} génie particulier de la femme qui mêle à tout l'ins- *• piration et le sentiment, pour qui toute étude scien- ^ ^ue est un degré de plus qui la rapproche du ciel W 4 Itotre hôte s^arrêia api^s ces mots, et \e coxuVfô %^y-

c'est que nous sommes toujours dupes des mots. Les meil* leures choses périssent parfois, chez nous, à cause de leur nom. Sous quel titre et sous quelle forme se produira cet enseignement? Ces institutions s'appelleroni-elles lycées, athénées, conservatoires?... Je ne le sais pas, et je n'ai pas besoin de \% savoir! mais ce que je sais, c'est qu'il est impossible que la France abandonne Téducation des filles françaises à Tesprit étroit et mercantile des institutions particulières!... car, |en définitive, il n'y a rien à innover, il ne s'agit que de faire bien ce qui se fait mal. Paris et la province sont pleins de couvents, de pensions de tous degrés, de cours publics de toutes valeurs, où l'on élève les jeunes filles. Mais comment? Je m'en rapporte à tous les pères! A Dieu ne plaise que je demande la destruction de l'enseignement privé! c'est pour le régénérer, c'est pour le contraindre à s'élever que je dis : L'État doit créer pour les femmes un enseignement supérieur qui les initie à tous les grands objets de la pensée moderne ! L'État doit créer pour les femmes des écoles professionnelles qui les préparent à l'exercice sérieux et intelligent des professions auxquelles elles sont propres ! Il faut enfin que la France fasse de nos filles des Françaises ! Ne craignez pas l'affaiblissement de leur foi; un peu de science éloigne de Dieu, beaucoup de science y ramène.... Les femmes ne perdront pas leurs croyances dans l'étude, elles n'y perdront que leurs crédulités!... Vienne donc au pouvoir un homme d'État qui fonde cette institution, il fera plus pour son pays que s'il l'avait doté de bien des kilomètres de chemins de fer. Briser la barrière d'ignorance qui empêche l'union de tant de cœurs dans la famille, ce sera aussi percer son isthme de Suez! Enfin, voici une

LA SÉDUCTION. - Gl

dernière considération qui en résume beaucoup d'autres. Savez-vous pourquoi il faut bien élever les femmes? Parce que c'est le meilleur moyen de bien élever les hommes!

Je m'arrêtai : le comte sourit, mon hôte me tendit la main; le père et le citoyen ne faisaient plus qu'un.

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