‹ Histoire morale des femmes (volume 2)Chapitre 32 sur 124 · I^oniaye, ibidem · texte numérisé non relu

I^oniaye, ibidem

héritent légalement l'un de Fautre, ou que le douaire soit obligatoire, sinon la femme ne paraît plus qu'une étrangère pour le mari.

Les fiançailles se présentent dans l'histoire sous deux caractères différents.

D'une part, elles figuraient un contrat; de Fautre, un commencement de vie conjugale.

Comme wm trat, c'était d'abord une sorte de pacte commercial entre le père et le fiancé; promesse d'achat pour l'un , promesse de vente pour l'autre, avec arrhes déposées; la perte de ces arrhes punissait celui des deui contractants qui manquait à sa parole, et dédommageait l'autre.

Tel fut longtemps l'esprit des législations antiques. ]' Quand la fille intervint plus directement dans les fian- ' cailles, les arrhes changèrent de destination et de destinataire : c'était la fille qui contractait; les arrhes lui appartinrent. l

Chez les nations germaniques et au moyen âge , les ! fiançailles s'élevèrent d'un degré, et devinrent un contrat moral, un engagement d'honneur. On pouvait se fiancer, ou par la parole, ou par écrit, ou par message^ Ces trois modes s'exprimaient par cette phrase : « Je te « reçois et je me donne à toi en fiançailles. » Des arrhes déposées aux mains d'un tiers, un anneau mis au doigt de la jeune fille, consacraient matériellement Funion; mais ces arrhes avaient moins pour objet de dédommager ladélaissée que de punir le coupable ; les peuples voyaient, au-dessus du tort personnel causé à la fiancée , un parjure à punir, la morale publique à venger. De là toute

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