Summa HosUcnsis, lib. IV, De sponsalibtu
une série de peines afflictives : la rigueur de l'engagement était telle qu'une infirmité éternelle comme la perte d'un membre, ou mortelle comme la lèpre; un déshonneur public, comme la prostitution de la fiancée; un abandon de plus de trois ans, pouvaient seuls le briser. En dehors de ces causes légitimes de rupture , toute atteinte à la parole sainte était rigoureusement punie; partout d'abord, perte des arrhes ; chez quelques tribus barbares , amende considérable ; chez quelques autres , condamnation à remplir la promesse; chez les Bourguignons, peine de mort. Une veuve libre se fiance à Frédégésile; les présents sont donnés, puis soudain, sans autre motif que la passion, Frédégésile rompt ce lien , et se fiance de nouveau à Balthamodus : « Que les coupables, « dit Gondebaud , capitis amissione plectantur, soient « punis par la perte de la tête. i>
L'Église , prolongeant les efTets des fiançailles même après leur rupture, établit entre les deux fiancés une sorte de parenté, désormais ineffaçable comme la parenté naturelle. Épouser le frère ou le père de celui ou de celle à quij'on avait été fiancé, c'était commettre un inceste; les époux ainsi unis étaient excommuniés, leurs enfants illégitimes^. Avouons-le, si excessives que paraissent de telles conséquences, il y a dans cette religion de la promesse une extrême grandeur qui nous émeut malgré nous. Quoi de plus propre à maintenir dans les âmes le respect de soi-même et la probité de la parole! Quelle leçon plus éloquente de déférence envers les femmes I Quelle protection plus salutaire que cette assimilation des promesses qui leur sont faites aux plus sérieux et aux