‹ Histoire morale des femmes (volume 2)Chapitre 37 sur 124 · LIVRE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE DEUXIÈME

L'AMANTB

Entre la jeune fille et l'épouse, ou, pour mieux dire, côté de toutes deux, et tour à tour se confondant avec lies ou s'en détachant, s'élève un personnage plein de oésie et d'intérêt. Plus libre que l'une et plus engagé ue l'autre, tenant de la jeune fille parce que, comme lle,il ne subit pas le joug d'un nom étranger; semblable l'épouse parce que déjà sa vie est mêlée à une autre te que la sienne, il nous représente l'union de l'homme i de la femme dans ce qu'elle a de plus intime et cepenj ant de plus général, c'est-à-dire en dehors de toutes les inventions civiles, de tous les règlements législatifs, de )rtune, de ménage et d'enfants : ce personnage est le ersonnage de l'amante.

Dépositaire seul de l'affection , il peut nous indiquer ) but divin de la société conjugale en dehors du but îcondaire de la reproduction.

Comment, en effet, définir le mariage? Une société ui a pour objet la perpétuation de notre espèce? Non, 6 n'est là qu'une fin commune aux animaux de toute 3rte, et que l'homme ne peut accepter comme le derier mot de la Providence. Le mariage , selon la b^lV^ xpressioz? deModestin, est : Juris humani et dwmi com-

mum'catio, une association pour la poursuite des choses humaines et divines.

Or, cette association suppose nécessairement Tinfluence de la temme surThomme, comme celle deVhommesur la femme ; cette influence suppose à son tour un sentiment qui la produit et lui imprime un caractère particulier : ce sentiment, c'est l'amour. Avant donc d'aborder Thistoire de l'épouse et du mariage, nous devons nous demander qu'est-ce que Tamour? qu'est-ce que Famante? est-ce notre guide vers le bien? est-ce notre conseillère dans le mal? est-ce un pur instrument de plaisir?

Ces mystères délicats ne peuvent être éclaircis que par rhistoire même de l'amante. Chercher quels caractères différents ont prêtés à cette personne idéale les civilisations différentes^ voir avec quelle physionomie elle s'est dessinée peu à peu dans la conscience de rhumanit^, quel rôle lui ont assigné les poètes et les philosophes, ces deux édaireurs de la civilisation, ce sera presque avoir déjà tracé à moitié le modèle de l'épouse. Conuuençons cette tâche difficile.

Socrate, qui a entrevu tout ce qu'il n'a pas défini nettenoeni, prononça un jour, ditXénophon> ces belles-paroles:

« Il existe deux Vénus : l'une céleste , qui s'appelk Uranie; l'autre terrestre et populaire («fb^^nMc], qui a nom Polymnie. Uranie préside à toutes les affections pures; Polymnie attise tous les ai^bemenis sensuels et grossiers. »

Ces mots nous placent au coeur même du débat, et voilà le personnage de l'amanie, qui se partage à son tour en deux étresdifférents. Ces deux Vénus, c'est l'âme et le coi^, c'est la femme, ange et démQa,€'est l'amour bieor

nités dans le monde Ta devenir l'histoire de la femme, tour à tour repnrésentée par Uranie et par Polymnie, par remanie et la maîtitme.

Toutes les mémoires sont remplies de Thymne admirable qui s'échappa des lèvres de Platon en l'honneur de Ténus Uranie. Pour la pt*emière fois se montrait aux hommes, dans les paroles du disciple de Socrate, cette image inconnue de l'amour éducateur et moralisateur ; pour la première fois, le patriotisme, la vertu, le génie, étaient présentés au monde comme les glorieux iils de l'amour, et le poète philosophe anima tellement de sa propre vie cette afieetion nouvelle, que les siècles reconnaissants la nommèp^t de son nom. Aucun homme, avant ou après lui, n'eut cette gloire singulière, de découvrir on des sentiments de rame humaine, et de lui servir de père. Mais, par une contradiction étrange, Platon, après avoir institué le culte, oublia les prétresses ; les femmes furent déclarées indignes de s'ag^ouiUer devant les autels de l'amour platonicien , ou du moins de les desservir; à elles les voluptés basses et grossières, le temple de Vénus Pandémos : Uranie n'eut pour adontenrâ que les hommes seuls; ce ne fut que pair eux et sur eux que s'exerça son noble empire^. L'amour exista en Grèce, l'amante n'exista pas, la femme ne put jamais étie que maîtresse.

A Borne, le spectacle change, mais sans que le r<Uede la femme s'élève : le cuUe de l'amour idéal de Platon s'éteint et disparaît; le culte de l'anaante ae parait pas enoore. Qu'y a-t^-il de commun entre Vénus Uranie, et

I. Yoyez, dans le traité de Pluf arque sur VamouT, eX ^vcaV^% WiÊàogmmde natêm, U pdnlure de eet «mour éiriûee.

Lesbie, Délie, Ariane, Didon même ; âmes voluptueuses ou passionnées, tendres ou ardentes, mais n'ayant jamais dans leur passion d'autre objet que leur passion même, et poursuivant avec une impétuosité aveugle la satisfaction égoïste de leurs désirs? Ni souci de la grandeur de celui qu'elles aiment, ni souci de leur propre élévation : il manque à leur amour un mot qui est l'amour platoni- / cien même, le mot de vertu. Lisez tous les poètes élégiaques de Rome, Horace, TibuUe, Properce, Catulle : la femme, dansjeurs vers, est toujours cette créature sensuelle, voluptueuse et avide, au cœur de marbre, au corps de feu, au front hardi et stupidement fier, la courtisane. Leurs poëmes ne sont peuplés que de noms avilis, de tendresses marchandées, et Tibulle a résumé avec une énergie sublime, dans l'élégie quatrième, les transports étranges et farouches qui précipitaient les jeunes âmes romaines dans cet amour dévorant et maladif. Repoussé par la courtisane Némésis parce qu'il n'a plus d'or, il s'écrie : « Oh I pour ne pas souffrir ce que je « souffre, je consentirais à n'être qu'une pierre sur un « mont glacé, une roche qu'userait sans cesse l'onde « naufrageuse de l'Océan. Le jour m'est amer, là nuit « plus amère encore; tous les instants de ma vie sont € trempés de fiel : à quoi me sert qu'Apollon m'inspire? « Némésis demande son salaire, et sa main se creuse jmr « quily tienne plus émargent. Laissez-moi donc, Muses, « si vous êtes inutiles à mon amour; je ne vous cultive € pas pour chanter les révolutions des astres, je cherche € par mes vers un accès facile auprès de ma maîtresse. € De Tor f voilà ce que je veux, et ce qu'il me faut ajp- « guérir, même par le crime et par le meurtre, pour ne € pas rester gisant comme \m iïïvsé¥^\A& ài^vant une

f porte fermée. J'irai donc, j'arracherai les offrandes € suspendues aux temples des dieux, et je commencerai f par celui de Vénus. Oh I le pouvoir créateur qui donna f la beauté à une femme rapace a fait de l'amour un cdieu infâme^ t »

Quel cri de malédiction que ce cri d'amour ! Quel ana thème que cet hymne ! L'empire de la femme y appa^ raît immense et maudit, comme l'empire du mal. L'amour n'est encore qu'une fatalité. Il fallut une religion nouvelle, un monde nouveau, pour que les nations modernes le sentissent et le figurassent comme un bienfait.

Dante nous donne le premier ce divin modèle. Eve la tentatrice, Némésis la maudite, ont disparu; à leur place se dessine Béatrix , c'est-à-dire la femme ange de salut, Tamante.

Arrêtons-nous devant cette grande œuvre un moment; car lui aussi , comme Platon , il a créé un amour idéal qu'on devrait nommer l'amour dantesque , comme on dit l'amour platonique.

Que représente la Divine Comédie? Un pécheur sauvé par son amour, une vie de désordre épurée par un souvenir. Dante sortait à peine de la jeunesse quand Béatrix qu'il aimait lui fut enlevée^ : longtemps cette chaste et tendre mémoire avait suffi pour écarter toute passion mauvaise de l'âme où elle habitait. La fougue des sens l'emporte cependant, et précipite Alighieri de désordre en désordre; mais au milieu du chemin de la vie [nel

1. Élégie IV, liv. 2. Ceux qui connaissent la poésie latine savent que ce mélange de mépris et de passion pour les femmes se retrouye dans tous les élégiaques.

3. Voyez dans la Viia nuova l'histoire cbarman\e dv^ e^V «isv<cv\rc.

130 L'AXANTB.

mezzo cammin del nita) il se sent saisi, oonuue saint Augustin , du dégoût de cette existence impure, et devant lui s'élève de nouveau , semblable à un doux astre qui rëclaire , le souvenir de son premier sonour : Béatrix, qui le suit du haut des cîeux , qui lit dans son âme, forme le dessein de -le sauver... Comment?... (L'idée est profonde et chai mante.) Par son propre génie, parla poésie. Donc, descendue des sphères su^ieures vers le séjour des païens, elle va chercher Virgile : « 0 belle « âme de Mantoue, lui dit«lle\ mon ami est si empêché « sur cette plage déserte de la vie, qu'il semble comme «perdu; je crains de m'être levée trop tard démon « trône céleste, pour courir à son secours ; va donc, et « aide-le si bien, que j'en sois consolée. Conduis-le à « travers tous les cercles de Tenfer, pour que son âme « pécheresse se purifie d'abord par la terreur. »

Après ces mots, Béatrix s'éloigne. Il semble que, par un tendre respect, Dante n'ait pas voulu termr cette céleste figure en la m^ant à la troupe coupable; seule^ ment, quand il se sent défaillir de terreur devaxit quelque terrible supplice, Virgile lui dit : Tuv€rra$ JBéairix, et le courage lui est rendu.

De l'enfer, le poète entre dans le purgatoire. Tout à coup un nuage de fleurs, qui tombe et oemo&te sans cesse, lui annonce l'approche de Béatrix. Le remords de ses désordres le saisit, et, tremblant comme un enfant qui se cache dans le sein de sa mère, il se retourne vers Virgile; mais Virgile a disparu : il estsevd, seul avec elle pour la première fois depuis dix ans. Il n'ose lever

I. Moufl nous BommeB «fforcé, cUba encourt résumé de la Divine Comédie, de ne nous servir que des paroles rnêmei de Dante, de sorte que ce soit àUtotA we analyse et ime tradueti^p^

les yeux; Béatrix, l'oeil triste, et dans une attitude royalement austère., laisse tomber de sa bouche, après un moment de silence, ces amères et ironiques paroles : f Comment avez-TOUs daigné monter jusqu'ici, on est € si pur et si heureux sur la terre t » Les anges implorent la grâce du coupable par un hymne touchant; maiselle, avec ce douloureux ressentiment qui natt de la tendresse : € Ne priez pas pour luit Dieu l'avait créé si pur, que toute habitude droite eût opéré en son cœur des effets merv^leux. Longtemps je le soutins dans la bonne voie par mes yeux déjeune fille; mais, à peine cus-je quitté la vie, qu il s'arracha à moi, qu'il se donna à d'autres, et il tomba si bas, que je n'eus d'autre ressource pour le sauver que de lui faire voir les races ennemies. »

Comme Dante se taisait : c Dis, dis, ajouta-t-elie avec nn redoublement de véhémence, n'est-ce pas vrai? Parle t car il faut que ton aveu se joigne à mon accusation. » La honte et la peur mêlées ensemble poussèrent hors de sa bouche un oui si faible, qu'il fallut le secours des yeux pour l'entendre. — t Où donc, rf^rit-elle, sur quels autres fronts as-tu trouvé de meilleurs guides vers le bien, pour les avoir suivis? — Les choses présentes avec leurs foux attraits charmèrent mes regards aussitôt que votre visage eut disparu. — Il fallait fuir et te réfugier dans mon souvenir; mais non, tu as ployé l'aile comme un jeune oiseau qui attend le coup du chasseur. Eh bien t donc,' pour ton châtiment, regarde-moi , et ({ue ma beauté nouvelle te fasse rougir de ce que tu as poursuivi, en te montrant ce que tu as abandonné I » Il la regarde en effet, et elle lui ûpparait si belle, les autres H\^^*^

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a aimés lui semblent si hideux, que le dégoût de luimême le pénètre comme un fer brûlant : il tombe évanoui aux pieds de celle qu'il a outragée. En se réveillant : « Ou est-elle! où est-elle t » s'écrie-t-il. Elle est devant lui, mais tendre, compatissante, le visage désarmé de tout reproche. Plus d'épreuves, plus de châtiment; elle le console par ses doux regards, et lui, les yeux fixés sur elle, il apaise en la contemplant sa soif de dix ans!

Alors commence leur voyage à travers le paradis, image de l'ascension céleste de toute âme qui a pour aile Tamour t

Chacun se rappelle Tentretien de saint Augustin et de sa mère à Ostie, quand tous deux, Fœil fixé sur l'immensité du ciel , ils montent par la pensée , d'astre en astre, jusqu'au séjour de Dieu, et qu'un soudain transport de leur cœur les amène un moment face à face devant le roi des créatures et des mondes I Ainsi s'élevaient ensemble les deux âmes de Dante et de Béatrix dans les contrées supérieures. Comme sainte Monique, c'est Béatrix qui est le guide; comme sainte Monique, elle lit les questions de celui qu'elle aime sur sa figure, et lui répond avant qu'il ait parlé; comme sainte Monique, elle réfléchit le ciel dans ses yeux, et c'est dans ses yeux qu'Alighieri le contemple : Ella guardava suso, edio in lei. « Elle regardait en haut, je regardais en elle. » Cependant à mesure qu'ils montent, la beauté de Béatrix resplendit davantage; chaque pas qu'elle fait faire à Dante vers le ciel ajoute un rayon à l'auréole qui la couronne , et ils arrivent enfin devant les premiers anges du triomphe du Christ, devant le Sauveur! « Ah' « s'écrie le poète, toutes les langues que Polymuie et ses « sœurs ont nourries de leur lait le plus doux ne pour-

f raient raconter la millième partie de la beauté, du sou f rire de Béatrix , quand elle me présenta au groupe € céleste et qu'elle s'écria : Tu es racheté. » Il était racheté en effet; maintenant qu'il a goûté de la beauté divine, il peut retourner sans crainte achever sa vie sur la terre. Béatrix va s'asseoir au troisième cercle, sur le trône où l'ont placée ses mérites, et celui qu'elle a sauvé lui adresse ce sublime adieu : « 0 femme, en qui fleurit € toute mon espérance, toi qui as daigné, pour mon sa> « lut, laisser la trace de tes pas sur le seuil de l'enfer, € tu m'as mis d'esclavage en liberté : la terre n'a plus f de dangers pour moi; je conserve vivante dans mon f sein l'image de ta pureté, afin qu'à mon dernier jour, a mon âme s'échappe de mon corps , agréable à tes f yeux ! »

Tel est le modèle inconnu de la femme que le génie du Dante posa sur le seuil de la poésie et de la civilisation moderne. Cette créature qui devient plus belle à mesure que celui qu'elle aime devient plus pur; ces deux cœurs emportés l'un par l'autre dans l'infini du bien, uous présentent un spectacle à la fois si réel et si idéal, qu'on y sent tout ensemble l'amante telle que la terre la donne ^ l'amante telle que le ciel la promet; et que les divins voyageurs entraînent après eux les âmes qui les contemplent, jusque dans les régions célestes !

La poésie provençale ^ et la chevalerie ajoutèrent un trait de plus à cette influence de la femme aimée.

L'amante, chez le Dante, conduit au ciel; chez les^ troubadours, elle conduit à la gloire, gloire du poète,

t . La poésie provençale a commencé à fleurir avant Dante , mal& la belle période s'est prolongée encore après lui.

gloire du guerrier, gloire du défenseur de la patrie, ij

« Qui s'étonnerait, dit Bernard de Ventadour^, que je u « chante mieux que nul autre troubadour? j'aime tant!» «t L'amour était le génie.

« n y a des hommes, dit encore Bernard, qui, s'il leur :i « vient quelque bonne aventure, en sont plus orgueil- : « leux et plus sauvages ; moi, quand Dieu m'envoie un g « regard de ma dame, je me sens encore plus de ten- « dresse pour ceux que j'aimais déjà^... » L'amour était 9 la source de tous les autres amours. ^

« Quels prodiges j'accomplirais, s'écrie Guillaume d(î - « Saint-Dizier, si elle m'accordait seulement un îles che- ■ « veux qui tombent sur son manteau, ou un des âls qai ^ « composent son gantf... » L'amour était l'héroïsme! ^

« J'étais un pauvre chevalier, dit Raimbaud de Va- € queiras, tt je suis un riche seigneur, nous avons con- « quis le royaume de Thessalonique; mais je me sentais . « bien plus puissant quand j'aimais et que j'étais aimé. » L'amour était l'ambition des grandes choses,- et restait S^plus grand que cette ambition même.

L'empire de l'amante embrassait donc la vie tout entière. Juges des actions de leurs amis, aii)itrés de leurs pensées, consolatrices, conseillères, les femmes semblaient vraiment alors les créatrices de l'homme. Le troubadour appelle sa dame, mon Seigneur, Toute l'histoire de cette époque est la légende de Pygmalion retournée.

Ainsi se personnifie, pour la première fois dans l'amante, le culte de Vénus Uranie; mais ce triomphe né pouvait être ni sans par.^ âge, ni sans oomj)at, car Uranie

/• Fauriel, Raynouard.

ne représente que l'âme; donc, à côté de Famante s'éleva la maîtresse, à côté d'Uranie, Polyninie. Le troubadour Perdigon fit antagonisme arec Bernard de Yentadour; Boccace, Arioste, avec Dante et Pétrarque, et, dan» cette latte, le caract&re des deux amours, et les sentiments qui naissent à leur suite, se dessinèrent avec une énergie nouvelle.

La tendresse s^Hritualiste se. mélangea toujours de^ respect pour la femme; Tadoration sensuelle n'alla presque jamais sans un mépris secret et même sans une sorte de haine pour elle.

La tendresse spiritualiste, par une concordance mo* raie, plus étrange, mais explicable cependant» s'allia dans les hommes illustres avcK^ un patriotisme austère. (L'amour idéal idéalise tous les autres sentiments.)

Presque tous les chantres de Tamour sensuel, au contraire, se trouvèrent être indifférents et quelquefois traîtres à la cause de la patrie. L'ambition, lardeur belliqueuse, la passion de la gloire, eurent parfois place dans leurs cœurs; rarement la grandeur et le désintéressement : ce ne furent pas des âmes de citoyens.

Les faits ici nous servent de preuves.

Perdigon, le premier parmi les troubadours, avait exprimé dans un cansume ces sentiments grossiers^. "^^ € Femmes, ne prétendez pas me faire languir : je veux trouver tout de suite profit avec vous, femmes que j'aime tendrement; quiconque me dit non est sûre d'être quittée par moi. » Ëh bien t ce même Perdigon appela sur son pays les désastres de la croisade albigeoise. Perdigon s'unit avec l'abbé de Citeaux et l'évêque de Tou-

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