CodeciTil, art
3, Id., art. 505.
iaut une autorisation pour être reconnaissante. Bien plus, la femme ne doit pas recevoir ^ une donation sans la permission maritale! Lui défendre de donner, c'est une tyrannie; mais lui défendre de recevoir, c'est une injure. Que craint-on? qu'elle n'ait pas assez souci de sa dignité pour refuser une dotation imméritée? Non, c'est pis encore ; il y a dans cette défense je ne sais quel odieux soupçon de récompense et d'argent gagné qui en fait un outrage. L'honneur du mari pourrait souffrir, dit-on,, de ce présent? Mais l'épouse n'a-t^lle donc pas son honneur, elle aussi? N'a-t-elle pas un cœur surtout, un cœur où l'on frappe sans pitié à propos de tout ce c[ui lui appartient. Si une femme possède quelques bijoux, quelques meubles qui soient pour elle des objets d'affection ou de souvenir, le mari peut les prendre, les vendre ou les donner à sa maîtresse. Le texte est formel : f Le mari est libre de disposer des meubles de la communauté à titre gratuit, au profit de toutes personnes *. » Descendons chez les femmes du peuple, quel spectacle frappe nos yeux? Un débauché, un ivrogne vend le lit où dort sa femme, le berceau où couche son enfant, la table où se mange le repas, la huche où se serre le pain , tout , enfin , tout , pour aller en dépenser le prix avec quelque vile créature; et lorsque la malheureuse mère, qui voit ses enfants en guenilles et affamés, accourt éperdue chez l'homme de la justice, et lui demande avec désespoir de forcer au moins son mari à leur laisser un grabat, l'homme de la loi lui répond : f Le mari peut vendre tous les meubles de la commu-