‹ Histoire morale des femmes (volume 2)Chapitre 61 sur 124 · Les Rois · texte numérisé non relu

Les Rois

les Juifs; le harem, cette institution monsti*ueuse qu'ils avaient empruntée de Babylone. Bientôt réponse tombe encore d'un degré; elle devient moins qu'une machine productrice, comme sous les patriarches, moins qu'un instrument de plaisir, comme dans l'Inde; elle devient une chose, ainsi que les vases, les troupeaux, et n'a plus qu'une valeur collective. De même qu'un homme riche achète, par respect pour sa propre richesse, des terres qu'il ne visitera jamais ou des bijoux qu'il ne regardera pas, seulement pour qu'on puisse dire : Il a tant d'objets précieux, il a tant d'arpents de terre; ainsi les rois juifs augmentèrent le nombre de leurs femmes pour témoigner de leur opulence et de leur pouvoir par un nouveau signe représentatif: ce signe, ce furent les femmes. Salomon eut sept cents femmes^. Imaginez, si vous le"* pouvez, le désespoir et les tortures que renfermait ce harem. Figurez-vous ce que, sous ce soleil oriental, dans cette vie toute de luxe et d'oisiveté, parmi ces jardins embaumés, au milieu de cet appareil de recherches, de cette chère exquise, de cette organisation de volupté, figurez-vous ce que devaient souffrir sept cents malheureuses créatures livrées aux désirs d'une passion unique et inassouvie.

Voilà le harem, c'est-à-dire la maison du prince et du riche! Le toit du particulier et du pauvre offrira-t-il du moins un asile plus doux à l'épouse? y aura-t-elle une place, un rang? Non. Tout lui rappelle sa dépendance et son infériorité. La femme indienne ne peut pas rester assise quand son mari est debout, ni goûter aux offrandes domestiques qu'après lui et avec sa permis-

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