Saint Jérôme, Traité sur la virginité
20(i L'ÉPOUSE.
« mais Jésus-Christ et Marie ont consacré la virginité'.» La virginité, tel est, en effet, l'idéal qu'il propose à touie la terre; il en devient l'apôtce. Transportant dans la peinture de cet état les élans enflammés de ses anciennes passions terrestres, il arrache au monde tout ce peuple de femmes qui vivaient de sa parole, et à sa voix, jeunes et vieilles, belles et difformes^ riches et pauvres, nobles et obscures, quittant leurs parents, leur maison, se précipitent vers la virginité. La jeune Démétriade^, issue d'une des plus puissantes familles de Rome, dépouille ses riches habits, ses parures d'or, ses bijoux, et paraît aux yeux de sa mère stupéfaite, revêtue d'une robe de bure; elle est vierge*. Une jeune fille, que ses parents voulaient marier, s'élance par la fenêtre, et se tue pour demeurer vierge. L'amour de la virginité devient une sorte de passion, et l'institution du mariage s'ébranlant sous tant d'attaques différentes, on vit poiridre^ à l'horizon, puis se dessiner peu à peu, puis s'élever jusqu'au zénith, et éclairer tout le moyen âge, l'astre nouveau de ce ciel orageux, l'image de la vierge Marie : image qui était à la fois un idéal et une réalité. Marie est vierge et elle est mère; un enfant et pas d'époux, n'est-ce pas toute l'histoire du mariage au moyen âge? Elles aussi, ces femmes méconnues, à qui leurs barons ne demandaient que des héritiers, elles devenaient mères sans devenir épouses, si l'on peut parler ainsi : elles étaient vierges avec un enfant dans les bras.
Cependant, au milieu de ces résistances, le type de
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