‹ Histoire morale des femmes (volume 2)Chapitre 73 sur 124 · Loig ôeVanou, liv, IX · texte numérisé non relu

Loig ôeVanou, liv, IX

a prononcé. Si l'œuvre qui semble le plus complètement l'œuvre de la femme ne lui appartient pas; si l'enfant qu'elle porte neuf mois dans ses flancs n'est pas sa créature, mais son fardeau; si le sein maternel, ee divin berceau qui, pareil à un être, semble tressaillir, frémir et aimer, pour ainsi dire, n'est qu'un réceptacle inerte, sans influence et sans droit de création sur l'être qu'il a reçu, la femme ne joue plus dans le monde que le rôle d'une créature infime et secondaire; c'est un accessoire utile, rien de plus, et toutes les servitudes qui l'assujettissent à l'homme sont consacrées par la nature ellemême.

Cette conséquence est si rigoureuse que, dans tous les pays où cette doctrine scientifique a prévalu, l'anathème sur la mère a passé de la science dans la loi, et même parfois dans les mœurs.

La loi indienne dit : « Respecte ton père et ta mère. » Mais soudain elle ajoute : « Ton respect pour ton père^ « t'ouvrira seul le monde supérieur de l'atmosphère. » L'amour pour le père était un devoir religieux ; l'amour pour la mère un acte de gratitude humaine. En Grèce, dans les temps héroïques, Agamemnon meurt tué par Clytemnestre; soudain Apollon appelle son fils Oreste; il lui met un poignard dans la main, il lui ordonne de frapper Clytemnestre; et dans les Euménides d'Eschyle* se pose cette doctrine monstrueuse, qu' Oreste n'était point parricide, car il ne tuait que sa mère. C'est Apollon qui plaide lui-même la cause d' Oreste devant l'Aréopage : la mère, dit-il, n'engendre pas ce quon appelle

î. Lois de Manou, liv. lll.

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