‹ Histoire morale des femmes (volume 2)Chapitre 74 sur 124 · Eschyle, Euménides,^, !lb\fcVàwV^i · texte numérisé non relu

Eschyle, Euménides,^, !lb\fcVàwV^i

DE LA MATERNITÉ, 25t

SOU enfant... Minerve, appelée à, donner son suffrage, parle ainsi : « Je suis tout entière pour le père; Oreste doit être absous. » Et TAréopage, ce tribunal suprême de la Grèce, ce tribunal qui représente pour ainsi dire la justice antique, s'inaugura par l'absolution d'un homme meurtrier de sa mère, c'est-à-dire par la proclamation de ce principe : la mère ne crée pas son fils. Dans les temps historiques, lorsqu'il n'y avait pas de nom de famille en Grèce, et que chacun en naissant recevait un nom différent, le père seul avait le droit de nommer ses enfants. Dans le monde moderne, le nom seul du père passe aux descendants; quand la noblesse fut instituée, elle ne put, en règle générale, se communiquer que par les pères; et aujourd'hui, dans toutes les classes, le droit de direction n'appartient qu'aux pères. Enfm, cette prééminence prétendue de la paternité a produit une coutume ridicule et connue de tç^ut le monde, mais don:^ on n'a pas assez bien compris la signification cachée. Il exisie des peuples où non-seulement le mari que sa femme vient de rendre père prend une rôtie au vin pour réparer les forces qu'a dépensées sa femme, mais où, à peine les couches commencées, il se met au lit avec boissons adoucissantes et nourriture légère. Dans ce fait, qui ne semble qu'une bizarrerie, se trouve un symbole. Nulle part n'est plus énergiquement marquée l'absorption de la mère dans la personne du père. Rien ne prouve mieux que pour ces peuples le lien de descendance n'existe que de l'homme à l'enfant, et ce lien est si fort, qu'il ne se brise même point par la naissance. L'enfant, quoique vivant en apparence de sa propre vie, est soumis aux contre-coups de la santé paternelle. Si donc le père se défend des variations de ratmosç\\fet^, é^'sX. ^<6

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peur que son iils ne serefroidisse, et ce mari en couches est plus autocrate encore que Louis XIV disant : L'État, c'est moi ; car il prétend résumer en lui seul le père, la mère, l'enfant, et même la nourrice.

Une partie de la science en était encore parmi nous à la théorie du premier chêne, lorsqu'une voix pleine d'autorité est venue protester contre ce système impie. S'inspirant des travaux inconnus ou méconnus de plusieurs savants des siècles derniers, un de nos plus éminents physiologistes vivants, l'ami et le disciple de l'illustre Geoffroy-Saint-Hilaire, le savant que tous les médecins de France élurent pour leur chef au. congrès médical \ attaqua énergiquement cette déchéance de la mère. Armé de toutes les ressources que l'industrie moderne prête à la science, fort de vingt-cinq ans d'observations ininterrompues et cent fois répétées, il est venu enfin réclamer pour la fomme sa vraie place dans la création, en réclamant pour la mère son titre de créatrice.

La science du passé disait : Le sein maternel reçoit l'être tout créé, et l'apparition successive des divers organes de l'enfant n'est que le développement de parties déjà existantes que nous dérobait seule la faiblesse de notre vue. La science moderne a répondu, guidée par l'analyse : Non ! l'enfant n'est pas dès le premier jour dans le sein de sa mère une créature complète qui ne diffère de l'homme fait que par sa petitesse. Non t la mère n'est pas le sol insensible qui n'a plus qu'à le nourrir t Regardez l'enfant pendant toute la gestation avec les yeux nouveaux que vous donne l'industrie nou-

1. Précis d'anatomie transcendante ^ ehap. VI, De l*épigénèse, par M. Serres. — Eludes cliniques sur les maladies des Jemmes, par M, Mathieu,

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velle, et vous verrez qu'il passe successivement par tous les degrés de Tétre; il est d'abord mollusque, puis poisson, puis reptile, puis oiseau, puis mammifère, puis homme ; il se construit, pour ainsi dire, pièce à pièce ; dès lors s'écroule la théorie de la supériorité du père. Ce n'est pas lui seul qui crée l'enfant, puisque l'enfant n'est pas encore créé comme homme quand l'action paternelle cesse. La reproduction demande donc un second agent, c'est-à-dire la mère ; la mère qui assiste l'enfant dans l'acquisition de chacun de ses organes; la mère qui lui donne une à une toutes ses armes; la mère qui l'élève progressivement jusqu'au type humain ! La mère, contrairement à la vieille doctrine orientale, a donc une part au moins égale à celle du père dans la création de sa postérité. A lui, il est vrai, l'impulsion première, mais à elle la véritable formation.

Plusieurs exemples intéressants, tirés de l'histoire naturelle des plantes, des animaux et des hommes, nous démontrent cette puissante action maternelle. Les fleurs hybrides sont, comme chacun le sait, des fleurs produites par le croisement de deux espèces différentes, mais appartenant au même genre. Prenez, par exemple, un géranium rouge, et le géranium appelé le roi des noirs, introduisez le pollen de l'un dans le pistil de l'autre, et il en résultera une espèce nouvelle, une hybride. Eh bien, presque toujours cette fleur hybride reproduira le type maternel plutôt que le type paternel, c'est-à-dire que si le géranium rouge est la fleur femelle, l'hybride tiendra du géranium rouge, et les fleurs qui naîtront d'elle tendront toujours à ic tourner de plus en plus à cette espèce •.

1. Nous avons tiré ces iotëressanles remaTqoiMdxiWNt^^'&^.'^V'

De même dans les animaux. Croisez un cheval e ânesse, il en résulte le bardeau qui tient plus de que du cheval. Croisez, au contraire, un âne e jument, vous obtenez le mulet qui reproduit plui cheval que Tâne.

,De même enfin dans les races humaines. Un p conquérant vient s'établir violemment sur une étrangère, comme, par exemple, les Francs sur laC En général, que résulte-t-il de leur alliance avec les mes indigènes? Qu'après quelques générations, le p formé de ce croisement reproduit les caractères, n la race conquérante, mais de la race conquise; les : ont absorbé le type paternel. De là le mot profonc tienne Pasquier : La Gaule fait des Gaulois.

Ce pouvoir réservé aux mères de transmettre î postérité leur caractère typique prouve sans réj leur action dans la genèse humaine; et de ce pc naît pour elles la prérogative magnifique de rai toujours les types divers de la nature chacun à sor vidualité propre. Elles sont les conservatrices de tes les races d'hommes créées par Dieu, c'est-à-d tout ce qu'il y a d'original, de caractéristique, de dans la nature humaine.

Un rôle plus élevé encore leur est réservé dans h fectionnement de l'espèce en général.

Ce fait réclame toute notre attention.

Parmi les merveilles dont chaque jour nos organe ou les témoins ou les acteurs, il en est une qui m'; jours paru plus singulière que les autres. Un long t

Ihieu, intitulé : Études cliniques sur les maladies dcsjemmes, 3» chap. IV. Peu d'ouvrages sont plus riches à la fols de faits, d vaiionê pfiiio«opMqae« et Ae i^(Âi\V« ù« Y^«TVQ>\'H<ïVQkX,

VOUS a fatigué, une veille prolongée a émoussé votre intelligence: eh bien, quittez votre chambre, respirez l'air du dehors quelques instants, et soudain votre tête se dégage, votre cœur bat plus librement, la lassitude même des membres se dissipe. Allez-vous de la ville à la campagne, le mystère se complique, en même temps que se multiplient les influences de cet agent occulte et bienfaiteur. Ce n'est plus seulement un malaise passager que cet air dissipe, c'est votre être tout entier qu'il renouvelle. La nourriture vous restaure davantage peut-être, mais elle .vous alourdit en vous restaurant; le vin vous réveille, mais il vous enivre en vous réveillant; l'air, au contraire, est tout ensemble doux et fort; il calme et fortifie, il semble même qu'il agissesur l'âme. Oui, quand on respire à pleine poitrine un air pur, on sent son cœur plus disposé à s'ouvrir aux sentiments affectueux. Que dis-je? et qui ne l'a pas éprouvé? On est comme arraché à celte terre elle-même, on secoue ses chaînes matérielles, et tout enchanté de cette vie nouvelle qui circule en vous avec cet impalpable éther , on se prend à rêver, presque à concevoir un monde, un ciel, où, semblable aux habitants des champs Élyséens qu'a créés le génie de Fénelon , l'homme ne se nourrira plus que de parfums et de lumière! C'est donc une bien merveilleuse substance que cet air! C'est donc un bien admirable instrument que cette poitrine I Et certes, si par hasard, dans le partage de nos organes, Dieu a établi une hiérarchie, celuici doit occuper le premier rang. En effet, la perfection de l'organe respiratoire semble la mesure de la valeur de chaque espèce. Parmi les animaux, plus l'appareil pulmonaire est faible et placé bas dans une race, plus cette race descend elle-même dans VécVveW^ àfc\^\îvre>a.-

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