‹ Histoire morale des femmes (volume 2)Chapitre 76 sur 124 · INFLUENCE DU TITRE DE MÈRE SUR LA COND'TION · texte numérisé non relu

INFLUENCE DU TITRE DE MÈRE SUR LA COND'TION

Lorsqu'on suit attentivement dans leurs vicissitudes diverses le cours des destinées féminines, l'esprit demeure frappé d'une contradiction inexplicable et cependant universelle : la fécondité de la femme ne lui donnait, comme nous le verrons, presque aucun droit légal sur l'éducation et la direction de ses enfants, et en même temps elle lui valait mille privilèges extra-maternels. Mère, elle était sans pouvoir comme mère, mais elle voyait tomber une partie de ses chaînes d'épouse et de femme.

Dans l'Inde, l'épouse qui enfantait prenait le titre de Djajaté, celle qui fait renaître, parce que son mari renaissait en elle, et à ce titre était attachée la charge de veiller au feu sacrificiel, de distribuer les aumônes et de recevoir les hôtes, honneur si envié chez les Orientaux. La Djajaté ne pouvait être répudiée sans cause, qu'au bout de douze ans, si elle avait des filles; jamais, si elle avait des fils^. Chez les Juifs, nous avons vu, par l'acte extraordinaire de Rachel, quel rôle immense la maternité jouait dans la destinée de l'épouse. Ce n'était pas seulement sa consolation, son orgueil, c'était son

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