‹ Histoire morale des femmes (volume 2)Chapitre 8 sur 124 · Lois de Manou j liv. II, v · texte numérisé non relu

Lois de Manou j liv. II, v

2. Une femme stérile peut être répudiée la huitième année; celle dont tous les enfants sont des ûlles, la onzième. {Lois de Manou, liv. IX, V. 81.)

3. Antiquités grecques ^ t. II, chap. IS. — Aristophftue, Le$ Grenouilles»

sept filles; leur sexe équivalait à une difformité^. A Rome, le nouveau-né était placé aux pieds de son père^ (jui pouvait le relever ou l'abandonner à son gi'é. Que de fois le patricien , avec toute la colère de l'orgueil trompé, s'est-il détourné de la pauvre petite créature couchée à terre devant lui, vagissant, pleurant, appelant... Vain appel, c'était une fille!

Chez nos ancêtres, sous le régime féodal, la naissance d'une fille paraissait au père une calamité. L'histoire' rapporte qu'à Nogent-le-Rotrou , quand on présenta à Louis XI son premier enfant, Jeanne de Valois, sa colère fut telle qu'il ne voulut point la regarder, qu'il repartit aussitôt pour Paris, qu'il défendit toute réjouissance publique, et que l'enfant, relégué au château de Linièrcs, fut pendant quatre ans privée des caresses de sa mère, et ne vit pas son père une seule fois. La naissance même d'un fils ne désarma point la haine de Louis XI contre son innocente fille : la première fois qu'il l'aperçut, il ne dit que ces mots : « Je ne l'aurais pas crue aussi laide... » Depuis, il témoignait à sa vue tant d'irritation, que la gouvernante de la pauvre enfant la cachait dans les plis de sa robe, si son père venait à passer; et l'on dit qu'un jour, une sorte de rage aveugle le saisissant, il

1 . Deux mots servaient à exprimer le malheur des enfants rejeléspar leur père : ànoTÎdiaOat, pour désigner l'exposil ion d'un enfant condamni^ à périr comme contrefait ; é:c7i6caO«t, pour marquer l'abandon d'un enfant que ses parents, trop pauvres, ne pourraient nourrir, ('^et abandon menaçait particulièrement les GUes ; leur éducation plus coûteuse et leur él.'iblissement plus difficile en faisaient souvent un fardeau, (infiquités grecques^ t. li, ch. 13.)

2. L'enfant nouveau- né n'était légitimé que quand le père l'avait levé déterre (terra levaverat). De là le mot élever, — Adam, Ànliqui-' fdr romaines f 1. 1, p. 76. — Denys d'Halicarnasse, liv. VllI.

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