‹ Histoire morale des femmes (volume 2)Chapitre 84 sur 124 · SoiBl Glii7«O0lome, De la vie moftasfiqfre · texte numérisé non relu

SoiBl Glii7«O0lome, De la vie moftasfiqfre

nourrir du moins par le toucher et les yeux, et lui faire passer dans les veines la divine flamme. •

Aussitôt que les enfants devenaient grands, et que les passions commençaient à gronder en eux, comme ces pauvre? mères veillaient, éperdues, autour de ces âmes où allait s*effacer peut-être la céleste image!

Une chrétienne, femme d'un païen d'Antioche, avait , un fils de quinze ans, beau et spirituel. Une sainte terreur la saisit; elle voit le cœur de son fils qui va lui échapper peut-être; elle croit que son père le jettera , dans les plaisirs corrupteurs et qu'elle sera trop faible pour lutter seule et sauver celui qu'elle a formé. Alors, par une sorte d'inspiration, elle attire dans sa maison 1 un des saints solitaires qui vivaient dans la montagne, et dont la méditation faisait toute l'existence; puis, quand il est là devant elle, tout à coup, sans préparations, sans préliminaires, elle court à la chambre de son fils, le prend, l'amène au saint homme, et le lui mettant pour ainsi dire dans les bras : Voilà mon fils, lui dit-elle, « il faut que vous me le sauviez î il faut que vous quit- « tiez votre solitude, votre vie de réclusion, et que vous « veniez demeurer ici , dans cette maison , pour le di- « riger. S'il n'avait que moi , je vous le donnerais et je « vous dirais : Emmenez-le; mais son père n'y consen- « tirait pas. Il faut donc que vous veniez ici!... » Puis s'attendrissant malgré elle et pleurant : « Accordez-moi « cette grâce; il y va de l'âme de mon fils qui est ex- « posée à un extrême péril. Que si vous êtes assez dur « pour me refuser, j'artteste Dieu que je n'ai omis au- « cune chose qui pût être utile au salut de l'âme de mon € enfant; et s'il lui arrive queilç\v)Le?»-\iiû&dftc/es accidents € si ordinaires danslacorTup\ÀoTià\iTao\v^%^\^<i>a.N<^\i&

€ fera rendre un compte très-rigoureux de son âme, 4L et vos mains en qui je le confie maintenant lui en « seront responsables^. »

Quelle véhémence t quelle énergique passion pour le salut de son enfant t Eh bien, voilà, voilà pourquoi il faut que les mères élèvent leurs fils jusqu'à douze ans; c'est pour les ressaisir à dix-huit et à vingt.

La loi borne au temps de la minorité des enfants l'empire du père et de la mère; mais croit-on que leur influence doive cesser avec leur empire? Est-ce quand l'âge des passions précipite le jeune homme dans la vie tumultueuse du monde, que les conseils maternels lui deviennent inutiles? Qui lui fera conserver le goût du bien, même au milieu des désordres du mal? Qui le préservera, sinon de la faute, au moins du vice? Sa mère, si elle a dirigé ses premières années.

Il est, dit-on, des choses qu'une mère doit ignorer. Une mère ddt tout savoir, pour tout consoler ou tout purifier.

Ce rôle ne va pas cependant sans quelques périls qu'il importe d'indiquer.

Tant que la confiance du jeune homme est pour lui un besoin de conscience, pour sa mère un moyen de direction, qu'elle l'accepte et la provoque, c'est un devoir; mais aussitôt que commencent les joies de la confidence, lorsque l'entretien n'est plus dans la bouche de celui qui parle qu'une occasion de raconter sa passion même, la mère doit couper court : sa pudeur de femme comme sa dignité maternelle recevraient outrage d'un tel récit; son attention complaisante de\v^ivàx^\\»

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SqrcBuAft^k^^i^ «Ke attitré ÙNl«l^<enee maternelle plus nwfiàMe<nMfiMef rmJMme Iwimme de vingt ans séduit iKKe pâMinre ^juftitrawf Ftot^^ d une meie dit tout bas : € Xiewi v^ttl tfieile Ik&&<ii)«i qu'aune autre: c'est moins mmewi qu^iuie Iklle de tlmtre. c'est moins périlleux qu'une fille du WMide : il i&e Têpousera pas du moins, el este reeule su)» marîa^. — « Mais cette fille va eue desbonofve ! — Ces filW$-là n'ont pas un honneur comme nousv — Mais cette enfont a une mère!

— Les mères du peuple ne sentent pas conmie nous.

— Mais cette malheureuse peut restn* chargée d'un enfant! — Que voulei-vous? il faut Inen que la jeunesse de mon fils se passe. » Enfin, n'est-il pas des

mères indignes de ce nom, qui, voyant leur fils rêver et poursuivre le déshonneur d'une femme qui est la femme d'un honnête homme, favorisent, sans s'en rendre compte, ce criminel dessein, glissent dans l'oreille de celle qui n'est pas coupable encore, des éloges de lenrûh, plus calculés qu'elles ne le ctovent elles-mêmes,

6t oseni» si learjtfHlÉMftl^^» Te^iracXv^c^xxK^^^Ti^sùNfe

impie, osent Tamnistier en la décorant du nom d'amour . maternel... Ah I détournons nos yeux d'un tel spectacle, et reportons notre pensée sur Timage d'une mère vraiment éducatricel Elle aussi, suivra son fils de la pensée et du regard auprès de celles qu'il voudrait perdre, mais pour les lui arracher, pour lui dire : « Au nom de ta mère, ne déshonore pas celle qui sera mère ! » Sans doute en dépit de cette sainte vigilance, il pourra faillir; mais du moins ne faillira- t-il que par passion, et jamais par calcul vaniteux ou par esprit de débauche ; il ne trahira personne, il ne trompera personne ; il sera peut-être jeune homme, mais il sera toujours honnête homme.

Aux passions succèdent l'ambition et les affaires.

La mère éducatrice soutiendra l'âge mûr de son fils, comme elle a épuré sa jeunesse. Quand les âpres soucis de la lutte l'accableront, c'est dans les mêmes bras où toutes ses douleurs enfantines ont trouvé refuge, qu'il viendra chercher quelque chose du calme et des bonnes résolutions de son enfance. Elle sait toutes les paroles qui le consolent (elle l'a consolé si souvent!); elle passe sur son front et dans ses cheveux, qui blanchissent peut-être, cette main caressante qui le calmait dans son berceau; elle l'appelle mon enfant^ et ce doux nom, qui, hélas i ne lui convient plus, le^touchant par le contraste même, après une heure d'entretien où sa mère lui a rendu courage rien qu'en lui rappelant combien de fois il s'est découragé, il part, le cœur ardent, la tête libre, rajeuni, et comme recréé par elle une seconde fois. Ah ! on ne sait bien, ce qu'est une mère éducatrice, que lorsqu'on l'a perdue! A mesure qu'on s'avance ^ev ^'a»&\^ vie, des paroles d'elle que l'on croyait avovï oxiXJ^vte^»

. des conseils tendres et prévoyants qui ont dix ans de date, se réveillent tout à coup et viennent encore vous éclairer. En vain brillent autour de vous Tamour, les amitiés ardentes, parfois même les enthousiasmes, au fond de votre âme, se lève plus belle chaque jour, par la comparaison de toutes choses, la divine image maternelle! On trouve d'autres cœurs qui vous adorent peut-être; mais il n'y a qu'elle qui vous aimef

Aussi, comment comprendre que notre loi ait accepté l'héritage des antiques défiances contre la mère, et ne lui ait pas accordé un droit égal à celui du père dans le mariage des enfants^? Le Code dit : « Les enfants mi- « neurs ne pourront se marier sans le consentement de « leurs parents. » Puis, par une contradiction qui ren- 1

1 . Cette défiance contre toat ce qui vient de la mère se marque ;: d'une manière bien évidente duus le fait de la tutelle des bisaïeux. Un homme meurt, ainsi que sa femme, et laisse un orphelin. Il semble que la tutelle doive appartenir à celui des ascendants qui offre le plus de garantie comme fortune, comme moralité, comme intelligence, au plus digne enfin. Il n'en est rien cependant. La tutelle, dit le Gode (art. 402), appartient de droit à TaTeul paternei; à défaut de celui-ci seulement, on appelle l'aïeul maternel, et en remontant on a toujours soin (art. 404) que l'ascendant paternel soit préféré. Ainsi , que le père de votre père, sans tomber dans des cas d'inconduite notoire (le cas d'inconduite notoire l'exclut seul de la tutelle), soit prodigue ou débauché, qu'il n'ait souci ni de sa famille, ni de sa dignité , ni de votre amélioration, n'importe; il aura de droit le soin de votre direction morale, le soin de votre fortune, il est votre parent par les hommet, la loi s'incline devant ce nom : mais qu'au lieu d'aïeul il ne vous reste que deux bisaïeuls, et tous deux de la ligne maternelle, le choix entre les deux est remis au conseil de famille» Curieuse preuve de cette jalouse et secrète hostilité contre les femmes. Tant que les parents de l'orphelin sont ses parents par son père, on livre au hasard de la naissance le soin de décider qui relèvera; mais dès que le mot de parents maternels est pronosoé, la sollicitude de la loi s'éveille et inter>ient dans la nomination du tuteur; elle y veut la sanction du conseil de famille : on dirait que cette parenté par les mères imprime même eux Boàhs un caéhei d'infériorUé.

verse le principe même, il ajoute : « En cas de dissenti- « ment, le consentement du père suffit*. » N'est-ce pas une dérision de permettre à la mère de dire oui, et de lui défendre de dire non? On objecte Tintérét des enfants : il faut, dit-on, que l'opinion d'un des deux époux décide, afin qu'en cas de partage, le sort de l'enfant ne reste pas en suspens, c'est sa voix seule qui fait pencher la balance entre deux pouvoirs égaux. Égaux? Pourquoi alors n'avoir pas dit : En cas de dissentiment, le consentement d'un des deux suffit; pourquoi, si ce n'est qu'on voulait réduire l'autorité de la mère à une autorité fictive comme dans le passé?

Chez les Juifs, jamais dans les fiançailles le consentement de la mère n'est mentionné.

Dans rinde, les lois de Manou disent* : « Le père

qui a donné sa fille , k pèreqxxi accorde la main de

sa fille , le père qui marie sa fille avec les honneurs

convenables, etc. » Le nom de la mère n'est pas même prononcé.

En Grèce, la mère n'avait, ce semble, d'autre droit dans le mariage de ses enfants, que le vain privilège de porter la torche nuptiale et de préparer le repas particulier pour les femmes*. Dans Iphigenie en Aulide^ Clytemnestre s'informe bien auprès d'Agamemnon de quel pays est Achille, quand se fera l'hymen, si l'époux emmènera l'épouse en Phthie ; elle réclame vivement, comme sa prérogative naturelle, sa place auprès de sa fille pendant la cérémonie, mais tout indique que son

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