Saini Jérôme, Vie de Fabiola
iéguise en esclave pour porter des aliments aux chrétiens prisonniers ; c'est Paula ^ qui vend tout pour le lonner aux pauvres, et qui emprunte même pour prêer. «Prenez garde, lui écrit saint Jérôme; Jésus-Christ t a dit que celui qui a deux robes en donne une, et t vous, vous en donnez trois I » — « Qu'importe, s'ét crie-t-elle, que je sois réduite à mendier ou que j'emi prunte, ma famille payera toujours mon créancier et t me fera trouver un morceau de pain ; mais si le pâut vre que je repousse meurt de faim, qui rendra compte c de sa mort, si ce n'est moi ? » C'est enfin Marie TÉçyptienne, Marie la courtisane, qui fut saisie, à la vue lu calvaire, d'un repenlir si désespéré, qu'elle arracha ies vêtements, s'enfonça dans le désert, et pendant Irente ans vécut seule, nue, se nourrissant d'herbes qu'elle paissait au lieu de les cueillir, et promenant, sous un soleil dévorant, son corps noirci et ses longs cheveux blancs qui l'enveloppaient comme un linceul. Voilà par quelles pénitences emportées et par quels prodiges de charité les femmes, intervenant dans les destins du monde, renversèrent alors cet Olympe corrompu qui pesait sur lui. Elles firent plus encore : saint Jérôme nous l'apprend dans la Vie de Paula.
Descendue des plus antiques maisons païennes, Paula, fille de l'illustre chrétienne Léta, avait pour aïeul Albin, prêtre des idoles. Saint Jérôme fait de cette petite fille ui instrument de conversion. « Quand Paula rencontre « son aïeul Albin, écrit-il à Marcella, qu'elle coure à « lui, qu'elle lui saute au cou, qu'elle l'embrasse, et « qu'au milieu de ses caresses, elle lui insinue les louan-