‹ Histoire morale des femmesChapitre 12 sur 33 · iiisroiui: Muu.VLt: dks itMMES · texte numérisé non relu

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même, allail se rattacher en arrière à la belle tradition de Pétrarque et du Dante, et réédifier pour Tavenir l'imaye effacée de l'amour spiritualiste , de l'amante , guide inspiré et consolateur.

Enfin j dans des temps plus voisins de nous , quand l'école nouvelle (car il ne faut pas lui ravir cette gloire) régénéra et créa peut-être en France la véritable poésie lyrique , qui fut le guide de cette jeune armée? Béatrix ! Les Méditations , dans leur ravissant mélange de piété et d'amour, ne semblentelles pas un dernier chant de la Divine Comédie ? Où Tauleur des Feuilles d'automne a-t-il puisé ses plus impérissables poésies , si ce n'est dans le culte chaste des saintes tendresses de la famille? Qu'estce quel'exquise création d'Éloa, qu'est-ce que tous ces accents inspirés qui s'échappèrent de tant de jeunes lyres , sinon l'écho de cette belle parole de Pétrarque àLaure : Toute vertu me vient de toi, comme tout arbre de sa racine?

Ainsi s'est établie et prolongée, dans le monde, la lutte des deux Vénus, des deux amours. Un enseignement ressort pour nous de cette exposition : autant le rôle de l'amante a été grand pour la femme et bienfaiteur pour l'homme, autant l'empire de la maîtresse a été souvent fatal à l'un et mêlé de houle pour l'autre. Qu'en conclure? Qu'on doit jeter l'anathème sur l'un des deux amours? Condamner toute affection qui regarde le corps? Non; les deux amours ont un rang et des droits inégaux, mais tous deux ont leurs droits et leur rang ; tous deux repré- .sentent par un côté le dessein de Dieu sur l'union de riiomme et de la femme ; tous deux sont donc

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légitimes. Il no faut point proscrire la Vénus terrestre, car nous sommes sur la terre; mais il faut la purifier en l'alliant à la Vénus céleste, car nous aspirons au ciel. Qui peut sceller cette alliance ? Le mariage. Le mariage est le seul sanctuaire où il y ait place pour ces deux cultes ; il purifie l'un et anime l'autre, il confond l'amante et la maîtresse dans un seul personnage qui est l'épouse. Nous voici donc amenés, par la suite des idées mêmes, à l'examen de la société conjugale.

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