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CHAPITRE m

I^a femme dans la vie de famille.

La vie de famille ! Ce long ouvrage , comme nous l'avons dit dans notre avant-propos, n'a qu'un objet véritable : célébrer les joies que donne la famille, et décrire les devoirs qu'elle impose. Nous portons si vivement gravée dans notre cœur cette conviction inébranlable qu'il n'y a point de malheurs absolus avec la famille, et que sans elle il n'y a pas de biens

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réels; toute vertu, toute grâce, tout contentement pour la femme nous semblent si intimement liés aux destins du foyer domestique , que des diverses réformes réclamées par nous , il n'en est pas une seule qui n'ait pour but dernier de rendre la femme plus digne de la vie intérieure. Qu'il nous soit donc permis de présenter, dans un dernier et général coup d'œil , toute la grandeur morale que peut devoir la famille à la femme , la femme à la famille.

Le titre saint de mère de famille n'a longtemps représenté que des idées de dévouement et de tendresse. Une des œuvres de notre temps sera, je le crois, de faire voir qu'être mère et épouse, ce n'est pas seulement aimer, c'est travailler. La maternité est une carrière, une carrière à la fois publique et privée ; le mariage , une profession avec toutes ses espérances et toutes ses occupations. Pour la maternité, qui le contesterait? Le seul mot d'éducation maternelle dit tout. Niera-t-on qu'une jeune fille ait à peine assez de toute sa jeunesse, et une femme de toute sa vie, l'une pour se préparer aux fonctions d'éducatrice , l'autre pour les remplir? Dire à une femme : Vous élèverez vos fils et vos filles, n'est-ce pas lui permettre, n'est-ce pas lui imposer l'acquisition de toutes les sciences et du même coup lui en donner l'emploi? Si l'on regarde le professorat comme une carrière suffisante pour Factivitc d'un homme , que faudra-t-il dire de cette éducation par la mère, où elle prodigue non seulement tout son esprit, mais son âme même et sa vie? Voyez une mère donner une leçon à son enfant, suivez sa physionomie, écoutez l'accent de sa voix ,

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et comparez , si vous le pouvez , tout ce qu'elle dépense d'énerpie et de vitalité dans une heure, avec rindifférent travail du professeur payé. Si Tenfant réussit , ses yeux se mouillent ; son coeur se serre s'il échoue. Espoir, découragement, anxiétés, tout ce qui constitue les passions, se rencontre pour elle dans cette occupation. Penchée sur le papier de Tenfant quand il écrit, suspendue à ses lèvres quand il répond , elle assiste à sa pensée, elle la presse , elle la fait éclore , elle le crée une seconde fois. Pour le mariage , qu'il devienne ce qu'il doit être , ce qu'il sera, et la femme y trouvera un double emploi de son activité, d'abord dans l'administration de ses biens particuliers ,. puis dans ce beau rôle même d'épouse, de compagne. Pour cela, il ne s'agit pas de renouveler les lois , il ue faut qu'approprier au mariage un fait qui lui appartient, et qui ne peut être un bienfait qu'avec lui, un fait ancien, sinon comme le monde, du moins comme la civilisation, et .qui prend plus de place sur la terre à mesure que le personnage de la femme s'élève. J'explique ma pensée.

Les hommes tiennent tous les emplois : ils jugent, ils plaident, ils sont poètes, soldats, législateurs, savants; le monde entier roule sur eux seuls. Tel est le fait palpable ; mais derrière cette réalité visible , il existe parfois une autre réalité secrète qui la détermine ou la modifie Toutes les paroles éloquentes auxquelles l'orateur doit sa gloire , toutes les actions énergiques qui illustrent les hommes publics viennent-elles d'eux seuls , ou bien , plutôt, derrière le grand jour splendide qui les présente à

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l'admiration de la foule dans tout Téclat de leur pijdssance, ne se trouve-t-il pas souvent, à demi enveloppé dans Tombre, un être mystérieux qui mêle , sans que le public l'entende , sa voix à cette voix entraînante , qui communique , sans que le public le voie, sa force d'élan à cette activité sublime? Pour qui observe , cela est hors de doute. Pass«E en revue , par la pensée , les hommes éminents qui vous sont connus, et plus d'une fois, en pénétrant dans le secret de leur vie, vous y découvrirez une femme qui a sa part dans leur conduite; elle est Tinspiration comme eux Faction. Vrai de tout temps, ce fait devient presqu'une règle depuis que l'éducation des femmes se fortifie. Plus d'une existence virile est double, pour ainsi dire , elle représente les deux sexes , et un homme n'est peut-être complètement lui-môme qu'avec une femme et par une femme.

Eh bien ! le mariage seul peut donner à cette action féminine un caractère de continuité et de pureté. Je ne crois pas à l'influence bienfaisante d'une femme que l'on n'aimait pas hier et que l'on n'aimera plus demain. Sans souvenir et sans espérance, cette affection ne peut pas conseiller ; comme elle sait son peu de durée, elle se hâte de témoigner de son existence par la violence de son empire; la femme qui l'inspire est une maîtresse et non une compagne. Mais une longue vie parcourue et à parcourir ensemble, la communauté de l'avenir et du passé, les enfants surtout , les enfants à élever, tout dans le mariage communique au pouvoir de la femme un calme et un sérieux qui en font réellement une pro«

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fession pour elle. Ce qu'il y a de relatif dans celle existence ne fait que raccommoder plus heureusement à la nature féminine. Vivre pour un autre, se témoigner par un autre , disparaître dans une gloire ou une vertu dont on est le principe, montrer les bienfaits et cacher le bienfaiteur, apprendre pour qu'un autre sache , penser pour qu'un autre parle , chercher la lumière pour qu'un autre brille , il n'y a pas de plus belle destinée pour la femme; car tout cela signifie se dévouer. Or, quelle plus noble prof(»ssion que le dévouement? Quel emploi de la vie mieux approprié à toutes les qualités de la femme? Celle demi-ombre convient à sa réserve, cette intermittence d'action à sa faiblesse physique, CCS élans momentanés à son entraînement, cette vigilance à sa finesse , et surtout cette vie de consolatrice à son âme! Toute épouse, vraiment épouse, a pour carrière la carrière do son mari. Prenons ce savant. C'est un inventeur; génie ardenl, il tend toujours à l'ensemble des choses; sou activité féconde, se portant à la fois sur tous les points de la science, y ouvre, chaque fois qu'elle y plonge, des percées inconnues. Quelle gloire! direz-vous. Oui, mais parfois aussi, quelle douleur! La médiocrilc aveugle le nie, la médiocrité clairvoyante l'attaque; les obtus, qui ne le comprennent pas, et les envieux, qui le comprennent trop bien, s'accordent pour le reléguer parmi les fous; de là les moqueries, le désespoir, le doute de ses propres forces. 11 va succomber... Rassurez-vous, il vivra; car près de lui est une femme , sa femme , qui l'a deviné et qui lui montre Tavenir. C'est elle qui le rattache à ses puis-

sants travaux : « Explique-moi tes pensées , tes projets, je ne suis qu'ignorance, mais Jésus lui-même ne dédaignait pas les pauvres d'esprit qui sont riches de cçmv; parle. » Il commence : ces idées, qui étaient comme mortes pour lui découragé, se raniment à mesure qu'il les exprime; la nécessité de faire pénétrer ces sérieuses découvertes dans un esprit auquel elles sont étrangères encore, le force à un langage plus clair qui les lui éclaircit à lui-même ; il crée en racontant, et elle, elle grandit en écoutant. L'enthousiasme le saisit, il se rejette dans la lutte, il triomphe, et la plus vive joie de sa femme est de ne pas compter dans cette victoire , qu'il n'eût peut-être pas remportée sans elle (*).

Comme le savant, que serait l'artiste sans une femme? Dieu , qui semble avoir nommé les artistes ses élus, n'a pas produit de plus malheureuses créatures. Le sentiment du beau et l'horreur du laid abondent en tourments qui semblent impossibles à ceux qui ne les éprouvent pas. Cette impressionnabilité si délicate qui s'éveille pour un effet de lumière, qui s'attendrit pour un mot touchant, les livre désarmés au contact des rudes réalités de la vie. Ils sont à l'égard des autres , comme des hommes qui marcheraient pieds nus sur des cailloux, à côté de leurs compagnons armés de fortes chaussures. Une femme seule a la main assez délicate pour ne pas blesser l'imagination de ces enfants malades. Qu'a-

0) Que Ton remarque que ceci peut s'appliquer non seulement aux liommes.de génie, qui sont rares, mais à tous les hommes occupés d'études sérieuses. Nous ne montrons que i'éctielon le plus élevé : mais le reste de Téchellc se devine et se conclut.

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t-il manqué au Tasse? Une femme. Qu'a-t-il manqué au Camoëns? Une femme. Gilbert avec une femme ne serait pas mort de désespoir ; Malfilàtre ne fût pas mort de faim. Tel peintre, proqlamé maître aujourd'hui, eût vu son génie s'éteindre dans la misère s'il eût été seul. Regardez-le; l'idéal est son rêve; tout ce qui est de la terre lui échappe; il faut vivre cependant; sa femme se charge de penser à tout ce qu'il oublie. Lui laissant ses sublimes rêves, l'ardente poursuite du beau, le commerce ininterrompu avec le travail, elle prend pour elle les soins matériels, Texistence de chaque jour à organiser^ les enfants à instruire. Assise à la porte de cet atelier, qu'elle respecte comme un sanctuaire, elle fait faire silence alentour ; elle veille pour qu'aucun bruit du monde n'aille troubler le créateur dans sa silencieuse conception ; elle s'est réservé tout le côté pénible et prosaïque de la vie, et, sans s'en douter, elle a pris la plus poétique des deux existences ; car le dévouement, c'est de la poésie en action.

Si nous laissons les arts pour examiner les charges publiques, quelle noble part pourrait y prendre réponse! Nous voici devant un homme d'État. Je le suppose tel que je le voudrais, ambitieux, mais ambitieux par conscience de sa force; cherchant, non le triomphe de sa vanité (c'est le but des petites âmes), mais le triomphe de ses idées, parce qu'il les croit bienfaitrices. Il arrive au pouvoir ; il est représentant, ministre mémo. Tous ses desseins sont purs encore, maisl'atmosphèrequi l'environne est funeste; autour de lui rôde le scepticisme sous le nom d'expérience , le despotisme sous le masque de la néces-

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site; son orgueil, l'exemple, le maniement de ce pouvoir qu'on touche si rarement avec impunité, tout l'entraîne à substituer insensiblement l'intérêt de sa personne à l'intérêt de tous. Qui le soutiendra dans ce sentier difficile? Un seul être le peut faire, une femme; une seule femme, la sienne. L'œil fixé sur ce rôle idéal qu'elle a depuis si longtemps rêvé pour lui, elle s'aperçoit de la plus légère tache qui vient le déparer. Isolée de l'action , et par conséquent juge plus calme, elle ne se laisse pas dériver aux insensibles changements qu'amène un jour succédant à un jour. Deux points seuls la frappent, le point de départ et le point d'arrivée. Si son mari veut feire une chose blâmable, aussitôt elle jette le cri d'alarme; pas de sophismes qui la puissent tromper, car. Dieu merci I la femme n'argumente pas, elle sent. Qu'il amasse raisons sur raisons pour lui prouver la justice de sa détermination, qu'il la lui prouve même, elle ne l'entend pas; son cœur lui crie qu'il a tort, elle ne connaît que ce cri, et, soutenue par ses défauts mêmes, l'irréflexion et l'amour de ce qui est excessif, elle le sauve d'un commencement d'erreur qui serait peut-être devenu sa perte.

Élevées à cette juste hauteur, les fonctions de l'épouse et de la mère nous présentent un des plus nobles emplois de la vie , et la conscience publique doit les proclamer souveraines. Un autre titre investit la femme d'une réelle royauté, c'est le litre de maîtresse de maison, disons mieux, de femme de ménage. De la femme de ménage dépend la prospérité inté-

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rieure^ la sauté des enfants, le bien-être du mari. Elle s'occupe du beau comme du bon, car F arrangement de sa demeure est comme une œuvre d'art qu'elle crée et renouvelle chaque jour. La bonne femme de ménage a besoin de toutes les qualités féminines, l'ordre, la finesse, la bonté, la vigilance, la douceur. Elle répare les fortunes ébranlées, elle sait transformer l'aisance en richesse, le strict nécessaire en aisance. Elle gouverne enfin, elle gouverne pour sauver, et son empire est plus réel que celui des ministres et des rois. Un roi, si habile qu'il soit, peut-il foire que ce qu'on appelle son royaume demeure à l'abri des intempéries du ciel ; que la pluie, la grêle, la guerre, ne viennent pas ravager ses routes et ses moissons? Un roi a-t-il quelque autorité sur les âmes? Peut-il commander à ses sujets de parler, de se taire? Êtres et choses, tout lui échappe. La femme de ménage, au contraire, tient dans sa main, pour ainsi dire, chacun des habitants qui animent, et chacun des objets qui composent son petit empire. Elle exile de sa maison les paroles grossières , les actes violents ; elle améliore ses serviteurs comme ses enfonts , et nul n'est frappé d'une souffrance qu'elle ne puisse aller à son aide. Par elle, les meubles sont toujours propres, le linge toujours blanc. Son esprit remplit cette demeure, la façonne à son gré, et rien ne manque à ce gouvernement domestique, pas même le charme idéal. Qui de nous, passant le soir dans un village, devant quelques demeures de paysans, et apercevant à travers les vitres, le foyer flambant, le couvert mis sur une nappe rude mais sans tache, et

la soupe fumante sur la tablç^ n'a point pensé avec une sorte d'attendrissement que j'appellerai poétique^ à ce pauvre ouvrier, bientôt de retour, qui, après un long jour employé à remuer la terre ou le plâtre, età frissonner sous la pluie, allait rentrer dans cette petite chambre si nette et reposer ses yeux et son cœur, fotigués de tant de travaux rebutants. Peutêtre ne se rend-il pas compte de ce sentiment de bienêtre, mais il réprouve. L'homme de pensée lui-même, après de longues et arides méditations , ne trouvet-il pas une sorte de repos qu'il idéalise, dans la vue des occupations ménagères ? La laiterie où le beurre s'arrondit en mottes brillantes et parsemées de gouttes de rosée; la grande cuve où bout le linge; la bassine où cuisent les fruits mêlés de sucre, sont autant d'objets qui calment, qui touchent même d'une sorte d'émotion sereine, comme tout ce qui tient à la nature et la famille , comme la vue d'une vache qui broute, d'une plaine où se fait la moisson. Les anciens sentaient et exprimaient admirablement cette poésie domestique. L'Odyssée ne nous charme jamais davantage que quand elle nous offre, dans Nausicaa et dans Pénélope , la princesse unie à la femme de ménage , et Xénophon n'a rien écrit de plus exquis que le tableau des joies de la jeune mère de famille. Du reste, ce nom de mère de famille, qui signifie à la fois épouse, mère, maîtresse de maison, a une autorité si réelle qu'on le retrouve entouré d'une auréole de respect et d'amour jusqu'au fond des cœurs qui en ont, ce semble, le plus méconnu la sainteté. A Saint-Lazare , ce nom agit avec une sorte de prestige sur les pauvres créatures perdues que ren-

ferme ia prison (^). I^s paroles les plus consolatrices^ les soins les plus constants des personnes qui les entourent , ne leur inspirent qu une gratitude mêlée de suspicion. Mais si une mère de femille descend parmi elles , si elle leur donne conseils et secours 9 les voilà saisies dune confosion respectueuse. La main du Christ touchant les blessures du lépreux ne semblait pas plus divinement miséricordieuse à ce misérable^ que ne l'est pour les filles perdues la main protectrice de la mère de femille. Aussi jalouses qu'elle-même de sa dignité, sentant comme elle la distance qui les sépare^ elles ne lui demandent pas y elles ne lui pardonneraient pas de les traiter en égales. Leur sévère Mstorien raconte qu'une ouvrière, mère de deux en&nts, ayant été introduite dans la prison de Saint-Lazare, et s'étant mise en femilière communication avec quelques unes de ces femmes, elles la repoussèrent avec colère, et une d'elles s'écria : « Elle nous parle comme si nous étions d'honnêtes femmes, elle, uae mère de famille! C'est abominable! »

Telle est la triple souveraineté de la femme au sein de la société conjugale. Mais la femille, dans l'état de civilisation, ne se borne pas à ce groupe formé par les époux et les jeunes enfants. Si la mort du père ou de la mère le dissout, l'État crée aussitôt autour des orphelins une paternité fictive et protectrice, qui s'exerce par la tutelle et les conseils de famille.

Les femmes en sont exclues, et les femmes doivent y occuper la première place.

(*) Ce fait est consigné comme certain par nnchâlelel , el je l'ai entendu confirmer par les bouches les plus dignes de croyance.

Les hommes , nommés membres d'un conseil de famille, ne pensent trop souvent qu'à en éluder les devoirs. Lé plus léger prétexte leur sert de motif d'absence, et le juge de paix se voit forcé de les remplacer par des indifférents ou des étrangers. Sontils présents, ils n'apportent, la plupart du temps, à la réunion ni esprit d'examen ni études préparatoires ; ils écoutent à peu près ce qu'on leur dit, ils signent ce qu'on leur montre : le tuteur reste maître et le pupille orphelin. Or, ce tuteur, quel est-il? Souvent un administrateur intègre, rarement un père. Ce qui manque dans ces institutions, c'est précisément ce qui les a fait créer, et ce qui peut seul les faire vivre, la charité, la tendresse. Enjportés et absorbés par les travaux du dehors, les hommes n'ont ni le loisir ni la chaleur d'âme nécessaires à ces paternités d'adoption. Les meilleurs, ceux à qui leur conscience fait remplir ces fonctions comme un devoir, y montrent les qualités précieuses de Thomme d'affaires, ils veillent sur les biens du mineur, ils défendent ses intérêts, prennent même soin de la culture de son intelligence, mais son âme, son être moral , n'est l'objet d'aucun soin réel. On le défend, on ne l'aime pas. Appelez les femmes comme les hommes à ces deux offices, soudain tout change. La tutelle, dans les mains des sœurs ou des amies, devient une maternité, sans cesser d'être une administration : les conseils de famille se vivifient par leur influence. Instruites au maniement des affaires privées grâce à leur propre affranchissement, rendues plus actives et plus éclairées par le concours des hommes , que la rivalité rendra plus exacts ; mêlant

leur vigilance cordiale, leur esprit de détail, leur connaissance des enfants, leur préoccupation du perfectionnement moral à la raison masculine plus froide et plus positive, elles feront, enfin, de la tutelle et des conseils de famille, une famille. Ainsi s*élèveronl ces magistratures par les femmes, et les femmes par ces magistratures.

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