LA FILM-. W
équitable qu'en traitant inégalement dans ses dispositions testamentaires la sœur et le frère , c'est-àdire en avantageant la sœur.
Nous nous sommes longuement étendu sur ce sujet de l'héritage, parce que l'histoire tout entière de la sujétion des femmes ne nous offrira aucun argument aussi solide pour leur liberté. Voilà la première inauguration du principe de l'égalité dans la famille, et ce principe se trouve tout ensemble une loi de concorde et une loi d'affranchissement. Sommes-nous moins respectés comme pères depuis que nous ne pouvons plus dépouiller nos filles? Sommes-nous moins aimés comme frères depuis que nos sœurs, comme le dît énergiquement la Mère Duchesne, ne sont plus nos servantes? Les esprits superficiels crient, je le sais, à la ruine du respect filial et de l'autorité familiale : répondons-leur par les Fourberies de Scapin, V Étourdi et l'Avare; tous ces crimes de lèse-majesté paternelle datent du bon vieux temps, et Ton applaudissait sous Louis XIV ce que nous repousserions avec horreur, le spectacle d'un fils qui s'associe à un fripon pour voler son père ou le faire bâtonner.
Il ne faut donc pas craindre de le dire ; nous valons mieux que nos pères sur ce point, et l'idéal de la famille s'est élevé d'un degré dans la conscience publique. A qui est dû en partie ce progrès? A la loi d'égalité entre les frères et les sœurs. Maintenant c'est à l'éducation de légitimer cette égalité.