CHAPITRE V
Jevaease) Age du niMplii^e.
Il u'y a qu'un pas entre l'adolescence et la j^eunet^se. Pour les jeunes filles comme pour leâ planteèt au mois de Baai , chaque heure vaut un jbur, <ibaque jour vaut un mois, tant ils sont féconds et: mûrissants. La nature ne marche plus alors par progrès lents et insensibles; c'est en une nuit que l'arbuste , à peine bourgeonnant hier, se couvre de feuilles et de fleuts; c'est en une saison, sous le regai^d^ pour
LA. FILLfi. 83
aînsi dire , que l'adolescente devient jeune KUe, que la jeraùe fflle devient fiancée. Quel père ne se sent saisi d'iin mélange d'étonnement, d'orgueil et de crainte à l'aspect de cette métamorphose , qui chaque jour lui fait apparaître dans sa fille un être nouveau , transforme sa tendresse en une sorte d'affection respectueuse, et le frappe de douleur en le forçant à penser que le moment de la séparation approche , qu'il accourt , qu'il est venu.
La loi fixe l'âge de mariage à quinze ans , la coutuitie à dix-sept ou dix-huit; toutes deux, selon nous , se hâtent trop.
Chez tous les peuples , l'âge du mariage des jeunes
filles est la mesure de la condition des femmes.
Manon (*) ne voit en elles que des instruments de
plaisir; il les marie à huit ans. Numa (*) veut les
livrer maniables et façonnables au mari ; il les marie
à douze. Lycur >iio (^) no cherche en elles que de
vigoureuses génératrices ; il les marie à vingt. Si
nous les voulons libres dans leur choix et libres dans
leur vie, reculons encore ce moment. Pour la loi qui
ne considère que le corps, la fille de seize ans est une
femme parce qu'elle peut être mère; mais pour le
physiologiste et pour le moraliste, ce n'est qu'une
enfant.
On a souvent observé que les premiers nés sont généralenu^it chétifs, et, parmi la noblesse, l'esprit
(I) l/)i.s de Manou, liv. 11. — 11 fuul laire la pari du climat ; uiais huit ans dans rindc équivaicnl au plus à quinze ans dans nos ronlrées.
:}, riutarcfue , Vie de Numa.
'*■ \i\cfn. Vie de Lycur g ue.
84 UISTi^IRE MOR\LE DES FEMMES.
des cadets et la sottise desatués avaient justement passé en proverbe. Pourquoi ? Parce que les femmes se mariaient et se marient trop jeunes. Une fille de seize ans et même de dix-huit n'a que l'apparence de la force, la gestation l'énervé, l'allaitement Fépuise. Elle n'est pas plus propre au rôle de mère qu'à celui de femme î En effet, qu'épouse la jeune iille de seize ans , est-ce son mari? Pas. le moins du monde ; car grâce à nos mœurs elle ne le connaît pas, et grâce à son âge, elle ne peut pas le connaître. Elle épouse un visage, si son fiancé est beau; une fortune, s'il est riche; un habit, s'il e^t élégant; mais lui, son être moral, lui, travailleur ou penseur, je l'en défie, car elle est forcément étrangère à ce qui fait le fond du cœur et de la vie de cet homme, aux travaux qui remplissent l'une, aux pensées qui animent l'autre; elle épouse, comme dirait la géométrie, nnx.
Deux causes à ce malheur : d'abord la vanité de beaucoup de parents qui se font un point d'honneur de marier leurs filles très jeunes ; il s'établit à ce sujet une sorte de joute entre quelques familles. Puis un étrange amour-propre masculin, qui a décrété qu'un homme était toujours de dix ans plus jeune qu'une femme, et qu'une fille de vingtquatre ans et même de vingt-deux ne pouvait plus prétendre qu'à un homme mûr.
Je ne sais si je m'abuse, mais il me semble que nous nous créons de singulières illusions sur le dénlin relatif des femmes et sur le nôtre. Nous sommes 1res sévères pour elles , mais par compensation nous nous montrons fort indulgents pour nous. l<égisla-
;eurs même de ce qui est hors des lois , nous avons lafoiiement converti nos défeuts d'âge mûr en qualités. L'embonpoint pour nous s'appelle de lajno- >ie8se ; les rides donnent du caractère au front et à la bouche ; la calvitie élargit le crâne en le dévoilant ; il n'est pas jusqu'aux, cheveux gris , qui , tralifêsant des méditations profondes , ne transforment tout homme entre deux âges en penseur ; et enfin , ^tsâ)lisdant , ainsi que l'a spirituellement observé [imdame de Genlis, la supériorité de notre décadence asque dans la langue , nous disons d'une rose qui 3as8e qu'éf/Ze se fûne , et d'un chêne qui meurt qnHl f€ couronne.
Là nature sanctionne-t-elle notre décret ? borne- >élle le règne des grâces extérieures de la femme I de si courtes années que le déclin commence pour elle dix ans plus tôt que pour l'homme? Nous ae le croyons pas.
En effet, si ce charmant et premier coloris de la Sgure ne va guère plus loin que l'adolescence de la jeune fille , bien des avantages nouveaux viennent le remplacer. La taille d'une femme ne se dégage et ne se dessine qu'après vingt-deux ans; ses mains ne sont jamais aussi belles qu'à vingt-cinq ; son col , à cet âge , s'élance plus élégamment , ses épaules s'élargissent, sa poitrine se développe, et toutes les formes de son corps s'harmonisent en un ensemble de mouvements souples et gracieux qui n'appartiennent pas à la première jeunesse. Les statuaires antiques , ces adorateurs intelligents de la beauté , ont merveilleusement rendu cette progression de la nature. La délicieuse Vénus de Naples qui figure la
S6 nisTOïKt: morxlk i>iùs femmes.
jeune Klle adolescente; Diane à la Biche, sa saur atnée ; la Vénus de Milo, leur souveraine , nous reproduisent^ dans trois types parfaits^ ces trois âges successifs de la beauté de la femme. N'e^t^ce pas à vijogtr cinq ans, et à vingt-cinq ans seulement, q.u 'apparaît la seconde et durable grâce di| visage ^ L^ physic^iomie? N'est-ce pas alors que le feu intérieur ^ Fintelligence éclate dans le regard; que la. /§bçiesse 4^ l'esprit se révèle dans les najrinea plu9 moibii^ et plus nettement accusées; qu^^j'âoie .surtout) l'âme dévouée et tendre , se répandant. ^\\f les Kvres, dans le sourire, dans les larmes, neHi$ montjriB la femme avec tout l'éclat dont Dieu l'a parée en la créant? Enfin, et là se trouve le point principal, une femme n'est en pleine richesse de sentiments et d'intelligence qu'à vingt-cinq ans. Ponc, fûj-il vrai qu'une loi douloureuse de la nature la condamne à être à la fois jeune et vieille, fut41 vrai que sa beauté intérieure ne s'épanouit qu':au seip 4'une organisation physique dont le déclin commence, comme le parfum d'une fleur qui ne s'exha)0raitque d'une corolle à moitié flétrie, la femme jeuoa par la pensée et jeune par le cœur, aurait le droit , au nom de ce cœur et de cette pensée, de réclamer ua compagnon jeune comme elle. Heureuseinent, nous l'avons vu, elle le peut aussi à d',autres titres, et la jeune fille qui recule son mariage jusqu'à vjifgtdeux ans , ne perd pas le privilège d'épouser m jeune homme.
Une difficulté réelle se présente cepeiidant. Comment s'écouleront sans amour pour la jeui^i^ j^llt^, ces quatre années, les plus rom^pesquf^s dp la >ie,
. LA. FILLK. 87
de4ÂXf4iuit ans à vingt-^leui? Comment les parenU» les remptiront-ik?
Le péril 6SÊ grand ; mais les rossourees sont nombreuses. Périls et ressources, il importe de tout exaimnier.
Les parents ne peuvent se lo dissimuler , la pasr sion est là , imminent^ y menaçante. Leur Aile nlest plus la mèmiB; un trait d'affection, un récit touchant lui arrache de plus abondantes larmes; son bonheur même est rêveur; par quel moyen empécher ce cœur de s'émduvoir, de choisir et de se tromper? A cet âge, en effet, l'objet aimé n'est presque pour rien dans la tendresse. Semblables aux enfents qui admirent dans d'informes jouets tout ce que se figure leur riante imagination , nous portons alors en nous un idéal si vivant de l'amour que nous le prêtons au premier être sur lequel s'arrête notre aveugle sympathie. Â dix-huit ans nous sommes tous des Pygmalions; nous adorons notre ouvrage. De là tant d'amers retours quand l'illusion cesse. Nous reprochons à la statue d'être froide , elle l'a toujours été, c'est notre cœur seul qui était brûlant; nous la brisons parce qu'elle est de marbre , elle l'était hier comme aujourd'hui, notre main seule était vivante ; et cependant l'àme , guérie mais désenchantée , mais laissant une partie d'elle-même dans la guérison, a perdu la plus exquise joie de la ten dresse, la croyance à son éternité.
En présence d'un tel péril, la mère prudente n'hésite pas; au lieu d'écarter de ses entretiens avec sa fille le nom de l'amour comme s'il n'existait pas, ou de l'anathématiser comme s'il était le génie
88 UlSTOlUb MORALE DES FEMMES.
du mal, elle le lui représente sous ses véritables traits , c*est-à-dire hôte naturel des grandes âmes , créateur de tout ce qui se fait de bien et de beau dans le monde I Les jeunes cœuris se perdent moins par la passion , que par ce qui lui ressemble. Si donc la jeune fille apprend que rien n'est plus mortel à ce sentiment; divin que les caprices éphémères qui osent s'appeler de son nom -, si elle l'entrevoit tel qu'un de ces rares trésors qu'on n'acquiert qu'en les conquérant , qu'on ne garde qu'en les méritant ; si elle sait que le cœur qui veut être digne de le recevoir, doit se purifier comme un sanctuaire et s'agrandir comme^m temple, ators, soyezen sûr, cet idéal sublime, gravé en elle, la dégoûtera, par sa seule beauté , des vaines images qui le profanent ou le parodient : on n'adore pas les idoles quand on connaît Dieu.
Ce n'est pas tout : la mère, pour satisfoire à ce besoin de tendresse qu'elle découvre dans sa fille , peut appeler k son aide une des plus belles lois de Tâme humaine. Nous no saurions anéantir nos passions , mais il nous est possible de les diriger ; elles sont dans noire cœur comme une source vive, qui bouillonne, jaillit, s'épanche malgré nous, mais dont notre main détourne et conduit le cours à son gré ; en d'autres termes , la même passion peut se satisfaire presque également sur deux objets différents , et le mal ou le bien dépend plus souvent de l'objet de la passion que de la passion même. La chaleur de cœur qui précipita saint Augustin dans les plus sensuels désordres de la licence, est celle qui Téleva aux mouvements les plus spi-
ritualistes de la piété; sainte Thérèse n'est qu'Héloîse regardant le ciel. Ainsi , mères sages, ne vous effrayez pas de ce besoin d^affection qui fermente dans le cœur de votre fille, et n'y voyez pas toujours un fiancé pour soudain et inévitable dénoûment ; elle aime , elle veut qu'on l'aime : eh bien , ouvrez-lui la vaste carrière de la charité ! que la bienfaisance, au lieu d'être pour elle une satisfaction de cœur presque égoïste, une aumône qu'on jette eu passant^ devienne un état et entre dans la pratique habituelle de sa vie comme la phère ^ comme l'étude , comme le soin de sa propre personne. Tant d'heures chaque jour pour cette occupation, et toujours les mêmes heures; donnez-lui une, deux, trois familles à visiter et à soutenir ('). Pour fortifier cet enseignement pratique, conduisezla dans les manufactures , etlà, ne lui épargnez pas les spectacles terribles et hideux : la leçon no peut jamais être assez rude , car elle ne saurait être trop bien sue; montrez-lui, à elle que défendent contre les plus légers souffles de l'air de riches et chauds vêtements, a elle qui prolonge son sommeil jusqu'au matin dans un lit moelleux , montrez-lui de pauvres petites filles de six ans, arrachées au repos, dans l'hiver, avant le jour, et transportées à la manufacture pleurantes et grelottantes sur les épaules de leurs mères (*). Faites-lui voir, dans les
(*) Oa nous reprochera peut-être de ne parler ici que pour les jeunes filles de la classe riche ; mais les tiWva du peuple et des campagnes se marient , en âge moyen , à vingt-trois ans (Voir Villermé , Condilton des ouh'riers). Nos observations ne peuvent donc porler sur elles.
(2) Villermé, Condition des ouvriers, manufactures de Lille, de Iieime , el passim.
90 HISTOIUK MOHALK l>KS FBMMES.
(j[randes villes industrielles, les jeunes filles pauvres de son âge frappées par mille maladies cruelles, la taille déformée, le cou gonflé de scrofules, les doigts dévorés d'ulcères, les membres coritournés. Si la première vue la feit reculer d'horreur, persistez; il ne s'agit pas d'une visitode curiosité, c'est un devoir qtii commence. Alors entrera à flots dans son âme cet amour le plus pur et le plus fécond des amours, Fa^ mour du pauvre! Devant ces dures réalités, s'évanouiront, comme honteuses d'elles-mêmos, les douleurs fecticûs et les attachements artificiels. Elle verra la vie et le mariage, qui jusqu'alors ne lui apparaissaient que comme des rêves charmants , sous leur £ace austètfe , avec le mari soucieux , les enfants mala* des, les couches douloureuses. Quand on a dix-huit ans, où. se donne tout entier dès qu'on se donne. Cet exercice continuel de la charité, ce commerce de tous les jours avec la misère remplira sa vie et SK)a cœur jusqu'aux bords; l'amour de tous éloignera l'amour d'un seul.
Après la charité, l'étude.
Le monde accuse sans cesse l'indifférence des femmes pour les études sérieuses, et l'on en donne pour preuve leur empressement à rejeter leurs livres de travail, ou même à abandonner l'exercice de leurs talents dès le lendemain de leur mariage : rien ne marque mieux leur bon sens. Que leur importe que Tibère ait succédé à Auguste et qu'Alexandre soit né trois cents ans avant Jésus-Christ? en quoi cela touche- t-il au fond de leur vie ? La science n'est un attrait ou un soutien que quand elle se convertit en idées ou se réalise en actions ; car savoir, c'est vivre , ou , en d'autres termes , c'e^t peur
LÀ FÎIAJL. 91
ser et agir. Or, pour atteindre ce but, l'éducation d^B -jeunes £l)es est trop frivole dans son objet et trop restrjdijEite dans sa durée. Presque jamais l'étude, pour les jeunes âUes j n'a pour fin rédle de perfectionaef leur àme ou A^ leur donner l'amour dé^iotéressé de la /science et de Tart ; tout y est disposé en vue de l'opinion des autres. Un maître d'bisjLoire est un mattre de bi^oséance comme un abattre à danser; un maître de musique est un maître de vanité. Rica pour la pratique solitaire du travail, c'csl-à-direpour le cœur ou pour h pensée. Comment en serait-il autrement? On enlève les jaunes tilles à l'étude au moment où l'étude devient féconde, lorsque commence la seconde et réelle éducation, celle que chacun ^^ fait à soi-même, lorsque l'esprit, reprenant une à une toutes les études précédemment ébauchées , les perfectionne, se les approprie, et transforme ce qui n'était qu'un dépôt pour la mémoire en une nourriture par la réflexion. Reculez l'âge du mariage, et avec* lui se risculent les bornes mêmes de l'intelligence féminine; devant les yeux de la femme se déploient toutes les richesses du vrai, toutes les splendeurs du beau; son imagination s'ouvre en même temps qup sa raison se forme, et sur ce double soutien s'élève et s'affermit son caractère.
Enfin, après Tétude et avec l'étude, le plaisir. Pour la jeunesse, le plaisir est un besoin. Vouloir différer l'entrée de sa fille dans le monde jusqu'au moment de son mariage, c'est lui inspirer le désir de se marier pour aller au bal ou au théâtre. Si vous voulez retenir vos enfants auprès de vous, «imusezles. Ce n'est pas un droit pour eux, mais c'est
92 IllSrOlKE MOAXLE DES FEMMES.
une nécessité pour vous. Arrive un âge où il faut se montrer (qu'on me pardonne cette expression familière qui seule traduit ma pensée), où il faut se montrer coquet pour ses enfants , surtout pour les filles qui ne vous quittent pas; coquet de sa personne afin de leur dissimuler les imperfections de la vieillesse , coquet de son esprit pour leur rendre la maison aimable et douce , coquet dHmagination pour leur créer des plaisirs et des jetix. Heureusement les frais d'invention sont faciles : il ne s'agit pas do luxe à étaler; un déjeûner improvisé dans les bois , une danse avec le piano pour orchestre , et voilà la joie dans tous les cœurs. Que craignez-vous? des rapports trop habituels avec les jeunes gens ? Il n'est pas de plus sûr remède contre la séduction (*). Nous écartons les hommes des jeunes filles avec un soin si inquiet qu^elles les rêvent irrésistibles. Voulez-vous qu'ils soient sans danger? faiteis-les connaître: Que redoutez-vous encore? la coquetterie? La coquetterie qui veut inspirer des sentiments qu'elle n'éprouve pas est un vice affreux et détestable; mais vouloir plaire innocemment, c'est une manière d'aimer son prochain. Ouvrez donc, ouvrez à larges portes le monde du plaisir à cette ardeur qui est encore de Tinnocence; laissez marcher de pair l'âge de l'insouciance et l'âge des amusements , ils vont si bien ensemble !
La nature nous donne à ce sujet une leçon char-
(^ Les États-Unis le prouvent. On y voit une ]il)ertéde commerce complète entre les jeunes gens et les jeunes filles , sans que cette liberté, c'est Popinion de tous les voyageurs, amène aucun désordre habituel.
LA FILLB. 93
mante. Quand les fourmis sont petites , ,elles ont toutes des ailes ; le temps des. amours arrive y elles s'élèvent dans les airs en couples bourdonnants et s'unissent pendant leur vol ; puis l'œuvre de la fécondation terminée 9 elles redescendent sur la terre, et là, ; elles-mêmes, avec leurs pattes de devant, ells tirent et font tomber leurs petites ailes, légers instruments de leurs amours aériens. Plus de courses à travers le ciel, plus de volages tendresses, la vie sérieuse a commencé pour elles , elles jsont mères.
Voilà notre modèle. Que la jeune fille n'arrive au mariage que l'esprit déjà libre de ses frivoles désirs satisfaits ; qu'elle apporte dans sa condition nouvelle un caractère formé par une vie de travail et de charité ; que son organisation , pleinement développée , puisse suffire aux fatigues qui l'attendent; qu'elle soit enfin une épouse , une mère , et non une enfant, c'est-à^ire, qu'elle ait vingt-rdeux ans et non pàsdix^huit.