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DES MURS

DE LA VILLE

(1) Titres de la ville déposés à la Bibliothèque communale.

(2) La Tour des Cordeliers est celle sur laquelle s'appuie, du côté aval, la belle arche fortifiée, dite arche des Grands-Prés, qui défendait le cours du Loir à son entrée dans la ville, en amont du barrage dit le Dos d'âne, qui n'existait pas encore au XV siècle.

La tour aux Chei-eaux, aujourd'hui détruite, était située à l'angle du bras du Loir et du fossé de ville qui sépare la maison Sampayo de la prairie qui en dépend, au-dessous de la vanne de salubrité établie lors de la destruction du moulin Signac, plus anciennement nommé Frincambault. Cette tour tirait son nom d'une famille Chereau, qui possédait là des maisons et des terrains. La rue Basse d'aujourd'hui s'appelait anciennement la rue aux Chereaux, pour la même cause. Cette famille avait, dans la chapelle de Saint-Nicolas, dite aussi de Saint-Joseph, de l'église de Saint-Martin, un caveau funéraire. (Registres de Saint-Martin. — M. de Martonne.)

Chereaux qui en formait et en défendait l'angle sud-ouest. Elle comprenait la majeure partie du périmètre de la ville, et notamment celle qui était la plus exposée h des attaques venant de l'extérieur ; car la partie restant du côté de l'Est était protégée par le cours du Loir d'abord et ensuite par les remparts de l'abbaye, et tout le front du sud était couvert par le château.

Du côté de l'ouest, la muraille de ville était défendue par un fossé ouvert au-dessous du pont S'-Michel et allant rejoindre le bras de rivière dit de la Chevrie; afin d'y maintenir une hauteur d'eau suffisante, un barrage ou dos d'àne avait été construit en aval du pont ; un fossé semblable avait été également creusé en avant des murs, depuis le coude que fait le bi*as de la Chevrie pour descendre au Moulin à tan, jusqu'au bras du pont Rondin qu'on appelait, au Xl\'' siècle, iej'Qe Frincambault. Dans un titre de 1807, ces fossés sont nommés les fossés le Comte.

C'était en réalité la garde de la ville que le comte confiait aux habitants (i).

Pour qu'il s'en remît à eux d'un soin de cette importance, il fallait qu'ils lui offrissent de sérieuses garanties. Il les trouvait sans doute dans l'organisation de leur communauté, qui probablement avait pris déjà la forme sous laquelle on la voit fonctionner pendant les X\'P et XVIP siècles et une partie du XVIIP.

ATTRIBUTIONS C'était ccUe d'un éehevinage composé de quatre échevins,

DE élus par leurs concitoyens, pour prendre la siiperintendance

l'échkvinage Jes murailles et des deniers communs affectés à leur entretien, ainsi que le disent les anciens titres. Leurs attributions, ainsi restreintes à l'origine, s'élargirent un peu avec le temps, mais sans sortir du cercle des affaires purement civiles et administratives, et sans toucher jamais à celles d'ordre judiciaire, militaire ou politique. Celles-ci étaient de la compétence exclusive des officiers du comte, Prévôt, Vicomte, Châtelain ou Bailly, qui les réglaient en son nom.

(1) Inventaire des Arcliives de Loir-et-Cher, série 6, 241.

Cependant, dès que les habitants eurent assumé la garde des murailles ils durent se concerter et s'organiser pour en assurer la sécurité, et ce fut là l'origine de la milice bourgeoise, qui demeura de tout tenq>s chargée d'y pourvoir.

Lorsqu'elle eut reçu son organisation définitive, cette milice, fournie par les bourgeois, fut composée de quatre compagnies, commandées chacune par un capitaine, un lieutenant et un enseigne. Chacune d'elles était commise à la garde de l'une des quatre portes de la ville : porte S'-Georges, porte S'-Bienheuré, porte Chartraine et porte S'-Michel. Au XYII^ siècle, il y eut eu outre une compagnie sous les ordres d'un capitaine et d'un lieutenant pour la garde des faubourgs. Elle était chargée de surveiller l'extérieui' de l'enceinte et la banlieue de la ville (i).

Il est probable qu'en devenant la propriété des habitants, les fossés formèrent le premier noyau du domaine communal. La ville ne cessa qu'à la fin du XYIII* siècle d'en affermer la pêche et d'acquitter la redevance due au domaine. Le prix de ce fermage constituait le plus ancien, sans doute, et l'un des pi'incipaux revenus qui étaient dénommés deniers communs et patrimoniaux.

Peut-être s'y joignait-il déjà des deniers d'octroi ; car la communauté commença à en jouir dès une époque très reculée. On ignore la date de la première concession qui lui en fut faite ; ce fut vraisemblablement au temps de la guerre de cent ans. Le droit d'octroi peut avoir été accordé à Vendôme, comme il le fut alors à beaucoup d'autres villes, pour en appliquer le produit à des travaux de défense contre les Anglais.

Cette ressource était précaire par sa nature, car elle ne pouvait être perçue que pendant un temps limité, qui était déterminé par la concession qu'accordait le roi. A l'expiration de ce temps, le droit de percevoir était épuisé ; pour le faire revivre, il fallait une nouvelle concession qui était généralement accordée, comme le prouve la mention inscrite dans les registres municipaux d'une série de lettres patentes en portant confirmation, datées des lo mai i^'j'i, i3 juillet 1498? 2 octobre i5o4,

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