‹ Histoire municipale de Vendome avant 1789Chapitre 25 sur 80 · A VENDOME · texte numérisé non relu

A VENDOME

(1) Lettre d'Etienne Pasquier à M. Airault, 2 avril 1.589. Livre XIII, lettre XL

chef de la Ligue, sortit de Paris avec son armée pour marcher sur Tours. Il prit sa route par Chartres et Chàteaudun, Quand ses troupes approchèrent de Vendôme, Maillé Benehart, au lieu de défendre la ville, y reçut de Rosne, l'un des lieutenants de Mayenne.

Dès qu'il se vit si facilement maître de la ville, le premier soin de de Rosne fut de s'emparer du président et des membres du Grand Conseil ainsi que de leur suite. Il les jeta tous en prison, où ils furent étroitement détenus. Leurs papiers, argent, chevaux, armes et bagages de toute sorte, leur furent enlevés, et ils ne purent recouvrer leur liberté qu'en payant de fortes rançons.

Les événements les plus graves se succédaient alors rapidement. Henri III périssait sous le couteau de Jacques Clément, et Henri de Bourbon, de roi de Navarre qu'il était, devenait roi de France. Son grand souci fut de ramener le calme dans le royaume, en apaisant les troubles fomentés par la Ligue.

L'esprit de celle-ci dominait dans Vendôme ; il y était encouragé par le gouverneur, Maillé Benehart, et par le gardien des Cordcliers, le Père Chessé, dont les menées et les prédications enflammées avaient poussé la ville à résister à l'autorité royale. Pour la réduire il fallut recourir à la force des armes.

SIÈGE Lp roi. à la tète d'une petite armée, marcha en personne sur

DE VENDOME Vendômc, Il s'était arrêté à Chàteaudun, et de là il avait

envoyé sommer la ville de se rendre. Il partit de Chàteaudun le i6 novembre 1689, et le même jour la ville et le château furent investis (*). Après un siège de quelques jours, ses soldats emportèrent d'assaut le château, et comme ils poursuivaient la garnison, qui se retirait précipitamment dans la ville, ils y entrèrent en même temps qu'elle, et s'en rendirent maîtres aussitôt.

Les bourgeois durent regretter alors, mais trop tard, leur imprudente résistance au roi. Pour les punir, celui-ci laissa ses

(') Extrait des notes de M. Costé, grand bailli de Danois. Société Archéologique d'Eure-et-Loir, Mémoires, t. IV, page 264.

soldats piller, pendant trois heures, leurs maisons ('). Maillé Benehart paya de sa tète sa trahison. Il fut décapité, et le gardien des Cordeliers pendu. Le château reçut une garnison chai'géc de maintenir la ville dans l'obéissance. Le commandement en fut donné à Etienne Lebordier, sieur des VignoUes, officier huguenot d'uncaractèredur et sévère, peu enclin à aider jes bourgeois à se relever de la détresse dans laquelle ils étaient tombés, car pour la plupart ils avaient perdu toutes leurs provisions et toutes leurs ressources, de telle sorte qu'il leur était impossible de relever les ruines de leurs maisons ; aussi, dans les premières années du XYIP siècle, on en voyait qui n'avaient pas encore été réparées, et de quelques autres il ne restait plus que l'emplacement.

Mais à peine l'ordre et le calme commençaient-ils à se rétablir, qu'il surgit un grave sujet de préoccupation pour les habitants.

En effet, les membres du Grand Conseil et ceux qui, avec eux, avaient été pillés et dépouillés, intentèrent contre les habitants et les échevins, une action en dédommagement des pertes qu'ils avaient éprouvées (2). Les défendeurs se tournèrent

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