‹ Histoire municipale de Vendome avant 1789Chapitre 5 sur 80 · BOURGEOIS · texte numérisé non relu

BOURGEOIS

C'est ainsi que les choses se passaient à Vendôme. Le mouvement d'opinion favorable à une réforme de l'état social avait amené, dès la fin du XIP siècle, les comtes de Vendôme à accorder des droits de bourgeoisie à certains de leurs

hommes. On en troviv(> lu preuve dans des chartes de donations qu'ils accordèrent, à la fin du Xll'= siècle ou au commencement du XlIP, à des établissements religieux, monastères ou prieurés, donations dans lesrpiellcs on voit énoncé, au nombre des objets donnés, im bourgeois de Vendôme avec sa maison. Ils le choisissaient habituellement parmi ceux qui exerçaient le commerce ou un métier, et, lorsqu'il venait à décéder, ils en désignaient un autre pour le remplacer (i).

Ces bourgeois ne jouissaient pas d'une entière liberté, puisque le comte disposait de leur personne et de leur maison ; ce n'était pour eux qu'un simple changement de maître qui leur procurait un certain adoucissement de leur condition première. Ce changement résultait des chartes de donation qui leur étaient accordées et énuméraient ceux des devoirs, services ou tributs imposés à la généralité des habitants dont ils seraient dispensés à l'avenir, et le nombre s'en était accru à mesure que les seigneurs avaient pris la facile habitude d'exploiter leurs sujets (2),

(') Le comte Jean IV confirma, en 1289, la franchise des sujets du fief de Saint-Jacques, dans la ville de Vendôme et dans la banlieue. (Inventaire des titres de la Maison-Dieu de Saint-Jacques.)

(2) L'cnumération de ces dispenses n'est pas sans offrir de l'intérêt; on la trouvera dans les chartes mentionnées ci-après :

Bouchard IV donna au prieuré de Saint-Martin-de-Lavardin un bourgeois de Vendôme nomme Jehan de la Grange avec sa maison, ainsi que ceux qui l'habiteraient après lui à l'avenir. (Charte sans date entre 1190 et 1202. — Archives de Loir-et-Cher, fonds du prieuré de Lavardin. — Cartulaire de Marmoutier pour le Vendomois, charte XL, A.)

Il donna aussi à l'abbaye de Fontaines-les-Blanches et à Péregrin (a), son abbé, un franc bourgeois de la ville de Montoire nommé Arnoult Poictevin. Deux ou trois fois par an, celui-ci devait recevoir dans sa maison les religieux, avec quatre chevaux. (Dom Housseau, t. VII, n" 2168.)

Jean IV reconnaît, par une charte de 1284, que ses prédécesseurs ont donné aux religieux des Clairets un bourgeois de Vendôme affranchi « a modietate atque quoqtione furni et molta molindinorum, ab excubia, a tallia {h), ab exercitu et omnibus aliis ». En cas de mort, il était remplacé par un autre qui jouissait des mêmes exemptions (Archives natio-

(a) L'abbé Péregrin était originaire de Vendôme. Il a écrit en 1200 l'histoire de son abbaye. ^Spicilége d'Achéry, t. X, p. 367-391.) Il est sans doute le premier Vendomois qui ait écrit une histoire.

(b) La taille mentionnée ici dont le bourgeois est exempté est la taille féodale ou aux quatre cas, que le seigneur levait : 1° Quand il allait en terre sainte ; 2° quand son fils aîné était fait chevalier; 3° quand il mariait sa fille ainée ; i- quand il avait été fait prisonnier de guerre. Ce n'était pas la taille royale, qui devint un impôt public.

En compensation de ces avantages, le franc bourgeois était obligé de recevoir dans sa maison, et parfois même d'y héberger à ses frais, les religieux du monastère auquel il avait été donné, lorsque les affaires de leur couvent les appelaient à Vendôme. C'était là le principal avantage que ces maisons religieuses tiraient de la donation qui leur avait été faite.

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