ORIGINE DE LA
communauté d'habitants
Dès que la communauté se fut constituée, elle tendit tous ses efforts vers la défense des intérêts communs qui étaient purement civils, sans mélange de droits politiques ni de justice. Elle en confia la garde et la protection à quelques-uns de ses membres reconnus les plus capables d'en prendre soin et de veiller à leur conservation. Pour remplir leur mission, ces mandataires eurent besoin d'avoir quelques ressources à leur disposition. Dès qu'il leur en fut accordé, le double principe de l'élection et du vote de suljsidcs, sorti naturellement de la force des choses, était posé, et devenait la base des éléments essentiels d'une organisation municipale.
Le besoin le plus pressant était de se mettre à l'abri des déprédations et des entreprises qui pouvaient venir de
nales, § 892). Son prédécesseur, Jean III, avait déjà donné à ce monastère, en 1210, un bourgeois nommé Guillaume, avec la maison dans laquelle il restait, située sur le pont Saint-Georges de Vendôme « villeninus burgensis, cum domo in quà manet, que sita est super pontem S" Georgii ». (ArchiA^es nationales, idem.)
En 1289, Jean IV reconnut en faveur de la Maison-Dieu de Vendôme la franchise des bourgeois qui habitaient sur le lief de cette maison. (Inventaire des titres de l'Oratoire, p. i46, ni^muscrits de la Bibliothèque de Vendôme.)
L'abbé de l'Aumône ou du Pelit-Citeaux, rendant aveu au comte de Vendôme en 1409, dit a Item, un franc bourgeois de Vendôme, quitte et « absous de toute coutume, taille, exercice et généralement quelconques « exactions que ce soit envers mon seigneur ». (Archives nationales, P, 602).
On lit dans un autre aveu rendu en 1607 par le prieur de la Hubaudière : « Item, un franc bourgeois de Vendôme, qui est de présent Thomin « Girardin, drapier, lequel notre franc bourgeois, nous avons pouvoir et a faculté à toujours d'avoir et mettre dans votre dite ville, lequel est « exempt, franc et quitte de toutes tailles, prévotez, guetz, portes, peaiges, « acquitz travers, fours, moulins et autres subjetz quelconques, à vous « et aux autres messeigneurs vos prédécesseurs appartenant. » (Arcliives nationales, P, 609).
l'extérieur. Une clôture était nécessaire pour se garantir contre ce danger. On ignore l'époque à laquelle la ville recourut pour la première fois à ce moyen ; mais le château fut certainement fortifié avant elle. Cependant une charte d'Henri II, roi d'Angleterre ('), réglant, du consentement des parties, un différend survenu entre le comte de Vendôme Bouchard IV et Robert, abbé de la Trinité, apprend que, malgré les franchises dont jouissait le monastère, ses hommes devaient travailler chaque année, pendant quinze jours, à la réparation des fossés de Vendôme, ainsi que le faisaient les hommes des barons et des autres chevaliers du comte : « Debent homines abbatis, « quindecim diebus per annum, reparare fossata Vindocini, (( sicut alii homines baronum et militum terrœ ». Mais que faut-il entendre par le mot Vendôme employé dans cette charte datée de ii85, année de l'avènement de Bouchard au comté de Vendôme ? Est-ce la ville, est-ce le château ?
Au siècle suivant, la reine Blanche de Castille choisit celui-ci comme place de sûreté pour son fils, le jeune roi Louis IX ; elle l'y amena en 1227 pour l'y mettre à l'abri des trames et des entreprises que les grands vassaux avaient ourdies contre son autorité de régente et contre celle du roi.
A cette occasion les défenses et les fortifications du château fortifications furent réparées et augmentées ; mais la ville, qu'il était d'un si du château
haut intérêt de mettre à l'abri d'un coup de main, fut-elle comprise dans ces travaux ? La chronique de Tours, qui enregistre cet événement, ne s'explique pas à cet égard d'une façon plus précise que la charte du roi d'Angleterre. Elle dit seulement que le roi vint à Vendôme, qu'il fit travailler aux fortifications et en confia la défense à deux cents chevaliers * « Rex Vindocinum rediit, munitionesque muniens ad defensio- « nem ducentos milites reliquit » (2).
(1) Bibliothèque Nationale, manuscrit 12.700, latin. — Monasticon Benedictinum, ex archwis SancUe Trinitatis Vindocini. Bibliothèque de Vendôme, manuscrit 278, f° 17.
Henri II, roi d'Angleterre, était comte d'Anjou et, en cette qualité, suzerain du comte de Vendôme.
(^) Le fait de la défense du château confiée à 200 chevaliers est à noter