VÉNALITÉ
DES OFFICES
Conformément à l'usage, les notables tinrent, le 2 féviier 1772, une assemblée générale ordinaire, clans laquelle ils auraient dû former une liste de trois candidats parmi lesquels serait choisi le successeur de M. Godineau; mais ils furent unanimes à déclarer qu'ayant connaissance d'un édit récent, mais qui n'avait pas encore été notifié au corps de cette ville, rétablissant une fois encore les offices municipaux, il y avait lieu de surseoir aux élections jusqu'à ce que cet édit fût parvenu (1).
En effet, cet édit existait; il portait la date de novembre 1771, et, comme ceux précédemment publiés sur cette matière, il ne rétablissait les offices que pour qu'ils pussent être offerts et vendus de nouveau au public.
Cependant l'article 6, prévoyant le cas où il ne se présenterait pas d'acquéreurs, réservait au roi la faculté de pourvoir à ceux de ces offices qui n'auraient pas été levés aux parties casuelles dans les six mois de l'enregistrement de l'édit.
C'est ainsi que les choses se passèrent à Vendôme. Aucun des offices offerts n'y fut levé.
Le public n'accueillait plus qu'avec une grande froideur les offres qui lui étaient faites. Ce fut une déception amère pour le gouvernement qui voyait ainsi lui échapper une partie des ressources dont il avait besoin et qu'il avait compté trouver dans le prix de vente de ces offices. Lorsqu'il fut convaincu que les demandes de la part des particuliers lui feraient défaut, il se retourna encore une fois du côté des villes et les poussa à en opérer la réunion au corps de ville, c'est-à-dire à en faire le rachat pour leur propre compte.