CHAPITRE IX
Sopprtnioii des rongeurs de eiiogau. — Le Barbier nailonal, — Arrestation et emprisonnemeot de Théroigne de Méricoart. — Le général FoXence. — Ce qne c'est qae Tannée des coiliiés et des émigrés. — Jeu de Vimigrette» — L'abbé Rajnal en délire. — Déclaration du lOjnin. — Faite dn roi. — Son arrestation à Yarennes. — Son retour â Paris. — Translation des cendres de St-Yoltaire au Panthéon, fête de la Careaue, ^ Le Sacrale et les Aniiia. -•- Description du cortège par le moyen d'une garniture de boutons.
La suppression des fermes générales préluda à des modifications importantes touchant les droits d'octroi perçus aux barrières. Le premier mai, les entrées furent déclarées libres, et le peuple s'en réjouit fort. Une foule de caricatures s'attaipièrent aux conunis d'octroi ; une foule de chansons leur prodiguèrent le sarcasme et le ridicule. Les rieurs disaient, sur l'air des fraises :
Si j'ayais cinq sols vaillants
J'achèterais un âne, Un âne avec des paniers, Pour mener lesmaltùtiers
Au diable, au diable.
Au diable.
C'était , selon eux , la meilleure recette â employer pour la destraction des rats de cave et autres rongeun de citoyens. Us rappelaient le combat des chats et des rats; les premiers, nécessairement, remportaient la victoire à l'aide de leurs griffes *. Parmi les caricatures, les unes retraçaient
' Tontes ces citations sont des textes de gravorei .
tIS OODAHIBIS KASKS.
le convoi d'un fermier-général, mort en apprenant ta funeste noDveUe du 1" mai, et la désolation de ses conft'ères et des rats de cave j les autres les représentaient étant en train de se faire raser par le barbier national-
Les auteurs de celte dernière gravure disaient au barbier :
Monsieur le barbier national , ArrangeE-noi bien ce l>ratai :
Gardez-vous d'épargner sa face :
N'ayez pas peur de sa grîmiace; Il était du pouvoir fiscal En tout temps l'instrument fatal.
Basex-le-bicn, il a fait bien du mal-
A voir ces caricatures, i entendre ces chansons sur de simples commis 4'«etnri,on pourrait panser que les Parisiens étaient insensés et foUtraient sur un volcan. Loin de U, ils se fiaient sur la propagande jacobite, comme les amis du roi espéraient dans la coalition et dans l'émigration. Tbénrigne
(juin 1791) PBOPAGANDB. 145
delléricourt, qui s'en était allée prêcher Famour de la liberté sur les (ron« tlëres belges, avait bien été arrêtée et emprisonnée à Vienne, par les or« dres de l'empereur d'Autriche % mais elle avait avec elle de bons amis, décidés à continuer jusqu'au bout l'œuvre d'afTranchissement des peuples esclaves. La guerre, c'est le fer; la propagande, c'est le feu : — et Tun marche plus vite et fait plus de mal que l'autre. Aussi la France redoutait peu ses ennemis. Elle tenait à garder Louis XVI chez elle, d'autant plus qu'il était question d'un voyage du comte d'Artois à Bruxelles, pour se concerter avec le marquis de Bouille, et pour se joindre à l'émigration. Sans doute, elle savait bien que le prince de Gondé ne cessait d'enrôler sous ses drapeaux, malgré le décret qui lui ordonnait de revenir en France avant quinzaine. Mais elle l'avait néanmoins surnommé le générèi faïence, c'est-à-dire facile à mettre en pièces. Envers et contre sa devise héroïque : ratficrf ou mourir, les patriotes ne le craignaient pas. Son armée, prétendaient-ils, était formée de soldats de plomb ; un chien pouvait aisément en renverser vingt d'un coup de queue , et il en tenait dix mille dans une caisse**. Le théâtre Molière joua la grande revue deVarmée noire et blanche, mélodrame-parade en un acte, parodie d'une farce. Les émigrés, on s'attendait à les voir rentrer en France sous peu de temps. C'est ce qui avait inspiré l'idée'd'un jeu de Yimigrette, fort en vogue à ce moment-lâ.Ge nouveau jeu se composait d'une espèce de roulette, suspendue à un cordon au moyen duquel on la faisait sans cesse descendre et monter sur elle-même***. Aux portes des boutiques, aux fenêtres, et dans les salons, à toute heure et partout, les femmes et les enfants s'en amusaient.
Un fait occupa les esprits pendant plusieurs jours. L'abbé Raynal, auteur de VHiêtoire philosophique des Deux-'Indes, finit sa carrière en reniant ses écrits par une adresse envoyée aux députés de l'Assemblée nationale. Cet acte incroyable ne produisit pas l'efTet qu'on en attendait, et le philosophe n'y gagna que des sarcasmes. Selon une caricature, il était en délire, et il allait renverser avec les grelots de la folie son œuvre littéraire figurée par un château de cartes ****.
Tout ceci nous a conduit jusqu'au lO juin, jour mémorable. Louis XVI, froissé dans ses croyances, dans ses désirs, dans ses plans de politique, Louis XVI, qui est retenu prisonnier aux Tuileries et au Louvre — nous ne le nierons pas, -^ Louis XVI, auquel on a retiré jusqu'au droit de grâce.
* V Orateur du Peuple, journal.
** Cet différentes plaisanteriefl restorient des caricatores les pluf remarquablef pabliées contre le prince de Gondé.
. *** Euaiisur ta révolution, par Beaulieu. ^
*"* Cartons de U bibliothèque royale.
146 JOURNEE DU 20. (juin 1791)
ce véritable droit divin des rois, Louis XYI, mécontent, timoré, chagrin, irrésolu surtout, proteste secrètement contre la sanclion qu'il a accordée à plusieurs décrets/
Il donne pour motif qu'il a agi n'ayant pas sa liberté.
N'est-ce pas ici la contre-révolution? N'est-ce pas tout au moins une preuve que Louis XVI s'était fait violence depuis longtemps? Ne sommesnous pas redevables à la constitution civile du clergé de cette protestation non équivoque par laquelle le pouvoir exécutif s'isole du pouvoir délibérant? Cet acte secret va bientôt avoir un résultat public et même tout-àfait scandaleux.
La conséquence du 10 juin fut le départ du roi et de sa famille, tentative avortée qui acheva de perdre la monarchie. Le 20, Louis XVI s'enfuit, absolument comme un prisonnier qui est parvenu à tourner les verroux de son cachot. Il sortit des Tuileries pendant la nuit, le cœur en proie à des craintes sérieuses, et prenant mille et mille précautions. Il changea deux fois de voiture. La même nuit. Monsieur et Madame abandonnèrent le Luxembourg et suivirent Louis XYI ; mais les nobles émigrés se séparèrent pour effectuer leur voyage, et se rendirent dans les Pays-Bas par des'routes différentes. La fuite de ces derniers était bien mieux calculée que celle du roi : dix jours leur suffirent pour rejoindre le comte d'Artois qui les aitendait à Bruxelles. Aussitôt après avoir su la nouvelle du départ de Louis XVI, les ambassadeurs étrangers arborèrent, à Paris même, la cocarde blanche ; le pape fit chanter un Te Deum & Saint-Pierre; à Naples et à Rome, il y eut des fêtes publiques *,
C'était se réjouir trop tôt d'une entreprise dont le succès dépendait encore d'une foule de chances plus ou moins heureuses. A six heures du matin, Lafayette eut connaissance de ce triste événement et en avertit immédiatement l'Assemblée nationale et la municipalité. L'Assemblée chargea M. Romœuf, aide-de-camp du général , de courir après les fugitifs. A huit heures environ, tout Paris savait la chose, et accusait de trahison les deux amis, Bailly et Lafayette. Du reste, le peuple était calme, d'abord indifférent, comme étourdi. Puis, il se réveilla,et se porta en foule à l'Hôtel-de- Ville, aux Tuileries, dans la cour du manège, pour exhaler son méconten* tement**.
N'était-ce pas une chose effrayante, en vérité,quede jeter un regard sur les groupes formés dans toutes les rues? Ici, des plaintes; là des murmures ; plus Join , des menaces; partout l'inquiétude qu'apportaient avec eux les premiers symptômes de Fanarchie. Et puis le peuple renia ce chef
* Uisioire de la révolution, par deux amis de la liberté, tome ▼!. ** Voyez les Mémoires du marquis de Ftrriires.
KBTOnS DE TÂlBNNBS.
quiraiaitquUléàl'instaDtdudanger.IlabalUlles enseignes où se trou- Tti«itre(Bgie, les armoiries, ouseutecneol le nom du roi;
il fit disparaître toutos les statues , tous les bustes de Louis XIV et de Louis XV;ilappeIalePfllai«-Royal, Palais d'Orïiatu: un piquet de cinquanle lances fit des patrouilles jusque dans le jardin des Tuileries portant sur sa bannière ;
Vivre libres ou mourir.
Louis XVI , s'expatriant.
N'existe plus pour nous.
La section du Luxembourg décbira le drapeau que lui avait donné Monsieur, et en fit une bourre de canon *.
Le roi Hil arrêté le 23 à Varennes , par les soins de Drouet , maître de poste. 11 renlraàPariSiBuivi d'une nombreuse escorte. Latour-Maubourg, PétiOD, Barnave, commissaires nommés par l'Assemblée nationale, l'accompagnaient. Son vojage avait été triste au-delJi de toute expression. Dans la voiture se passa tout un drame, avec ses péripéties poignantes et désespérées, avec ses muettes douleurs. En voici un exemple : le jeune dauphin, assis sur les genoux de Barnave, remarqua les boutons de l'habit du député. 11 assembla les lettres en relief et lut : vivre libre ou mourir. ■ Tiens, maman, dit-il à sa mËrc, vois-tu partout vivre libre ou mourir ? b El Harie-Anloinette versa quelques larmes, et ne répondit rien.
Une multitude innombrable de citoyens attendit la famille royale aux
* aùlolrc de la rtvoUilbm, pir deux luii de la liberté, loue n.
i^ HONNEURS EENBVS ▲ VOLTAIEE. (jOiUet 1791]
barrières de Paris. A son arrivée, elle demeura silencieuse et immobile, suivant cet avis qui avait été afficbé partout : quiconque applaudira le roi sera battu; quiconque Vinsultera sera pendu. C'était le soir; sept beures venaient de sonner. Le trajet eut lieu sans encombre jusqu'à la grille des Tuileries. Mais là, le peuple crut reconnaître MM. Latour-du-Pin et de Guiche, gardes^du corps , complices du roi en sa fuite. Il se fit un grand bruit de murmures et de clameurs contre eux : au reste, tout se passa seulement en paroles. Bientôt la foule entoura la voiture de la famille royale; la reine eut peur, et fut forcée de se confier aux soins de MM. de Noailles et d*Aigaillon, deux enragés du Palais-Royal. Une minute après, tous étaient dans les appartements.
De fait, on accusait généralement Marie-Antoinette.
Ainsi se comporta le peuple au retour de Yarenncs. Il ne respectait plus Louis XVI, il en avait comme pitié. L'Assemblée nationale craignit le résultat inévitable de ce voyage malheureux. Les députés étaient disposés à ne faire peser aucune accusation sur la tète du roi ; ils insinuèrent et répétérent, presque à l'unisson, — que Louis XVI avait été enlevé, — que le marquis de Bouille était seul coupable : et ils suspendirent ce dernier de ses fonctions, en lui enjoignant de comparaître devant la baute-cour nationale d'Orléans.
Les jacobins, eux, étaient prêts» dans les circonstances présentes, à exécuter les plus grandes manœuvres politiques. Les .Lameth et Barnave offrirent leurs œuvres de service à la cour. Une nouvelle tempête menaçait*
La fête delà fédération présenta peu d'éclat : les esprits étaient tournés ailleurs. Mais , songez à ce raprochement I On venait de mettre à la royauté sa couronne d'épines, et on allait décerner son apothéose à la philosophie. La translation des cendres de Voltaire au Panthéon était décrétée. Rousseau lui-même en paraissait digne aussi. — Ce sont bien Voltaire et Rousseau qui sont devenus les rois de la multitude!
L'apothéose du vieillard de Ferney est à peu près le seul fait curieux qui nous soit offert pendant le mois, de juillet.
Malgré tout, les honneurs rendus à Voltaire ne le furent pas unanimement. Cet homme, qui eut tant d'amis et tant d'ennemis par-delà le tombeau, les vit surgir les uns et les autres devant son spectre ranimé. Certaines gens l'appelaient par dérision saint Voltaire, et riaient de la prochaine fête de la Carcasse, Les jansénistes avaient, par une pétition affichée, protesté contre l'apothéose de l'impie*. Le mauvais temps la fit proroger du 3 au 41. Le procureur-sjrndic du département, désolé de ce fâcheux embarras, témoigna à l'Assemblée nationale de son dépit a contre la basse jalousie du ciel
* Journal de la cour et de la ville. '■ .^
(juillet 1791) COITËGE DE rOLTAIBB. lÙ
ariitoeraU » qnï, pour relarder le triomphe da grand homme, de l'incompirable Voltaire, rival et vainqueur de la divJDité, versait des torrents dé plaie*. Hais un voltairien fil cette réponse à ceux qui prétendaient ne voir dans son héros qu'un « écrivain frivole, irréligieux et corrupteur : •
11 est encor des barbares
Dans le sein même de Paris; Des pédans jaloux et bizarres.
Insensibles aux bons écrits ; Des fripons aux regards anst^w, Persécuteurs alrabîlaires Des grands talents et des vertns; Et si dans ma patrie ingrate Tu rencontres quelque Socrate, Tu trouveras vingt Anitns ".
Qnoiqn'il en soit, la cérémonie de la translation des cendres de Volaire au Panthéon, compte parmi les plus fameuses fêtes de la révolution. Son rorps fut apporté de Romili j k Paris , et déposé un jour et une nuit sur remplacement de la Bastille. Nous allons maintcDant voir passer le cortège, grâce aune garniture de boulons, conservée jusqu'à nos jours. Elle le retrace tout entier , et d'une façon toute pittoresque. Au reste , nous ne reproduisons que les matériaux les plus curieux, en les accompagnant d'une description écrite.
En premier lieu, défilaient les sapeurs-, venait ensuite le bataillon âea enfanta de la garde nationale. Les clubs suivaient immédiatement chacun avec leur bannière ; puis une compagnie de maçons;
Z tnvltiix de la gltlrt de Taliolre , brocbnrv
IM DKScupTioir DO coRTKfiE. (juin 17VIJ
Pab, qnaraole forb de la balle, récemmaDt •uroomméc forU pow la fctrie, ainai eastuméa .
Escortés des habitants dn FavAovrg de Gloire ( Panbonrg-St-AntoiDC]) avec des piques. Une remme vdtue en amazone tenait leur baoniëre. Après, ntarchaienl les maires des municipalités des flUTlrona.
Quatre bommes, vètus A l'antiqae, portaient sur an braocard la couronne murale, et le procès-verbal de l'assemblée des électeurs de 17SS. D'antres, conduits par le patriote Palloy, promenaient la Bastille sculptée en relief dans une des pierres d'un cachot *. D'autres montraient en grande vénéralion au public les buste et médaillon de Mirabeau , entourés de portraits peints de Mirabeau, de Desilles, de Francklin el de 1.-S. Rousseau. Une petite dépulatioD des théâtres marchait devant la statue de Toltaire, en carton doré, copiée d'après celle d'Houdon, du Théâtre-Français; elle était, en outre, escortée d'une foule de jeunes peintres, sculpteurs, arcbi-
' S») doute pour rippeler «Inii ti dèicnilon de Voltaire i U Bulitle. [
fJDlUet 1791 ) INSCUPTIOHS SDR LE CD». IBl
lecles, vËlns à la romaine. On voyait d la suite une arche d'or, conlraant les OEurrtide Yoltaire, édition de Beaumarchais, et Beaumarchais Ini-méme, avec une foule d'Kbmroes de lettres déployant cette bannière :
Famille de Voltaire.
Et cette autre :
Académies.
Enfln paraissait le char , traîné par douze chevaux blancs 'sur trois
et escorté de choristes, chantant un hymne, paroles de Harie-Joseph Chénier, musique de Gossec, et s'accompagnant avec des instruments de forme antique. Le char avait été construit d'après les dessins de L. David. Le sarcophage, placé dessus, étaitomé de plusieurs inscriptions. Devant, on lisait ;
Aux mànei de Voltaire.
n combattit les athées et les fanatiques ; n inspira la tolérance ; Il réclama les droits de l'homme Contre la servitude et la féodalité.
IBt ir* BT S* STATIOÏÏS DD COÏTftfiB. (ioUletlnl)
De raatre tAlé :
Poète , philosophe, historien, n a agrandi l'esprit humain , Il nous a prépu^s à être libres.
Enfin , derrière le sarcophage :
n défendit Galas, Sirren, La Barre et Hontbaillj.
Le cortège était fermé par le procnreur-géDéral-syndic, les minisires, les ambassadeurs ; par des dépulations de l'assemblée nationale , des districts, des sections, des difTérenles cours de justice ; en dernier lieu , par le bataillon des vétérans, et par un corps de cavalerie.
Il parcourut les boulevarls, et stationna devant l'Opéra", qui était décoré de feuillages, de festons et de draperies ; on entonna un hymne à ta gloire de Voltaire , pour honorer de cette sorte l'auteur de Pandore , du Temple de la gloire, et de Samon. II reprit sa marche jusqu'à la place Louis XVl, suivit le quai de la Conférence, le pont Royal, et fit une seconde halte sur le quai Voltaire , devant l'hôtel Villette , ayant i sa façade celte légende :
Son e^rit est partout , et son cœur est icL
' C«IM giraiiure de bouton* tppiiUeni i H. Ib liaoïeoapt-colobcl Hurin. " L'Opéri Mcupail «luri It Hlla de I* Porte-Sl-Harliii.
(Jaillel 1791) 3* BT 4* STATIONS. ISS
Sur ane estrade, dressée en manière d'smpbifhéAlre, étaient rangées cinqunle jeunes flUes vêtues ainsi, et parmi lesquelles se IrouTaient les deux filles de Calas.
Derant l'hdlel, madame de Tillelte baisa la main de Tollaire aux applaudissements onanimes des assistants; et bientôt, on chanta en chœur ane ode de Chénier, musique de Gossec.
Le corlége se remit encore une fois en marche , et fit au Thidtre de la fialiim' sa station troisième. Là aussi, des festons, des draperies, des guirlandes. Sur le ihinlon, on avait écrit :
n fit Irdne A quatre-Tingt-troU ans.
• A l'arrîTée du corlége, dit un historien , le vestibule, que fermait une drsperie, s'ouvrit , et montra , dans le fond, la figure en marbre de Voltaire loitle resplendissante de lumières. Bientôt, on vit les principaux personnages dramatiques qu'il avait mis en scène, venir, dans leur costume et STectousIeursaltiikuls, rendre leurs hommages au génie créateur qui tes avait si dignement représentés. Brutui lui ofTrîl un faisceau de lauriers ; Orotmant, les parfums de l'Arabie ;.i<lztre, les trésors du Nouveau-Monde; lianine^ on bouquet de roses ; el, pendant cette scène de la reconnaissance, une musique délicieuse exécutait, é grand orcheslre, les chœurs de l'Opéra de Sam$on". • — Ces diverses stations avalent tant prolongé la marche, que la nuit tombait lorsque l'on n'était encore que devant l'Odéon. Le char arriva A dix beures du soir au Panthéon, à la lueur des flambeaux et des illuminations.
Le triomphe de Voltaire a été, comme on a pu le \oît , une f<U paytnnt.
' lUniMui rodéon. C'éuit ilori an KcoDd Thâlire-Franf«lf. " Ivumteë mtmoraiU* de la rAoluin françaUe, To me t.
1^ DBS F*rBS PATUOnOUBS. (fiiillet IT91)
Les cérémonies ont emprunté leur faste aux mœurs antiques. Les eoQronnes de lauriers, les chaises curules, les tuniques, les aubes , les reliefs emblématiques y ont figuré. Désormais, elles seront toutes faites sur le même modèle. Marie- Joseph G hénier écrira des odes antiques ; Gossec composera delà muxi^ueanfi^ue; David reproduira des ornements antiques. Le grand tort de la république française a été de vouloir singer les républiques grecque et romaine , au lieu de rester elle-même dans ses fêtes populaires. Quant aux trois hommes que nous venons de citer, il faut que le lecteur s'attende à les entendre nommer souvent : la révolution — sous le rapport de Fart— est un grand drame lyrique, paroles de Chénier, musique de Gossec, et décorations de David.
Cette journée du li juillet est unhors-d'œuvrepour la politique.
Que va devenir le roi? Que va vouloir le peuple? Que va faire rassemblée nationale ?
FIN DU CHAPITBE NEUVliMB.
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du Mùiif de . W. Hcntni.
(jaUM 1791) mm, vboh.s, AMpMBLiB. IM