‹ Histoire-musée de la République francaiseChapitre 2 sur 74 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

Afèacmeat de Looif XVI. — Moari, habiladoi el modei. — Lei Coruolations dont le chaçriu. — AUofioDf, épigraminet. — Comité autrichien. — Lei ?MT\Ë\€n§-grenouiUes, — L'ancfldilée det Ifoté$. — GhanioBf des noUblei el da conirAleur Galonné^ — La lit de GIoé.

— Colfhve à U Jan<Mi« à la Bell»-Poiile. — I^ dtmmvirat Brienne ei Lanoignon. — Necker.

— Lhrrei et Joaratox. -- Hif er 1788-S9. — Nainaoce dei eloba ei dei cabinela de leelare.

— Le drqne do Pataii-Rojal. — Pillage de la mation Réfeillon. — Gonîoeation det Euti- GéDéraux.

Loraqae Louis XVI monUi sur le trône de ses ancêtres, le peuple était mal disposé, la dette publique énorme, Tadministratlon pleine d'abus. Celait là Thérilage quMIs lui avaient laissé : une couronne 1 au moment où elle était si lourde à porter I

En effet, les mœurs continuaient à être dissolues chez les nobles; on disait à Versailles et à Marly, — «r Voleur comme une duchesse; x> la débauche s'était communiquée aux basses classes, qui avaient dans le Palais- Bo^leun petits appartements, et lisaient avidement le Sottisier, recueil des sales chansons du xviii« siècle, les ouvrages obscènes étalés chez les bouquinistes, ou les brochures des sommateurs, écrivains dont le métier consistall à rançonner les grands, sous peine de divulguer leur conduite.

La foule faisait parade d'incrédulité ; elle riait de tout, des choses saintes, du patronage des nobles, des pompes extérieures. Elle se retournait déjà, dans les rues, pour voir passer un ecclésiastique, même un abbé maitre éréeole et portant le petit collet. Les églises étaient peu fréquentées, mais les maisons de jeu, les restaurateurs , les guinguettes et les billards se multipliaient. A Paris, les cafés de Foy et Procope avaient la renommée. Les théâtres publics prospéraient. On voyait les amateurs se passionner pour les belles phrases de Grandmesnil, pour les Tarées de Volange, pour les tragédies amusantes de Beauvisage, pour les expériences de Ruggléii ,

f iXTRODLCTIÔJf. (1770-87)

OU deThorré au IVauœhaU, pour les ascensions d* aérostat, et surtout pour les combats du taureau, de nouvelle importation. Malgré cela, les spectacles de société aflluaient ; il y en avait jusque chez la jeune reine, où se donnaient aussi des concerts spirituels *,

Les habitudes avaient changé sensiblement. On cessait de donner aux eqrants les noms des saints auxquels on ne croyait plus, tandis que Von canonisait les héros de la Grèce et de Rome; plusieurs gentilshommes cher* chaient à se démocratiser, en dissimulant leur noblesse. A quoi bon, prétendaient le fils ou la veuve, suivre le convoi d'un parent? — et ils allaient se consoler à la maison des champs. Il existait comme un besoin de fixer, à tout prix, l'attention publique qui se porta sur les hardiesses 4e la chevalière d'Eon, sur les magnifiques processions du marquis de Brunoy, sur les soupers funèbres de Grimod de la Reyniére, sur les séances du nouvelliste Métra, aux Tuileries: a que dit Mélra? » demandait souvent Louis XVI. N'oublions pas non plus de mentionner les manœuvres d'un certain chevalier tapecul, petit vieux, presque bossu, à rouge trogne, à cheveux blancs, portant avec orgueil la croix de Saint-Louis, et qui risquait d'être assommé cent fois par jour, pour le seul plaisir de piquer les femmes avec sa canne. Le but du chevalier n*a janf:aî8 été connu, mais sa réputation était immense, et sa présence redoutée.

Louis XVI comprit tout d'abord qu'il y avaiit des abus auxquels il pouvait i*emédier. Il s'efTorça de faire rendre mieux la justice, et de mettre fin aux procédures interminables du Ghâtelet. Affecté de la misère du peuple, il exempta ses sujets du droit de Joyeux avènement, coutume fiscale qui attirait leurs malédictions sur la tête de chaque nouveau prince.

Plus tard, il diminua le nombre des fêtes religieuses > qui ruinaient l'ouvrier, sans l'engager davantage à la prière. 11 fut, à cet égard, chansonné par les soutiens de la bonne cause. Mais, poursuivant son œuvre avec persévérance, il abolit les droits d'aubaine et de main-morte, sortes de douanes pour les hommes; raya de nos Iqîsla question préparatoire; rasa le Fortl'Êvêque et lePetit-CbAtelet, tout salis de honteux souvenirs. Enfin, il supprima les croupeSf ou pensions que les fermiers de l'impét payaient à quelcfues favoris de la cour **.

En revanche, la loterie et le Mont-de-Piété s'étaient établis, — deux égouts impurs, bons à engloutir l'argent et la moralité du peuple.

La France savait gré au nouveau roi de ces heureuses réformes; elle

* Voir les programmei dans le Journal ûe Paris.

** Deslellres, des papiers manuscrila de Louis XVI, que nous avons pu lire, el qui se trouvent dans la riche collection d'autographes de M. FeuiUei de Gonches, montrent Jusqu'à quel point le monarque était, an Tond, plein de bonne volonté.

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