‹ Histoire-musée de la République francaiseChapitre 4 sur 74 · INTRODUCTION. (I77M · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. (I77M

relies à coups de plume et de crayon. Néanmoins, on les dirigeait en son nom, et toujours est-il qu* elles prenaient naissance en son palais, où se tenait bureau d'esprit. Là, quelques nobles, ceux qu*on appelait encore les aimables rot/^9 ; quelques belles dames, quelques abbés, — les fidèles-^ se répandaient, de temps àaulre, en invectives contre les rêves des Cacouas *, des derniers Illuminés *% et des Francs-Maçons; tout en s*entretenant des nouvelles robes de M'^' Bertin et des étonnantes créations culinaires de Laguipierre, le fameux cuisinier, ou des guirlandes inventées par MlleContat dans la Coquette corrigée, ou des énormes boucles d'oreilles à la créole qu'on vit paraître pour la première fois dans Mirza, ballet de Gardel ***.

Avec ces réunions sont nées bien des erreurs politiques, etlescomit'.érages qui s y faisaient influençaient Marie-Antoinette qui se trouvait avoir ainsi comme le roi, son petit conseil, son comité autrichien , au dire de ses ennemis. Parmi les bons mots qu'elle y prononça, on remarque sa compari^iaon des Parisiens à des grenouilles qui ne font que croasser. Imprudente parole, car bientôt leurs croassemens se changèrent en véritables clameurs. Les pièces de tbéâtre donnèrent lieu à des allusions plus expressives touchant les idées de politique et de liberté. La reine alla un jour voir jouer V Amant ho trru, et comme un des acteurs disait à Saint Germain, valet de la comédie : — a C'est un coquin qui fait tout de travers , il faut que je le chasse. » — Le public se tourna vers Marie-Antoinette avec force applaudissements. Il s'agissait du ministre Saint-Germain****.

Un exemple encore plus frappant des idées du jour, ressort de ce qui se passa, peu de temps après à une représentation û'Athalie. Joad donne de sages conseils au jeune roi :

Bieniôt ils vous diront que les plus saintes lois, Maîtresses du vil peuple, obéissent aux rois; (interruption.) Qu'un roi n'a d'autre frein que sa volonté même; (id) Qu'il doit immoler tout à sa grandeur suprême ; (id)

Qu'aux larmes, au travail, le peuple est condamné; (id , etc.)

A ce vers : hélas I ils ont des rois égaré le plus shge, il y eut explosion générale. Les avancés, selon l'expression en usage, faisaient ainsi la leçon aui^

* Nom donné par dérision aux diiciplea de VÉcoie voUairienne.

" Nom d'une secte de philofophes, datant enriron de l'année 1776.

*" Cabinet des mode?.

**** Hélait collègue de Turgol, et tenait le département de la guerre. Saint-Germain avait voulu introduire dans l'armée ladiaeipline allemande, de nouveaux exercices, et les châtiments corporels : toutes mesures qui avaient soulevé de grands mécontentements.

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