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(Juillet 1793.) cdablotte cordât vient a paris. 323
devaient plus tard tirer vengeance de sa mort. Lyon allait décidémeut se révolter.
A Marseille . les sections avaient aussi mis hor$ la loi les membres du tribonal révolutionnaire, et arrêté deux conventionnels montagnards , Baux et Antiboul. Bordeaux, Toulon , Montauban , Nîmes, s'armaient pour le fédéralisme. 11 semblait que la gironde eût chance de succès.
En effet, chose plus importante encore pour elle, Marat, Tâme de la montagne, le défenseur du régime deTunitéet de la dictature, succombait sous le poignard d'une femme.
Marie- Anne-Charlotte-Corday d'Armans, née à Saint-Saturnins, près de Séez y en Normandie , arriva de Caen à Paris , pour essayer de sauver les accusés du 31 mai, en immolant Marat. Elle avait eu, avant de partir, quelques entretiens avec le girondin Barbaroux (a), un des plus chauds ennemis du parti victorieux. Le 11, elle descendit de voiture , alla voir le député Duperret, de là fut conduite chez le ministre de l'intérieur qui était absent, et assista à une séance de la convention. Le 12, elle acheta un couteau au palaU Égalité, et se rendit incontinent chez Marat, qui demeurait rue de l'École-dc- Médecine (b). L'ami du peuple était fort malade, et ne put la recevoir.Charlotte lui écrivit la lettre suivante :
«Citoyen, j'arrive de Caen; votre amour pour la patrie vous fait sans doute désirer de connaître les événements qui ont lieu dans cette partie de la république ; je me présenterai chez vous ; ayez la bonté de me recevoir et de m*accorder un moment d'entretien , vous me mettrez à même de rendre un grand service à la France. »
Le lendemain , elle retourna chez Marat; on lui refusa encore la porte. Elle écrivit de nouveau un billet : « Avez-vous reçu ma lettre? Dans ce cas, je compte sur votre complaisance ; il suffit que je sois malheureuse pour avoir droit a votre attention. » Point de réponse. A sept heures et demie du soir, elle revint une troisième fois ; deux femmes, dans Tanti-chambre , voulurent lai barrer le passage ; une vive altercation suivit. Marat, qui prenait un bain, entendit du bruit, appela, et, ayant appris ce dont il s'agissait, fit entrer la solliciteuse. Il eut avec elle quelques minutes d'entretien , et Charlotte Corday lui plongea son couteau dans le cœur. Elle se laissa arrêter sans opposer la moindre résistance , et fut conduite à l'Abbaye, au milieu des injures et des imprécations de la foule. — Marat était la seconde victime du fédéra- (urne. Pour lors , les montagnards n'y tinrent plus. Us commencèrent par décerner des honneurs magnifiques à Vami du peuple, puis ils le réunirent à Chalier et à Lepelletier pour une commune vengeance.
Ce futun jour vraiment extraordinaire que celui où l'on sut dans tout Paris l'assassinat de Marat. Cette affiche fut placardée sur les murs :
(a) Mémoires de Meillan.
'h) 11 fiiut lire , h. cel éyard . I« roman de Charlotte CorHay, p.ir Alphonse E«iuiro«. Il renferme «ne fouit d« di^uilt que nouft ne pouvons reproduire ddu» celte liiaioirc.
324 MORT DE 5I.4RAT. (Juillet noa.)