SBUL ESPOIR DE L'ÉTRANGER
« 11 va lui être ravi. Le président s'approche, tenant entre ses mains un flambeau : le groupe s'embrase ; il rentre dans le néant avec la même rapidité que les conspirateurs qu'a frappés le glaive de la loi.
« Du mUieu de ces débris s'élève la Sagesse au front calme et serein; à son aspect, des larmes de joie et de reconnaissance coulent de tous les yeux; elle console l'homme de bien que l'Athéisme voulait réduire au désespoir. La fille du ciel semble dire : Peuple, rends honmiage à l'Auteur de la Nature; respecte ses décrets immuables ; périsse l'audacieux qui oserait y porter atteinte I Peuple généreux et brave, juge de ta grandeur par les moyens que l'on emploie pour t'égarer ! Ces hypocrites ennemis connaissent ton attachement sincère aux lois de la Raison, et c'est parla qu'ils voulaient te perdre:
37i pt.AK DE DAVID. (Mai 179^.)
mais tu ne seras plus dupe de leur imposture, ta briseras toi-même la nouvelle idole que ces nouveaux druides voulaient relever par la violence.
tt Après cette première cérémonie, que termine un chant simple et joyeax, le bruit des tambours se fait entendre ; le son perçant de la trompette éclate dans les airs. Le peuple se dispose : il est en ordre; il part... Deux colonnes s'avancent : les hommes d'un côté, les femmes de Tautre, marchent sur deux files parallèles. Le bataillon carré des adolescents marche toujours dans le mémeBrdre. Le rang des sections est déterminé par la lettre alphabétique. Ao milieu du peuple paraissent ses représentants ; ils sont environnés par VEnfance, ornée de violettes; V Adolescence, de myrtes; la Virilité, de chêne, et la Vieillesse aux cheveux blancs, de pampre et d*olivier : chaque représentan porte i la main un bouquet d'épis de blé, de fleurs et de fruits, symbole de la mission qui lui a été confiée, mission qu'ils remplissent en dépit des obstacle renaissants sous leurs pas.
t Au centre de la représentation nationale , quatre taureaux vigourenx, couverts de festons et de guirlandes, tratnent un char sur lequel brille un trophée composé des instruments des arts et métiers et des productions du territoire français. « Vous qui vivez dans le luxe et dans la mollesse, vous dont « l'existence n'est qu'un pénible sommeil, peut-être vous oserez jeter un rec gard de mépris sur ces utiles instruments. Ah ! fuyez, fuyez loin de nous ; <c vos âmes corrompues ne sauraient goûter les jouissances simples de la nac( ture! Et toi, peuple laborieuxetsensible,jouisdeton triomphe et de ta gloire; c( dédaigne les vils trésors de tes lâches ennemis ; n'oublie pas surtout que les <i héros et les bienfaiteurs de l'humanité conduisaient la charrue de la même « main qui avait vaincu les rois et leurs satellites. »
« Après avoir, durant la marche, couvert d'offrandes et de fleurs la statue de la Liberté, le cortège arrive au champ de la réunion. f< Ames pures, cœurs « vertueux, c'est ici que vous attend une scène ravissante, c'est ici que la « Liberté vous a ménagé ses plus douces jouissances. »
a Une montagne immense devient l'Autel de la Patrie; sur sa cime s'élève l'arbre de la liberté; les représentants s'élancent sous ses rameaux protecteurs; les pères avec leurs fils s'élancent sur la partie de la montagne qui leur est désignée ; les mères avec leurs filles se rangent de l'autre côté; leur fécondité et les vertus de leurs époux sont les seuls titres qui les y ont conduites. Un silence profond règne de toutes parts ; les accords touchants d'une musique harmonieuse se font entendre ; les pères, accompagnés [de leurs fils, chantent une première strophe : ils jurent ensemble de ne plus poser les armes qu'après avoir anéanti les ennemis de la république : tout le peuple répète la finale. Les filles avec leurs mères, les yeux fixés vers la route céleste, chantent une seconde strophe : celles-ci promettent de n'épouser jamais que des hommes qui auront servi la patrie ; les mères s'enorgueillissent de leur fécondité... Nos enfants, disent-elles, après avoir purgé la terre des ty-