Bell. Gall, VI, xxii
maUre et que ces deux préposés manquassent de la probité nécessaire,, tous deux réunis auraient trop d'avantage pour nuire à la chose publique. En conséquence et pour prévenir cet abus, par une des lois constitutives de ce petit Étit, il est réglé que jamais la maîtresse ne sera prise dans le même ménage que le maître.
» Celui-ci, comme son titre l'annonce, a Tinspection générale et jouit du droit Ae réprimande. Partout il occupe la place d'honneur. S'il marie son fils, la communauté donne une fête à laquelle sont invitées les communautés voisines, mais ce fils n'est, comme les autres, qu'un membre de la République, il ne jouit d'aucun privilège particulier, et quand son père meurt, il ne succède point à sa dignité, à moins qu'on ne l'en trouve digne et qu'il mérite d'être élu à son tour. »
Une autre loi fondamentale, observée avec la plus grande rigueur, parce que d'elle dépend la conservation de la société, est celle qui regarde les biens. Jamais dans aucun cas ils ne sont partagés : tout reste en masse; personne n'hérite, et ni par mariage, ni par mort, rien ne se divise. Une Guittard sort-elle de Pinon pour se marier, on lui donne six livres en argent ; mais elle renonce à tout, et ainsi le patrimoine général subsiste comme auparavant. — Il en serait de même pour les garçons, si quelqu'un d'eux veut s'établir ailleurs... Tout ce qui leur sert, tout ce qu'ils portent, linge, meubles, habits, chaussures, est fait par eux ou par leurs femmes. Faut-il construire un bâtiment, couvrir un toit, fabriquer des instruments d'agriculture, des tonneaux de vendanges, ils n'ont recours à personne. Eux seuls avec leurs domestiques remplissent les différents métiers qui leur sont nécessaires. lis n'emploient aucun ouvrier et n'achètent guère que du fer et du sel^ >
C'est en 1788 que Legrand d'Aussy visita le village de Pinon. Il nous dit que la tradition fait remonter au xii** siècle l'établissement de celte curieuse communauté si minutieusement décrite par lui. Nous ne p.artageons pas son