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ment exercés; tous les légionnaires, sans exception, les manœuvraient à tour de rôle.
Nous ne saurions trop admirer les dispositions que Ver- ' cingétori^ sut prendre en si peu de temps pour mettre sa ville natale en parfait état de défense. Le proconsul ne peut s'empêcher de lui rendre une justice -mêlée d'étonnement, sinon d'admiration. Mais n'anticipons pas sur le récit : il s'agit maintenant de faire connaître dans quelle formidable position était située Gergovia. Nous nous placerons donc dans les rangs de l'état-major de César, s'il nous est permis d'employer ici une expression bien moderne, et nous ferons avec lui cette reconnaissanceautour de laplace qu'il effectua après une longue escarmouche de cavalerie *■ où l'avantage lui resta.
La première impression du proconsul fut désastreuse. Gergovia se dressait devant lui sur une montagne assez haute. Il fut effrayé en se rendant compte que la ville ne pouvait être assiégée d'après les règles ordinaires. Pas plus qn^Avaricumy il ne fallait songer à faire exécuter par ses troupes un investissement complet. Il ne pouvait guère espérer s'en rendre maître que grâce à un hasard heureux, à une surprise. A Avaricum, Vercingétorix n'était point comme ici renfermé dans la place. César commençait à comprendre quel adversaire il avait en face de lui. Sur les flancs de la montagne que couronnait la capitale des Arverne^, et sur tous les contreforts il voyait échelonnées toutes les troupes de l'armée gauloise, dont les boucliers émaillés reluisaient au soleil, et il ne craint pas de nous dire que le grand oppidum avec cette multitude de défenseurs lui offrit un aspect horrible, horribilem speciem prœbebat.
Le mont de Gergovia (Gergovie) est situé à 6 kilomètres de Clermont, l'ancien Nemetum des Romains. Nous inclinons à penser que Nemetum n'est que la traduction, ou mieux l'imitation du vieux mot gaulois memeidh, qui, à l'origine, fut le nom d'un homme légendaire, presque d'un demi-dieu, qui passe pour avoir guidé vers les Gaules des tribus aryennes
i. Bell Gali.y VII, xxxvi.
chassées de l'Orient par des événements dont le souvenir n'est pas arrivé jusqu'il nous. A en croire les plus anciennes traditions, ces émigranls en quéle d'une nouvelle patrie vinrent abnrder sur nos ebtes après une navigation longue et pi'jiihle. Leurs barques, de mftme que leurs boucliers (dg. 145), étaient faites en osier recouver de peaux. Elles devaient beaucoup ressembler à ces radeaux formés de légers planchers supportés par des outres plus ou moins gonflées dont l'usage se conserva sur les bords de la Méditerranée tout le temps que dura l'occupation romaine. Les bateliers qui faisaient usage de ces esquifs singuliers finirent par former des associations puissantes et prospères. Il y eut, en un mot, des collègesd'tifrtcwiatres. César appréciait fort leur mode de navigation, et s'en servit.
Nemeidh était un sage. Quelques auteurs pensent que c'est lui qui introduisit dans les Gaules une religion <éclose sous d'autres cieux, sous la bienfaisante influence d'Agni, le feu divin, le soleil aux chauds rayons.
f Je chante Agni, — s'écrie un poète védique, — Agni, ce maître de la rirbesse, ce héros invincible et triomphant dont la force a donné aux nations plongées dans les ténèbres de l'Occident, les heureuses lumières de l'Orient' >.
Voilà donc nos origines asiatiques pro- '''eù o'^r râco^ori ds climées par les poètes sacrés de l'Inde, pean. en couformité avec nos plus éminents
philologues.
Plus tard, le mot Nemeidh servit à désigner tous les lieui consacrés aux dieux. En parlant du sanctuaire du pajrs des
1 Rig Véda, vetseti doVhjame 5, p. 351. Traduclion de Langlois.
Garnutes, ce milieu sacré des Gaules, on disait Dry Nemeidhyle sanctuaire du chêne.
L'emplaeement sur lequel plus tard Nemetum s'éleva est donc pour nous l'ancien lieu sacré des Arvernes. Il devait être perdu au fond de quelques-unes de ces forêts innombrables dans cette région où les roches volcaniques, constituant presque partout le fond du sol par leur décomposition sous l'influence des agents atmosphériques, sont éminemment propres à la végétation des arbres ^.
Le mont Gergovie se dresse entre Romagnal, Chanonat et Orcet. Le plateau sur lequel la ville était assise est à peu près uni. Sa forme affecte celle d'un parallélogramme allongé qui mesure 1400 métrés dans un sens et 520 mètres seulement dans l'autre. Les versants qui sont tournés du côté du nord et de l'est présentent des pentes inaccessibles, celui du sud est comparé avec raison par divers auteurs à un escalier dont tous les degrés seraient formés de terrasses assez faiblement inclinées et d'une largeur de 150 mètres. Sur ces vastes espaces, des contingents fournis par diverses tribus gauloises étaient campés, chacun autour de son enseigne. De la plaine ils devaient offrii^ un spectacle imposant. Les rauques fanfares des armées, ces longues trompettes gauloises en bronze (carnices) avec un pavillon en forme de gueule béante, durent saluer l'arrivée de l'armée romaine et rappeler à tous les légionnaires le triste souvenir de l'attaque du camp de Sainte-Radegonde auprès d'il t;a* ricum.
Le point culminant de Gergovia est à 744 mètres. Cetle montagne est reliée par le col des Gaules au massif si accidenté de Rizolles, qui lui est un peu inférieur comme élévation, et sur lequel le Pen-Tiern avait fait camper des forces imposantes. Par ce plateau secondaire, dont la possession lui était ainsi assurée, Vercingétorix était certain de conserver libres ses communications avec le i^este des Gaules. En effet, Rizolles fait partie d'une chaîne qui se ramifie au loin. Les gorges qui sont creusées dans ses fls^ncs étaient inacces-